Claude peut rendre riche n'importe qui, voici comment (conférence à la Sorbonne)
Automatisation IA : Stratégies, Ventes et Avenir du Marché du Travail
L'essor de l'IA et son impact disruptif sur l'emploi tertiaire
C'est ça qui va foutre le bordel sur le marché du travail. C'est pas l'audit, c'est vraiment ça parce que c'est ça qui va remplacer des jobs, qui va rendre des jobs obsolètes, qui va en créer des nouveaux aussi bien sûr.
- Le conférencier, Clément, cofondateur de Zenit IA (devenu plus tard Zenitia), introduit son parcours : étudiant à HEC Paris, il a lancé son agence il y a trois ans avec Enzo Donati (Centralesupélec). Leur société a dépassé le million d'euros de chiffre d'affaires avec une structure ultra-lean : zéro CDI au début, une personne à temps partiel, et des marges brutes de 60 à 80 %. Il explique que cette performance est rendue possible par une maîtrise poussée de l'automatisation et de la systématisation, qui permet de délivrer des prestations complexes sans recruter massivement. Il insiste sur le fait que l'IA générative n'est pas une simple évolution : elle automatise des tâches intellectuelles auparavant réservées aux bac+5 ou bac+8, dans le secteur tertiaire et digital - une première dans l'histoire des révolutions industrielles. Selon lui, cette transformation va « foutre un énorme bordel sur le marché du travail ». Les entreprises remplaceront progressivement des postes entiers par des systèmes IA fiables et peu coûteux, tandis que de nouveaux métiers émergeront. Son objectif est de partager son expérience concrète pour aider son audience (étudiants et entrepreneurs) à anticiper ces changements, à choisir les bons secteurs et à se positionner sur des niches où l'humain restera indispensable à long terme.
L'audit IA : première offre de conseil accessible et rentable
Donc la première chose qu'on peut leur vendre nous en tant qu'agent... c'est un audit.
- Le premier service que Clément recommande est l'audit IA. Il s'agit d'une prestation de conseil où l'agent rencontre les parties prenantes de l'entreprise cliente (souvent B2B, décideurs marketing, ventes, finance), interviewe les employés sur leurs tâches quotidiennes, puis identifie les processus répétitifs et digitalisables susceptibles d'être automatisés. Le livrable est un rapport structuré listant les problèmes, les solutions envisagées et les gains estimés (en heures ou en euros). Par exemple, pour un client dans le secteur aéronautique, l'audit a mis en évidence des processus d'assistance, de suivi clients, de prospection et de stratégie SEO. Le prix de vente d'un audit se situe généralement entre 2 000 et 10 000 euros, selon la taille de l'entreprise. Clément souligne que cette offre est très accessible : il n'est pas nécessaire d'être un expert technique pointu, il suffit de comprendre les possibilités de l'IA et d'avoir un bon sens business et relationnel. De nombreux prestataires se spécialisent uniquement dans l'audit et sous-traitent ensuite la partie technique. C'est une porte d'entrée idéale pour un entrepreneur qui débute, car elle permet de générer du chiffre d'affaires rapidement sans investissement technique lourd, tout en construisant une relation de confiance avec le client pour l'étape suivante : la mise en œuvre concrète.
La formation en entreprise : un marché en pleine expansion
Donc la formation en physique... peut se vendre entre 1000 et 3000 € par jour.
- Le second pilier de l'offre de Zenit IA est la formation. Clément distingue deux formats : la formation présentielle en entreprise et la formation en ligne (via un écosystème privé de 380 membres). La formation présentielle se vend généralement entre 1 000 et 3 000 euros par jour. Elle est principalement sollicitée par des entreprises qui souhaitent sensibiliser leurs collaborateurs aux enjeux de l'IA et de l'automatisation. Le niveau technique y est très basique, car la plupart des employés n'ont qu'une connaissance superficielle des outils comme ChatGPT. L'objectif réel est souvent de préparer psychologiquement les équipes au changement et de les inciter à se former par elles-mêmes. La barrière à l'entrée est faible : même un néophyte peut rapidement devenir plus compétent que la moyenne des salariés. L'inconvénient est que ce modèle repose sur du temps de présence physique, ce qui limite le scaling (nécessité de recruter d'autres formateurs). La formation en ligne, en revanche, offre une meilleure rentabilité : une fois le contenu créé, chaque vente supplémentaire a un coût marginal quasi nul. Clément a développé un écosystème entrepreneurial qui combine formation technique et business, ce qui lui permet non seulement de générer des revenus récurrents, mais aussi de recruter et former ses propres sous-traitants techniques. Ce système crée une communauté où les meilleurs éléments peuvent être identifiés et embauchés pour délivrer des projets clients.
Les systèmes IA sur mesure : le cœur de la valeur ajoutée
C'est ces systèmes là qui sont vraiment très très puissants et qui vont faire gagner parfois on a des clients, ça te fait gagner 1500 2000 heures par an.
- La partie la plus stratégique de l'activité de Zenit IA est la construction de systèmes d'automatisation personnalisés, qu'il s'agisse de workflows ou d'agents IA. Clément présente deux exemples marquants. Le premier est un système de génération automatique de propositions commerciales : à partir d'un enregistrement vocal ou d'une transcription d'appel, le système rédige une proposition sur mesure, crée un devis, génère un email et l'envoie au prospect en moins de 10 minutes (contre 5 à 7 heures manuellement). Le gain de réactivité est colossal : envoyer une proposition le lendemain au lieu d'une semaine augmente le taux de conversion de 40 à 60 %. Le second exemple concerne le contrôle de gestion : un restaurant recevait des centaines de factures fournisseurs par mois. Le système extrait chaque ligne de facture (via un modèle de vision comme Gemini), les structure dans une base de données, calcule les marges unitaires par plat et génère des rapports d'analyse. La fiabilité est de 100 % grâce à des mécanismes de vérification. Ces systèmes sont construits avec des outils low-code comme N8N, ce qui permet de les développer rapidement (quelques jours à quelques semaines) et de les vendre entre 1 000 et 50 000 euros selon la complexité, auxquels s'ajoute une maintenance mensuelle (5 à 20 % du prix de mise en place). Clément insiste sur la différence entre les workflows déterministes (fiables à 99,7 %) et les agents plus autonomes mais moins fiables, qui conviennent à des contextes où une erreur n'est pas critique.
