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Eric Naulleau et Alain Soral Dialogues Desaccordes

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Chapitre 1: Chapitre 1 (partie 1)

Combat de Blancs dans un tunnel : Dialogues désaccordés entre Éric Naulleau et Alain Soral

L'affaire DSK et la dégradation du débat intellectuel

DSK ne séduit pas. Pas plus qu'il ne drague, il baise comme Adler bouffe : en obèse.
  • L'échange s'ouvre sur l'affaire Dominique Strauss-Kahn, que Soral analyse comme un pur produit de la société hyper-libérale. Pour lui, DSK incarne le "grand seigneur méchant homme" sans raffinement, un "pur porc bling-bling" dont le comportement sexuel relève de la prédation compulsive. Soral oppose le dragueur, figure sans privilège social qui ne dispose que de sa technique et de son charme, au satyre socialiste du FMI qui "baise comme Adler bouffe : en obèse". Il évoque le Viagra comme dopage sexuel rarement mentionné, et compare le dérapage de DSK à ceux d'O.J. Simpson ou Oscar Pistorius. La figure de Marcela Iacub, qu'il décrit comme "Juive argentine, lesbienne au nez refait, sans enfant et chercheuse au CNRS", est présentée comme une "harpie féministe du gender" qui extermine DSK "comme genre". Soral conclut que Iacub, "la mutante froide", lui fait plus peur que DSK, car elle est "déjà post-humaine".
  • Naulleau tire quatre enseignements de l'affaire. D'abord, la littérature française ne se met plus sous tension que dans les registres mineurs du fait divers et de l'intime, contrairement à des auteurs comme Christa Wolf, Eugen Ruge ou Salman Rushdie qui ont affronté l'Histoire. Deuxièmement, la dégradation du débat intellectuel est manifeste : les querelles entre Sartre et Aron ont cédé la place aux bisbilles entre Iacub et Christine Angot. Troisièmement, l'inflation délirante du discours critique par rapport à l'importance de l'œuvre, comparable aux pires travers de l'art contemporain. Enfin, l'éviction du social au profit du sociétal : la question de savoir si une politique de gauche est encore possible est bien plus importante que les "très bourgeoises galipettes". Naulleau cite la phrase attribuée à Anne Sinclair ("Il n'y a aucun mal à se faire sucer par une femme de ménage") comme révélatrice du divorce entre la grande bourgeoisie de gauche et les classes populaires.
  • Soral répond en développant sa théorie des "deux gauches" : une gauche sociale, issue du mouvement ouvrier et aujourd'hui sans représentants sérieux, et une gauche sociétale, "culturo-mondaine", qu'il identifie comme la "gauche juive" issue de l'affaire Dreyfus. Selon lui, cette gauche caviar, qui feint d'avoir des sympathies pour le monde ouvrier, est en réalité la droite économico-politique qui parachève sa prise de pouvoir sur la France chrétienne. Elle s'appuie sur deux stratégies : une fausse prise de parti pour la gauche ouvrière pour emmerder le patronat entrepreneurial, et des positions sociétales "progressistes" (mariage pour tous, abolition de la peine de mort, parité) pour cacher une position économique de droite. Ce "lent processus de prise de pouvoir de la bourgeoisie judéo-maçonnique contre la bourgeoisie catholique" surdéterminerait toute l'Histoire de France depuis la chute de la monarchie bourbonienne.

