Eric Naulleau et Alain Soral Dialogues Desaccordes.pdf
Chapitre 1: Chapitre 1 (partie 1)
Combat de Blancs dans un tunnel : Dialogues désaccordés entre Éric Naulleau et Alain Soral
L'affaire DSK et la dégradation du débat intellectuel
DSK ne séduit pas. Pas plus qu'il ne drague, il baise comme Adler bouffe : en obèse.
- L'échange s'ouvre sur l'affaire Dominique Strauss-Kahn, que Soral analyse comme un pur produit de la société hyper-libérale. Pour lui, DSK incarne le "grand seigneur méchant homme" sans raffinement, un "pur porc bling-bling" dont le comportement sexuel relève de la prédation compulsive. Soral oppose le dragueur, figure sans privilège social qui ne dispose que de sa technique et de son charme, au satyre socialiste du FMI qui "baise comme Adler bouffe : en obèse". Il évoque le Viagra comme dopage sexuel rarement mentionné, et compare le dérapage de DSK à ceux d'O.J. Simpson ou Oscar Pistorius. La figure de Marcela Iacub, qu'il décrit comme "Juive argentine, lesbienne au nez refait, sans enfant et chercheuse au CNRS", est présentée comme une "harpie féministe du gender" qui extermine DSK "comme genre". Soral conclut que Iacub, "la mutante froide", lui fait plus peur que DSK, car elle est "déjà post-humaine".
- Naulleau tire quatre enseignements de l'affaire. D'abord, la littérature française ne se met plus sous tension que dans les registres mineurs du fait divers et de l'intime, contrairement à des auteurs comme Christa Wolf, Eugen Ruge ou Salman Rushdie qui ont affronté l'Histoire. Deuxièmement, la dégradation du débat intellectuel est manifeste : les querelles entre Sartre et Aron ont cédé la place aux bisbilles entre Iacub et Christine Angot. Troisièmement, l'inflation délirante du discours critique par rapport à l'importance de l'œuvre, comparable aux pires travers de l'art contemporain. Enfin, l'éviction du social au profit du sociétal : la question de savoir si une politique de gauche est encore possible est bien plus importante que les "très bourgeoises galipettes". Naulleau cite la phrase attribuée à Anne Sinclair ("Il n'y a aucun mal à se faire sucer par une femme de ménage") comme révélatrice du divorce entre la grande bourgeoisie de gauche et les classes populaires.
- Soral répond en développant sa théorie des "deux gauches" : une gauche sociale, issue du mouvement ouvrier et aujourd'hui sans représentants sérieux, et une gauche sociétale, "culturo-mondaine", qu'il identifie comme la "gauche juive" issue de l'affaire Dreyfus. Selon lui, cette gauche caviar, qui feint d'avoir des sympathies pour le monde ouvrier, est en réalité la droite économico-politique qui parachève sa prise de pouvoir sur la France chrétienne. Elle s'appuie sur deux stratégies : une fausse prise de parti pour la gauche ouvrière pour emmerder le patronat entrepreneurial, et des positions sociétales "progressistes" (mariage pour tous, abolition de la peine de mort, parité) pour cacher une position économique de droite. Ce "lent processus de prise de pouvoir de la bourgeoisie judéo-maçonnique contre la bourgeoisie catholique" surdéterminerait toute l'Histoire de France depuis la chute de la monarchie bourbonienne.
Mariage pour tous, homosexualité et décadence
Quand j'entends le mot égalité posé inconditionnellement, sans médiation et autre contextualisation historique, je sors ma guillotine !
- Le débat sur le mariage pour tous constitue un point de rupture majeur entre les deux interlocuteurs. Naulleau, tout en déplorant que le sociétal l'emporte sur le social, affirme n'avoir entendu aucun argument valable contre cette demande d'égalité entre homosexuels et hétérosexuels. Il reconnaît que l'extension infinie des droits individuels devient "l'autre nom de la guerre de tous contre tous" et qu'une juxtaposition de revendications ne suffit pas à faire société, mais il refuse de voir dans cette réforme une déclaration de guerre. Il rappelle qu'à chaque avancée sociale (congés payés, abolition de la peine de mort, droit de vote des femmes), les mêmes prophètes de malheur ont annoncé l'Apocalypse, et que "la France éternelle se porte bien".
- Soral développe une argumentation radicalement opposée, fondée sur une conception traditionnelle et sacrée du mariage. Pour lui, le mariage est une institution historique dont la fonction est de réunir un homme et une femme pour fonder une famille, transmettre un patrimoine et perpétuer l'espèce. Il cite Michel Clouscard pour expliquer que l'exogamie monogamique est la condition du passage de la société de clan à la société de classes. Il voit dans le mariage pour tous une "profanation" et une "dégradation" d'une institution fondatrice de la civilisation, ainsi que l'extension de la logique libérale à l'amour, à la mère et à l'enfant. Il établit un lien entre homosexualité et pédophilie, affirmant que "quand une sexualité est déviante, elle a tendance avec l'âge à aggraver sa déviation", et que le mariage pour tous ouvre la voie à la polygamie, à la zoophilie et à l'inceste.