L'émergence des logiciels sur mesure grâce à Claude Code
On peut faire des logiciels IA, des ERP... en quelques jours.
- Avec l'arrivée d'outils comme Claude Code (ou Codex), Clément voit un nouveau champ de possibilités : la création de logiciels sur mesure (petits ERP, interfaces de veille, RH, etc.) en quelques jours, là où il fallait auparavant plusieurs mois de développement full code. Cela abaisse les coûts de production et rend rentable la vente de solutions personnalisées à des tarifs de 5 000 à 8 000 euros, même pour des petites entreprises. Il montre l'exemple d'un outil de veille concurrentielle qu'il utilise lui-même pour analyser les posts de ses concurrents sur LinkedIn et Instagram, trier par performance et s'inspirer des contenus qui fonctionnent. La différence fondamentale avec les SAS est que ces logiciels sont taillés sur mesure pour le besoin précis du client, sans abonnement mensuel lourd. Cependant, Clément met en garde contre la tentation de partir de l'outil : il ne faut pas plaquer une technologie sur un marché. Pour une grande entreprise avec des processus bien établis et une résistance au changement, un workflow N8N peut être plus pertinent qu'une interface 100 % custom. Le choix de l'approche (workflow vs code) doit toujours découler des contraintes et des objectifs du client. La clé reste la flexibilité : il faut maîtriser plusieurs technologies pour proposer la meilleure solution à chaque cas.
Modèle économique et organisation gagnants : sales first, sous-traitance et marges
Ce qu'il faut faire c'est aller se confronter au marché. C'est penser à toute la partie marketing, positionnement, proposition de valeur.
- Clément détaille le modèle économique qui a permis à Zenit IA d'atteindre le million d'euros de CA avec une équipe réduite. La priorité absolue est la partie commerciale et marketing : il consacre 100 % de son temps à la vente, à la création de contenu sur LinkedIn/YouTube, à l'organisation de webinaires et à l'automatisation des conversations avec les prospects. Il est capable de générer jusqu'à 30 appels de vente par jour pendant les périodes de pointe. Pour délivrer les projets, il s'appuie sur un réseau de sous-traitants techniques (5 à 7 personnes) qu'il recrute et forme au sein de son écosystème de formation en ligne. Il vend ses prestations en forfait (ex : 15 000 à 25 000 euros) mais paie ses sous-traitants au TJM (400 à 800 euros/jour). La marge est ainsi très confortable (par exemple, un projet vendu 25 000 € peut coûter 2 000 € de sous-traitance si le développement prend trois jours). Il filtre les petits projets (moins de 5 000 €) et les délègue à d'autres. La solution technique est secondaire : on peut sous-traiter dès qu'on a vendu, à condition d'avoir un partenaire fiable. Il conseille aux entrepreneurs débutants de commencer par vendre eux-mêmes, même à petit prix, pour construire leur preuve sociale, puis d'augmenter progressivement leurs tarifs. La maintenance est optionnelle mais acceptée dans plus de 90 % des cas, ce qui garantit un revenu récurrent. Enfin, il insiste sur le fait que le plus grand risque est de ne rien faire : mieux vaut se lancer, vendre, et apprendre en cours de route, quitte à rembourser un client si le sous-traitant ne donne pas satisfaction.
L'acquisition client avant la niche : les systèmes de vente sont la priorité
La niche en fait, on s'en fout un peu. Le vrai truc important, c'est de connaître les systèmes d'acquisition.
- Clément aborde une erreur fréquente chez les entrepreneurs : choisir une niche (avocats, restaurants, etc.) avant d'avoir validé un système d'acquisition de clients. Selon lui, la priorité est de maîtriser les canaux marketing : prospection automatisée par email ou LinkedIn, création de contenu, webinaires, publicité en ligne (Meta, Google, TikTok), conférences, networking, etc. Il cite plus de quinze méthodes différentes. Chaque entrepreneur doit faire une introspection honnête de ses forces (aisance orale, écriture, réseau) et choisir les canaux qui lui correspondent le mieux. Lui-même a excellé dans la création de contenu généraliste sur LinkedIn, ce qui lui a permis d'attirer des clients de secteurs très variés (aéronautique, restauration, hôtellerie) et de générer 80 % de ses ventes via ce canal. Il a choisi de rester généraliste plutôt que de se spécialiser dans un seul secteur, car son canal de vente (le contenu) fonctionnait mieux avec une offre large. La niche ne doit être choisie qu'après avoir éprouvé un système d'acquisition et après avoir vendu plusieurs fois. Il est même possible de sous-traiter la technique et de se concentrer uniquement sur la vente (modèle de drop servicing). Le conseil principal : bloquer le premier client par n'importe quel moyen, même en pratiquant des prix bas, pour débloquer la machine. Une fois la machine en marche, on affine le positionnement et on monte en gamme. La peur de l'échec ne doit pas empêcher de passer à l'action, car le coût d'opportunité de l'inaction est bien plus élevé que le risque de devoir rembourser un client après un premier échec.
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