Mariage pour tous, homosexualité et décadence

Quand j'entends le mot égalité posé inconditionnellement, sans médiation et autre contextualisation historique, je sors ma guillotine !
  • Le débat sur le mariage pour tous constitue un point de rupture majeur entre les deux interlocuteurs. Naulleau, tout en déplorant que le sociétal l'emporte sur le social, affirme n'avoir entendu aucun argument valable contre cette demande d'égalité entre homosexuels et hétérosexuels. Il reconnaît que l'extension infinie des droits individuels devient "l'autre nom de la guerre de tous contre tous" et qu'une juxtaposition de revendications ne suffit pas à faire société, mais il refuse de voir dans cette réforme une déclaration de guerre. Il rappelle qu'à chaque avancée sociale (congés payés, abolition de la peine de mort, droit de vote des femmes), les mêmes prophètes de malheur ont annoncé l'Apocalypse, et que "la France éternelle se porte bien".
  • Soral développe une argumentation radicalement opposée, fondée sur une conception traditionnelle et sacrée du mariage. Pour lui, le mariage est une institution historique dont la fonction est de réunir un homme et une femme pour fonder une famille, transmettre un patrimoine et perpétuer l'espèce. Il cite Michel Clouscard pour expliquer que l'exogamie monogamique est la condition du passage de la société de clan à la société de classes. Il voit dans le mariage pour tous une "profanation" et une "dégradation" d'une institution fondatrice de la civilisation, ainsi que l'extension de la logique libérale à l'amour, à la mère et à l'enfant. Il établit un lien entre homosexualité et pédophilie, affirmant que "quand une sexualité est déviante, elle a tendance avec l'âge à aggraver sa déviation", et que le mariage pour tous ouvre la voie à la polygamie, à la zoophilie et à l'inceste.
  • Soral développe sa vision de l'homosexualité comme "sexualité déviante, tantôt immature, tantôt perverse, qui doit se pratiquer dans la discrétion, avec un soupçon de honte". Il se réclame de Freud, des pensées religieuses et traditionnelles, et de la "France d'Audiard". Il affirme que "la sodomie n'est pas une activité de production, mais une activité de loisir, privée, elle ne détermine pas l'être politique". Il oppose le "populo qui n'aime pas le pédé" au "bourgeois qui le tolère très bien, du moment qu'il a les moyens". Il cite Lech Walesa pour appuyer sa position, affirmant préférer "Lech Walesa à Caroline Fourest". Naulleau rétorque en soulignant que la fin du monde a été annoncée 183 fois depuis la chute de l'Empire romain, et que le "souci de l'enfant" invoqué par les opposants au mariage pour tous est sélectif, alors que la société transforme les enfants en consommateurs et les expose à la téléréalité.

Jean-Claude Michéa, Hugo Chávez et la question du populisme

Je suis national-socialiste à la manière d'Hugo Chávez soit, compte tenu du contexte actuel de domination par le mondialisme militaro-bancaire, un authentique homme de gauche !
  • Naulleau introduit la pensée de Jean-Claude Michéa, dont le livre Les Mystères de la gauche analyse l'alliance contre-nature entre le mouvement ouvrier et la gauche bourgeoise lors de l'affaire Dreyfus. Selon Michéa, la gauche moderne est devenue l'ennemie du prolétaire, ayant rallié "le culte du marché concurrentiel" et le libéralisme culturel. Il ne lui resterait comme marqueurs que le mouvement pour le mouvement, la destruction du monde ancien, la légalisation du cannabis et le mariage pour tous. Naulleau résume la thèse de Michéa : "la sortie du capitalisme ne pouvait être envisagée sous le signe de la gauche". Il interroge Soral sur son adhésion à cette analyse, étant donné que Soral se définit comme "homme de la gauche sociale et de la droite des valeurs".
  • Soral répond en revendiquant une filiation intellectuelle avec Michel Clouscard, qu'il présente comme le véritable précurseur de cette critique, dès 1973 avec Néo-fascisme et idéologie du désir. Il affirme que "l'extrême droite, au moins depuis 1945 et plus encore depuis Mai 68, est une invention du gauchisme, sous sponsoring atlantiste". Il se définit comme "national-socialiste français", précisant qu'il s'agit d'un national-socialisme "sans besoin de recours à une théorie raciale pour des raisons d'espace vital", à la manière d'Hugo Chávez. Il exprime son deuil pour le comandante Chávez, qu'il a croisé à Damas, et qu'il admire pour son "opposition frontale aux membres de l'oligarchie mondialiste". Il aspire à l'avènement d'un "leader autoritaire et patriote, soucieux du peuple et porté par le peuple, une sorte de Chávez français qui nous ferait plus penser au général de Gaulle".
  • Naulleau interroge Soral sur les formes actuelles du populisme, en évoquant les hommages à Staline en Russie, la crise en Bulgarie où le libéralisme semble être "le capitalisme moins l'électricité", et le mouvement des Indignés. Soral rejette ce dernier comme une manipulation des "réseaux trotskistes sous contrôle atlantiste", visant à "pourrir et amener sur des voies de garage libertaires les volontés d'insurrection populaire". Il voit dans Beppe Grillo le "Dieudonné italien", un "très bon signe", mais craint qu'il soit "trop libertaire et utopique, trop poreux aux influences trotskistes". Naulleau, quant à lui, voit dans le populisme une manière pour les gens ordinaires de signaler que "quelque chose ne tourne pas rond", mais constate qu'ils penchent souvent vers une "alternative autoritaire".
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