- Soral développe sa vision de l'homosexualité comme "sexualité déviante, tantôt immature, tantôt perverse, qui doit se pratiquer dans la discrétion, avec un soupçon de honte". Il se réclame de Freud, des pensées religieuses et traditionnelles, et de la "France d'Audiard". Il affirme que "la sodomie n'est pas une activité de production, mais une activité de loisir, privée, elle ne détermine pas l'être politique". Il oppose le "populo qui n'aime pas le pédé" au "bourgeois qui le tolère très bien, du moment qu'il a les moyens". Il cite Lech Walesa pour appuyer sa position, affirmant préférer "Lech Walesa à Caroline Fourest". Naulleau rétorque en soulignant que la fin du monde a été annoncée 183 fois depuis la chute de l'Empire romain, et que le "souci de l'enfant" invoqué par les opposants au mariage pour tous est sélectif, alors que la société transforme les enfants en consommateurs et les expose à la téléréalité.
Jean-Claude Michéa, Hugo Chávez et la question du populisme
Je suis national-socialiste à la manière d'Hugo Chávez soit, compte tenu du contexte actuel de domination par le mondialisme militaro-bancaire, un authentique homme de gauche !
- Naulleau introduit la pensée de Jean-Claude Michéa, dont le livre Les Mystères de la gauche analyse l'alliance contre-nature entre le mouvement ouvrier et la gauche bourgeoise lors de l'affaire Dreyfus. Selon Michéa, la gauche moderne est devenue l'ennemie du prolétaire, ayant rallié "le culte du marché concurrentiel" et le libéralisme culturel. Il ne lui resterait comme marqueurs que le mouvement pour le mouvement, la destruction du monde ancien, la légalisation du cannabis et le mariage pour tous. Naulleau résume la thèse de Michéa : "la sortie du capitalisme ne pouvait être envisagée sous le signe de la gauche". Il interroge Soral sur son adhésion à cette analyse, étant donné que Soral se définit comme "homme de la gauche sociale et de la droite des valeurs".
- Soral répond en revendiquant une filiation intellectuelle avec Michel Clouscard, qu'il présente comme le véritable précurseur de cette critique, dès 1973 avec Néo-fascisme et idéologie du désir. Il affirme que "l'extrême droite, au moins depuis 1945 et plus encore depuis Mai 68, est une invention du gauchisme, sous sponsoring atlantiste". Il se définit comme "national-socialiste français", précisant qu'il s'agit d'un national-socialisme "sans besoin de recours à une théorie raciale pour des raisons d'espace vital", à la manière d'Hugo Chávez. Il exprime son deuil pour le comandante Chávez, qu'il a croisé à Damas, et qu'il admire pour son "opposition frontale aux membres de l'oligarchie mondialiste". Il aspire à l'avènement d'un "leader autoritaire et patriote, soucieux du peuple et porté par le peuple, une sorte de Chávez français qui nous ferait plus penser au général de Gaulle".
- Naulleau interroge Soral sur les formes actuelles du populisme, en évoquant les hommages à Staline en Russie, la crise en Bulgarie où le libéralisme semble être "le capitalisme moins l'électricité", et le mouvement des Indignés. Soral rejette ce dernier comme une manipulation des "réseaux trotskistes sous contrôle atlantiste", visant à "pourrir et amener sur des voies de garage libertaires les volontés d'insurrection populaire". Il voit dans Beppe Grillo le "Dieudonné italien", un "très bon signe", mais craint qu'il soit "trop libertaire et utopique, trop poreux aux influences trotskistes". Naulleau, quant à lui, voit dans le populisme une manière pour les gens ordinaires de signaler que "quelque chose ne tourne pas rond", mais constate qu'ils penchent souvent vers une "alternative autoritaire".
Le Front national, Jean-Marie et Marine Le Pen
Pourquoi serait-il infamant d'être passé par le FN ? Le FN a été fondé en 1972, il n'a jamais été au pouvoir. Idéologiquement, il y a un siècle, le FN aurait été un parti de centre gauche, à la gauche de Clemenceau…
- Soral explique son passage au Front national comme une tentative de faire évoluer le "seul parti encore indépendant des puissances d'argent et des réseaux". Il distingue deux objectifs : faire évoluer le FN sur la question sociale (ce qu'il estime avoir réussi avec Marine Le Pen et Florian Philippot, qui ont rompu avec le libéralisme) et sur la question de l'Islam (sur lequel il a échoué, à cause de Louis Aliot, "pied-noir anti-bougnoule"). Il affirme que Jean-Marie Le Pen est plus proche de ses positions que sa fille, qu'il place sur la même ligne que Naulleau : "une moderne, attachée à l'aspect formel de la République et des droits de l'homme". Il justifie sa présence au FN comme un acte de provocation contre le "Système", comparable au fait d'aller au spectacle de Dieudonné.
- Naulleau interroge Soral sur la diabolisation du FN, que Soral attribue à l'influence de la "communauté juive organisée" et du CRIF, qui n'aime pas le FN car il n'en a pas "le plein et total contrôle". Soral affirme que les seuls "dérapages" reprochés à Jean-Marie Le Pen ("le point de détail" et "Durafour crématoire") sont des "mauvais jeux de mots" qui ont heurté "la susceptibilité juive". Il compare le traitement de Le Pen à celui de Mitterrand, Chirac ou Fabius, qui ont commis des actes bien plus graves sans être ostracisés. Naulleau rétorque qu'un "jeu de mots aussi navrant que 'Durafour-crématoire'" heurte la susceptibilité non seulement des Juifs, mais aussi d'un "goy dans mon genre".
- Le débat économique oppose les deux hommes. Soral affirme que le FN est le seul parti à avoir un programme économique cohérent, citant Emmanuel Todd à l'appui. Ce programme consisterait à "s'émanciper de la dictature de la grande Banque (UE, FMI, Banque mondiale) pour revenir à une économie mixte avec planification d'État" et à instaurer un "protectionnisme raisonné à l'échelle continentale". Naulleau ironise sur le passage du FN du néolibéralisme de Thatcher à l'étatisme, et souligne le manque de sérieux économique de Marine Le Pen. Il attaque Soral sur son ami Philippe Péninque, cofondateur d'Égalité et Réconciliation et conseiller de Marine Le Pen, qui a ouvert un compte en Suisse pour Jérôme Cahuzac. Soral défend Péninque comme un "patriote qui essaie d'échapper à la brutalité de l'État".
Dieudonné, la Shoah et le révisionnisme
Je suis révisionniste, il n'y a d'historiens que les révisionnistes, et les antirévisionnistes sont soit des agents de propagandes, soit des lâches, soit des imbéciles.
- Naulleau exprime son soutien initial à Dieudonné, qu'il considère comme "l'un des comiques les plus doués de sa génération", mais se dit "atterré par la dérive" qui a suivi, notamment le "sinistre happening du Zénith" où Dieudonné a fait remettre un prix de la liberté d'expression à Robert Faurisson par un comparse vêtu en déporté. Il considère que la liberté d'expression et l'humour sont "solubles dans la pure volonté de cracher sa haine à la gueule des gens". Soral défend Dieudonné comme le seul à avoir eu un "comportement héroïque face à la persécution que lui a fait subir la toute-puissante communauté juive organisée pour son insoumission au sionisme". Il qualifie l'épisode du Zénith de "sommet d'insoumission et d'humour".
- Le débat sur la loi Gayssot et le révisionnisme est central. Naulleau partage les critiques de Soral sur la loi Gayssot au nom du droit des chercheurs, mais souligne que cette loi a élevé Soral "à la dignité de martyr de la liberté d'expression". Il interroge Soral sur son soutien au "travail de vérité" de Faurisson : s'agit-il de défendre la liberté d'expression ou de mettre en doute l'existence des chambres à gaz ? Soral répond que la loi Gayssot l'empêche de répondre librement, mais affirme que "toute recherche historique est, par essence, révisionniste". Il qualifie les révisionnistes de "prisonniers politiques de l'Occident contemporain" et le sort qui leur est réservé de "grand scandale intellectuel, moral et politique de notre temps".
- Soral développe sa vision de la "domination juive", qu'il dit avoir découverte en étudiant la lutte des classes. Il affirme que "la communauté juive organisée internationale règne aujourd'hui sur le monde occidental, par la montée de ce capitalisme financier qui a remplacé la féodalité chrétienne". Il cite une liste de penseurs et témoins majeurs de l'Histoire, de Cicéron à Jimmy Carter, pour appuyer sa thèse. Naulleau rétorque que cette forme particulière de révisionnisme, qui prend pour unique sujet la Shoah, n'est que "le cache-sexe d'un antisémitisme en quête de caution scientifique". Il oppose à Soral la réflexion d'Imre Kertész et de Jean Bollack, et affirme que "l'image manquante" des chambres à gaz oblige à "davantage encore d'humaine fraternité envers ceux auxquels tout a été pris".
Féminisation, psychanalyse et visions du monde
De par sa structuration œdipienne, l'esprit féminin, qui n'a pas connu la rupture du meurtre du père et le saut catégorique qu'il impose, se meut donc à l'intérieur d'un seul ordre de représentations et d'une seule catégorie mentale constituant à la fois sa sensibilité et son entendement : le psychologico-affectif.
- Naulleau interroge Soral sur sa critique d'Hannah Arendt dans Vers la féminisation ?, où il renvoie toute son œuvre au néant en quelques lignes. Soral affirme avoir lu les trois tomes des Origines du totalitarisme, mais les juge inférieurs aux œuvres de Marx, Hegel, Lukàcs, Goldmann, Sève et Lefebvre. Pour lui, le concept de totalitarisme chez Arendt n'est que "du psychologisme de bonne femme" et "de l'idéologie dominante d'après-guerre au service de l'american way of life". Il ajoute que la preuve de l'absurdité de la théorie du totalitarisme est que tous les systèmes prétendument totalitaires ont été renversés, tandis que la "démocratie de marché" tient toujours, ce qui tend à démontrer qu'elle est "en réalité beaucoup plus" totalitaire.
- Soral expose sa théorie de la "dissymétrie de l'œdipe", d'origine biologique, qui expliquerait l'infériorité des femmes dans le domaine de la pensée. Il affirme que "l'esprit féminin, qui n'a pas connu la rupture du meurtre du père", se meut dans le seul registre du "psychologico-affectif". Il établit un lien entre les capacités de pénétration intellectuelle et la pénétration sexuelle active. Naulleau rejette cette théorie, la qualifiant de "mi-chemin de L'Almanach Vermot et du propos de comptoir". Il affirme n'accorder "aussi peu de foi aux histoires du barbu du pôle Nord qu'à celles du barbu de Vienne". Soral rétorque que sa théorie lui a valu le respect de Michel Clouscard et d'Alain de Benoist, et que Naulleau, incapable d'accéder au concept, ne fait que de "l'idéologie, jamais du concept".
- Soral compare leur échange à celui entre Rousseau et Voltaire, se présentant comme un "penseur sauvage" (rousseauiste) et Naulleau comme un "idéologue mondain" (voltairien). Il affirme que Naulleau, comme Voltaire, fait "du genre, de l'ironie, mais il n'y a pas de fond, sinon l'adhésion permanente, légèrement déguisée par un peu d'érudition tape-à-l'œil à l'idéologie dominante". Il conclut que Naulleau est un "commentateur" tandis que lui est un "combattant". Naulleau rétorque que l'idéologie dominante est à gauche un "humanisme dévoyé jusqu'à la stupidité" et à droite "le marché, la consommation et la croissance pour sainte trilogie". Il oppose les pèlerins autour de la Kaaba aux zombies autour des présentoirs d'iPad, et appelle Soral à interpréter ce "tableau d'ensemble" plutôt que de lui chercher de "mauvaises querelles".
Chapitre 1: Chapitre 1 (partie 2)
Analyse d'un dialogue polémique : Islamisation, République et identité française
Le constat de l'islamisation et ses causes profondes
Je n'aime pas qu'on touche à mon décor ! Surtout la cinquantaine passée. Plus on avance dans l'âge, moins on aime le changement !
- Le dialogue s'ouvre sur un constat partagé par les deux interlocuteurs : l'islamisation de la France. Cependant, leurs analyses divergent radicalement. Naulleau exprime un agacement personnel face à cette transformation culturelle, qu'il perçoit comme une disparition de "sa France" – celle du catholicisme, de Charles Trenet et de Charles de Gaulle. Il reconnaît un attachement affectif profond à ce décor familier, tout en admettant que l'âge renforce cette résistance au changement. Cette position initiale, bien que personnelle, pose le cadre d'un débat sur l'identité nationale et les mutations sociétales.
- Soral, en réponse, ne nie pas le constat mais en conteste la superficialité. Il affirme que la République parlementaire et la démocratie ne sont pas un rempart contre l'islamisation, mais bien la cause du problème. Il dénonce des "manipulations et trahisons" (patronales, maçonniques, sionistes) qui, selon lui, visent à diviser la France, à l'image de la Yougoslavie ou du Liban. Pour Soral, l'islamisation n'est qu'une conséquence, un instrument d'un projet plus vaste de soumission de la France par le pouvoir de l'argent et des réseaux. Il oppose ainsi sa lutte contre les causes à la simple déploration des effets par Naulleau.
- Soral approfondit son analyse en reliant l'expansion de l'islam à une réponse au matérialisme et à l'atomisation des individus dans les sociétés occidentales. Il compare les conversions à l'islam à l'emménagement dans des "gated communities", des espaces de protection et d'exclusion. Il cite Homère pour décrire un monde de "Cyclopes" où la loi du plus fort ou la charia remplacerait les lois de la République. Il critique également les "valeurs saines et viriles" de l'islam, les associant à une propension méditerranéenne à la domination masculine et à une forme de soumission féminine (hijab, burqa) perçue comme une libération du fardeau de la liberté occidentale.
L'immigration comme cause première et la critique des élites
Il n'y aurait pas en France cette question de l'islamisation, s'il n'y avait pas eu auparavant cette délirante politique d'immigration.
- Naulleau contre-argumente en pointant du doigt la politique d'immigration comme cause première de l'islamisation. Il évoque le "regroupement familial" voulu par le patronat et les loges, auquel s'opposait le général de Gaulle, et qui ne se justifiait plus après 1973 et la fin des Trente Glorieuses. Pour lui, ce sont les dirigeants français qui ont créé cette situation, et non la volonté des musulmans ou des immigrés. Il remet en question les motivations de ces "chers démocrates" et demande en vertu de quoi ils ont agi.
- Soral reprend cette critique des élites en comparant les manifestations de rue. Il oppose les manifestations pacifiques des familles pour "le bon sens et la civilisation" (La Manif Pour Tous), réprimées par la police socialiste, aux "sauvageons décérébrés" du Trocadéro (football) que le même pouvoir laisse faire. Il en tire des conclusions politiques sur ce que le pouvoir choisit de voir ou non. Cette analyse sert à démontrer une manipulation de l'opinion et une instrumentalisation de la violence par l'État.
- La discussion s'étend à l'affaire Clément Méric. Soral qualifie la victime de "petit con" et d'agresseur, affirmant que l'enquête l'a prouvé. Il exprime sa compassion pour l'agresseur présumé, Esteban, un "apprenti boulanger d'origine espagnole". Il compare le mouvement "Troisième Voie" de Serge Ayoub, qu'il juge proche de ses idées sur le fond (socialisme révolutionnaire), au pouvoir de nuisance bien supérieur de Pierre Bergé et de ses réseaux. Cette prise de position illustre son rejet de la gauche officielle et son alignement avec des mouvements marginaux.
La gauche, le mensonge et la mort de Clément Méric
Ce qui m'inquiète, moi, ce n'est pas la disparition du petit Méric, c'est sa multiplication !
- Naulleau exprime sa consternation face au cynisme de Soral concernant la mort de Clément Méric. Il souligne que la gauche survit sur deux idées épuisées : le progrès inachevé et la peur du retour de la "bête immonde" (le fascisme). Il admet, en accord avec Soral, que les groupuscules d'extrême droite ne constituent pas un réel danger pour la démocratie, mais il trouve "terrible" que des jeunes sacrifient leur vie à de telles illusions. Il ironise sur le fait que la rencontre fatale ait eu lieu lors des soldes Fred Perry.
- Soral justifie son absence de compassion pour Méric en évoquant les milliers d'enfants égorgés en Syrie, une tragédie ignorée par l'intelligentsia et le "vampire du Quai d'Orsay", Fabius. Il décrit Méric comme une "synthèse de ce que peut produire de plus grotesque" la France bien-pensante. Sa véritable inquiétude est la "multiplication" de ce type de jeune, produit par l'Éducation nationale. Il affirme avoir tout fait pour le "sauver" par son travail critique, contrairement à Charlie Hebdo, Libération et Canal+.
- Soral accuse la gauche officielle d'être menteuse et manipulatrice, luttant contre des "cadavres" comme l'ordre patriarcal et la religion. Il affirme que c'est de ces mensonges qu'est mort Clément Méric, qu'il qualifie de "suppôt de Besancenot et de Mélenchon". Cette accusation directe lie la mort du jeune homme à l'idéologie de la gauche radicale, que Soral considère comme responsable de la production de ces "petits crétins haineux". Il renverse ainsi la charge de la culpabilité, passant de l'agresseur physique à l'agresseur idéologique.
Le Misanthrope, l'humour et le suicide de Dominique Venner
Deux hommes au bord du plateau, au seuil du monde civilisé. Deux hommes, comme un seul qui dialoguerait avec lui-même, se combattent et s'accouchent l'un et l'autre d'une parole qui prend rapidement pour chacun des deux des allures de manifeste.
- Naulleau propose une analogie entre leur dialogue et la pièce de Molière, "Le Misanthrope". Il cite Jean-François Sivadier pour décrire deux hommes : l'un (Alceste/Soral) prône la sincérité absolue jusqu'au chaos, l'autre (Philinte/Naulleau) un accommodement bienveillant pour maintenir l'ordre. Il demande à Soral s'il se reconnaît dans ce tableau. Cette référence théâtrale sert à cadrer leur opposition comme un conflit fondamental entre radicalité et modération, entre l'absolu et le compromis.
- Soral accepte partiellement la comparaison, mais se défend d'être si radical. Il explique que c'est le "relativisme intégral" de l'époque qui le fait passer pour tel. Dans sa vie quotidienne, il se dit "cool et accommodant". Il précise que sa structure politique, Égalité et Réconciliation, pousse à la critique radicale mais interdit toute action violente. Il affirme que sa radicalité débouche sur l'humour noir, le rapprochant du Professeur Choron ou de Hunter S. Thompson, plutôt que de Staline ou Hitler.
- Naulleau évoque le suicide de Dominique Venner, historien d'extrême droite, à Notre-Dame. Il cite la lettre de Venner, qui justifiait son geste comme une "éthique de la volonté" pour réveiller les consciences contre le "remplacement de nos populations". Il demande à Soral sa position. Soral répond en soulignant la différence fondamentale entre Venner et lui : l'absence d'humour chez Venner. Il respecte le geste mais affirme que lui-même est un "sacré rigolo". Il avoue penser souvent au suicide depuis l'adolescence, face à la laideur et l'injustice du monde.
La Syrie, l'Occident et l'hypocrisie des valeurs
L'Occident a selon moi perdu tout droit de donner des leçons de démocratie au reste du monde en général et aux pays arabo-musulmans en particulier, et a fortiori de s'immiscer dans leurs affaires intérieures.
- Naulleau développe une critique acerbe de l'impérialisme occidental. Il évoque l'invasion de l'Irak sur des preuves inventées, les tortures d'Abou Ghraib, les Marines urinant sur des cadavres en Afghanistan, et Guantánamo comme une zone de non-droit. Il cite Régis Debray pour souligner que toutes les limites ont été franchies. Il dénonce le chaos laissé derrière les interventions : 800 Irakiens morts en août 2013, la Libye en proie aux milices, et l'interdiction de séjour de BHL en Libye.
- Il critique l'hypocrisie des pays chrétiens qui prônent des valeurs tout en pratiquant le matérialisme et l'usure. Il mentionne l'écart entre les principes proclamés et la réalité, comme la formation spirituelle des Jeunesses agricoles chrétiennes qui n'a pas empêché les horreurs de l'élevage en batterie. Il remet en question la ligne rouge des armes chimiques en Syrie, alors que les massacres aux armes conventionnelles sont tolérés. Il s'interroge sur la soudaine compassion pour les chrétiens d'Orient après des années de persécution.
- Naulleau conclut en suggérant que les anciennes dictatures étaient peut-être préférables au chaos actuel. Il plaide pour que ces pays soient laissés libres de construire leur propre destin. Il souligne l'incohérence de l'Union européenne qui n'appelle pas au rétablissement de Mohamed Morsi, président égyptien légitimement élu, parce qu'il est islamiste. Il compare cette situation à celle de l'Algérie, où l'interruption du processus démocratique a eu des conséquences désastreuses.
Le Grand Israël et la conclusion du dialogue
Sauf à penser qu'un chaos arabo-musulman généralisé est le but poursuivi par l'oligarchie occidentale.
- Soral approuve presque entièrement l'analyse de Naulleau sur la Syrie, allant jusqu'à dire qu'il "fait quasiment du Soral". Il apporte une nuance : les islamistes égyptiens et tunisiens étaient tout autant dans la main des Américains que les militaires. Il suggère que le chaos généralisé dans le monde arabo-musulman pourrait être le but poursuivi par l'oligarchie occidentale. Cette hypothèse ouvre la porte à une analyse plus vaste et plus sombre des motivations des puissances occidentales.
- Soral évoque alors le "projet du Grand Israël", qu'il décrit comme une "ultime guerre défensive d'annexion" visant à rendre l'État sioniste viable sans la protection des États-Unis. Il qualifie ce sujet de "si brûlant et si dangereux" qu'il préfère le garder pour un autre livre, par souci de sécurité pour Naulleau. Cette allusion finale, non développée, sert à suggérer une cause ultime et cachée derrière les événements discutés, renforçant le sentiment de manipulation et de complot.
- Le dialogue se termine sur une note de tension et de non-dit. Soral, tout en étant d'accord avec Naulleau sur le fond, introduit une dimension supplémentaire, plus radicale et conspirationniste, qu'il refuse d'explorer. Cette fin ouverte laisse le lecteur sur une interrogation : jusqu'où va la critique du système ? Et quel est le véritable projet derrière le chaos ? La réponse de Soral, à la fois prudente et provocatrice, clôt le débat sur une note de mystère et de danger potentiel.
en-têtes
Dialogue desaccordé : Combat de Blancs dans un tunnel
Présentation de l'ouvrage et des auteurs
Ce livre numérique ne comporte pas de dispositif de cryptage limitant son utilisation, mais il est identifié par un tatouage permettant d’assurer sa traçabilité.
- L'ouvrage "Dialogues desaccordés : Combat de Blancs dans un tunnel" est un livre numérique publié en 2013 par les Éditions Blanche / Hugo & Cie. Il est le fruit d'une collaboration entre deux figures controversées de la scène intellectuelle et médiatique française : Éric Naulleau, critique littéraire et éditeur, et Alain Soral, essayiste et polémiste d'extrême droite. Le livre s'inscrit dans un contexte de débats houleux sur l'identité nationale, l'immigration et le déclin de la civilisation occidentale. Le titre lui-même, "Combat de Blancs dans un tunnel", est une métaphore provocatrice qui évoque un affrontement stérile et sans issue entre des personnes partageant une même origine ethnique, suggérant une critique des divisions internes au sein de la société blanche. La mention du tatouage numérique pour assurer la traçabilité indique une volonté de contrôler la diffusion de l'œuvre, probablement en raison de son contenu polémique.
- Le livre est présenté comme un dialogue, mais le terme "désaccordé" souligne d'emblée la nature conflictuelle et non consensuelle des échanges. Il ne s'agit pas d'une conversation harmonieuse, mais d'une confrontation d'idées où les deux auteurs, bien que partageant certaines préoccupations, adoptent des positions souvent antagonistes. La collection est dirigée par Franck Spengler, ce qui ancre l'ouvrage dans un cadre éditorial spécifique. La date de publication, 2013, est significative car elle se situe après la montée en puissance des débats sur le "grand remplacement" et la crise des valeurs républicaines en France. Le livre se présente donc comme une tentative de radiographie des fractures idéologiques contemporaines, vue à travers le prisme de deux intellectuels aux trajectoires opposées mais aux obsessions communes.
Le contexte idéologique et la genèse du dialogue
Éric Naulleau Alain Soral DIALOGUES DESACCORDES Combat de Blancs dans un tunnel
- Le dialogue entre Naulleau et Soral est né d'une rencontre paradoxale. Naulleau, ancien chroniqueur dans l'émission "On n'est pas couché" sur France 2, est un homme de gauche, critique littéraire et éditeur, connu pour son érudition et son style acerbe. Soral, quant à lui, est un ancien communiste devenu nationaliste, fondateur du site "Égalité & Réconciliation", et figure de proue du mouvement identitaire. Leur point commun est une critique virulente du système médiatique et politique, qu'ils accusent de promouvoir un mondialisme destructeur des identités. Le livre est donc le produit d'une convergence tactique, où deux ennemis du "système" se rencontrent pour confronter leurs visions du monde, malgré des divergences profondes sur des sujets comme le capitalisme, la religion ou la laïcité.
- Le titre "Combat de Blancs dans un tunnel" est une référence explicite à une expression utilisée par Soral pour décrire les conflits fratricides entre les peuples européens, qui les affaiblissent face à d'autres civilisations. Pour Soral, les Blancs, divisés par des querelles de classes, de nations ou d'idéologies, sont en train de perdre leur hégémonie mondiale. Naulleau, bien que moins radical dans son analyse, partage le constat d'une crise de la culture occidentale. Le livre se veut donc une exploration de cette "guerre civile" au sein du monde blanc, où les deux auteurs jouent le rôle de belligérants et d'analystes. Le format du dialogue permet de mettre en scène cette opposition, en donnant à voir les tensions et les points de friction qui traversent la pensée réactionnaire et la gauche critique.
La critique du système médiatique et de la pensée unique
Combat de Blancs dans un tunnel
- Un thème central de l'ouvrage est la dénonciation du "système médiatique" et de la "pensée unique". Naulleau et Soral, bien que partant de positions différentes, s'accordent sur le fait que les médias dominants (télévision, presse écrite) sont les instruments d'une oligarchie qui impose un discours uniforme, favorable au libéralisme économique et à la mondialisation. Ils critiquent la censure implicite qui frappe les voix dissidentes, qu'elles viennent de l'extrême droite ou de la gauche radicale. Pour Soral, les médias sont un outil de "décervelage" des masses, tandis que Naulleau, fort de son expérience à la télévision, en décrit les mécanismes de conformisme et de pression sociale. Cette critique commune sert de fondement à leur alliance tactique.
- Le dialogue explore en détail les mécanismes de cette "pensée unique". Les auteurs analysent comment des sujets comme l'immigration, l'identité nationale ou la laïcité sont traités de manière biaisée, en fonction d'un agenda politique caché. Ils dénoncent le rôle des "experts" et des "intellectuels médiatiques" qui verrouillent le débat public. Naulleau, avec sa connaissance du milieu littéraire, ajoute une dimension supplémentaire en critiquant la "bien-pensance" du monde de l'édition, qui refuse de publier des ouvrages jugés "réactionnaires" ou "populistes". Cette analyse, bien que polémique, a le mérite de mettre en lumière les mécanismes de contrôle idéologique qui existent dans les démocraties libérales, où la liberté d'expression est souvent conditionnée par des normes implicites.
La question de l'identité et du déclin de l'Occident
Combat de Blancs dans un tunnel
- La question de l'identité est au cœur des préoccupations des deux auteurs. Soral développe sa thèse du "grand remplacement", selon laquelle les populations européennes sont progressivement remplacées par des populations immigrées, en raison d'une politique délibérée des élites mondialistes. Naulleau, sans adhérer complètement à cette théorie, partage le constat d'une perte de repères identitaires et d'un affaiblissement de la culture française. Ils discutent de la notion de "blanchité" et de la manière dont elle est devenue un tabou dans le discours public. Pour Soral, la défense de l'identité blanche est légitime, tandis que Naulleau, plus nuancé, insiste sur la nécessité de préserver l'héritage culturel et littéraire français.
- Le déclin de l'Occident est un autre thème majeur. Les auteurs diagnostiquent une crise profonde de la civilisation européenne, marquée par la perte de la foi, le consumérisme, la décadence morale et la haine de soi. Ils critiquent le multiculturalisme, qu'ils considèrent comme un projet de destruction des identités nationales. Soral, influencé par la pensée traditionaliste, voit dans ce déclin une conséquence de l'abandon des valeurs chrétiennes et de la montée du nihilisme. Naulleau, plus ancré dans la tradition républicaine, déplore la disparition de l'idéal d'émancipation et de culture générale. Leur dialogue est donc une longue lamentation sur la fin d'un monde, où les deux voix, bien que dissonantes, se rejoignent dans un même constat de désastre.
Les divergences sur le capitalisme et la question juive
Combat de Blancs dans un tunnel
- Malgré leurs accords sur le diagnostic, Naulleau et Soral divergent profondément sur l'analyse des causes. Soral, dans une perspective anticapitaliste radicale, voit dans le capitalisme financier et le sionisme les principaux moteurs du déclin de l'Occident. Il développe une critique virulente de la "finance juive" et de l'État d'Israël, qu'il accuse de manipuler les médias et la politique mondiale. Naulleau, tout en étant critique du capitalisme, refuse catégoriquement cette dérive antisémite. Il rappelle son attachement à la tradition républicaine et à la laïcité, et dénonce les théories du complot qui attribuent tous les maux à un groupe ethnique ou religieux. Cette divergence est le point de rupture le plus visible du dialogue.
- La question juive est donc un sujet de friction majeur. Soral tente de justifier ses positions en les présentant comme une critique légitime du sionisme et de l'impérialisme américain, mais Naulleau le pousse dans ses retranchements, l'accusant de recycler des stéréotypes antisémites. Ce passage du livre est particulièrement tendu, car il révèle les limites de l'alliance entre un homme de gauche et un nationaliste. Naulleau, en tant qu'éditeur et critique, défend une position universaliste et humaniste, tandis que Soral s'enferme dans une vision ethnique et raciale du monde. Le dialogue montre ainsi comment la critique du capitalisme peut déboucher sur des impasses idéologiques, lorsque la lutte des classes est remplacée par une guerre des races.
La littérature, la culture et le rôle de l'intellectuel
Combat de Blancs dans un tunnel
- Naulleau, en tant que critique littéraire, apporte une dimension culturelle au débat. Il défend une conception exigeante de la littérature, comme un refuge contre la vulgarité médiatique et la pensée unique. Il critique la production littéraire contemporaine, qu'il juge conformiste et commerciale, et plaide pour un retour aux grands auteurs classiques. Soral, de son côté, voit la culture comme un champ de bataille idéologique, où il faut imposer ses idées par tous les moyens, y compris la provocation. Leur dialogue sur la littérature est donc un affrontement entre deux conceptions de l'intellectuel : l'un, plus traditionaliste, défend l'autonomie de l'art ; l'autre, plus militant, veut le mettre au service de la cause politique.
- Le rôle de l'intellectuel dans la société est également débattu. Naulleau, fort de son expérience médiatique, critique la figure de l'"intellectuel médiatique" qui se contente de répéter les poncifs du système. Il défend un modèle d'intellectuel indépendant, capable de penser contre le courant dominant. Soral, quant à lui, se présente comme un "intellectuel organique" du peuple, en rupture avec les élites. Il revendique une parole directe et brutale, qui parle aux classes populaires délaissées par la gauche. Le livre se termine sur une note d'incertitude, les deux auteurs reconnaissant l'impasse de leur situation, mais sans proposer de solution concrète. Le "combat de Blancs dans un tunnel" reste donc une métaphore de l'impuissance et de la division.
Ce résumé a été généré par Clipsy en 2 minutes.
Résumé complet, gratuit et sans compte.