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Immunité, fatigue, détox : comment bien les utiliser cet automne - Santé Libre !

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Les huiles essentielles : de la rencontre sensorielle à la phytoénergétique

Introduction aux huiles essentielles et exemples hospitaliers

chaque huile est un personnage unique dont la profondeur se révèle à l'usage.
  • Gabriel de Mortemar ouvre l'émission de Santé libre sur Toxin Plus en présentant les huiles essentielles comme une véritable rencontre. Il insiste sur la singularité de chaque huile, comparée à un personnage dont la personnalité se dévoile progressivement à l'usage, et sur les synergies qui, comme des mariages de couleurs chez un peintre, décuplent les forces des huiles entre elles. Il cite deux exemples hospitaliers récents : à Valenciennes, une équipe de gériatrie a reçu le prix Gatfossé pour ses résultats contre l'arthrose, et à l'hôpital Pasteur de Colmar, les soignants utilisent des huiles de lavande, d'orange douce et de camomille noble pour apaiser l'anxiété et l'agitation des patients, notamment via des inhalations et des onctions sur le dos ou la voûte plantaire. L'introduction souligne aussi que les huiles essentielles transforment la relation entre patients et soignants et se placent au cœur du « prendre soin ».
  • L'invitée, Elsk Miles, est présentée comme une spécialiste française passionnante et souriante. Elle est aromathérapeute, réflexologue, conférencière et auteure. Elle a écrit « Les huiles essentielles pour les nuls » et, plus récemment, « Phytoénergétique » avec Michel Odoul, ouvrage consacré à la stimulation des points d'acupuncture par les huiles essentielles. Elle a par ailleurs créé il y a une dizaine d'années le programme de formation en ligne « Maîtriser la puissance des huiles essentielles », qui a formé plusieurs dizaines de milliers de personnes et leur a permis d'entrer dans ce monde thérapeutique passionnant.

Le parcours d'Elsk Miles : de l'Afrique du Sud à la rencontre des huiles

une fois que vous plongez dans ce monde-là, c'est terminé, c'est trop tard.
  • Elsk Miles raconte avoir découvert les huiles essentielles en Afrique du Sud, son pays d'origine. Elle y a rencontré une approche marquée par le massage et le parfum, proche de ce que l'on appelle l'aromathérapie anglaise, qui représente l'usage dominant des huiles essentielles dans le monde. Elle explique que, par exemple au Japon, le terme « aromathérapie » évoque immédiatement une thérapie somptueuse et agréable, où l'on masse les pieds et le dos avec des onguents parfumés, conduisant à une détente profonde. Cette pratique crée une relation entre la personne qui applique le soin et celle qui le reçoit, mais elle peut aussi se décliner en autosoins.
  • Elle développe ensuite le lien entre le toucher et la fragrance, expliquant que la peau et le nez, l'olfaction, appartiennent tous deux, en médecine énergétique, à l'énergie du poumon. Le nez est présenté comme le lien avec la vie et l'instinct de survie, ce que l'on retrouve dans les statuettes traditionnelles de singes qui ferment les yeux, les oreilles et la bouche, mais jamais le nez. La peau est quant à elle décrite comme une porte d'accès à l'intime, selon la formule de Paul Valéry : « la peau est ce qui est de plus profond en nous ». C'est ainsi qu'elle a commencé son chemin avec les huiles essentielles, en apprenant la réflexologie plantaire sud-africaine il y a quarante ans, puis en intégrant les huiles essentielles aux soins pour prolonger le travail énergétique après la séance. Elle a ensuite rencontré Dominique Baudoux, figure de l'aromathérapie scientifique française, il y a trente ans, ce qui a ouvert un nouveau monde à sa pratique.

Fondements scientifiques : Gatfossé, Valnet et l'aromathérapie française

l'aromathérapie, c'est un néologisme français.
  • Elsk Miles distingue l'aromathérapie anglaise, fondée sur la fragrance et les dilutions très fortes, de l'aromathérapie française, qui est scientifique et médicinale. Elle rappelle que les aromathérapeutes en France sont classiquement des médecins. L'origine de l'aromathérapie française est liée à un accident survenu en 1910 dans le laboratoire du parfumeur chimiste René-Maurice Gatfossé. Atteint de gangrène gazeuse, sans antibiotiques disponibles, il a eu l'intuition d'appliquer de l'huile essentielle de lavande vraie pure, sans huile porteuse. Il fut entièrement soigné, sans cicatrices, et le terme « aromathérapie » lui-même est un néologisme français créé par Gatfossé pour décrire l'action médicinale des huiles essentielles dans les infections et les accidents graves.
  • Elle évoque aussi le docteur Jean Valnet, qui soignait avec les huiles essentielles pendant la guerre d'Indochine et constatait déjà la nécessité d'augmenter les doses d'antibiotiques chez les soldats. Il mettait en garde, dès la fin des années 1950, contre l'utilisation trop systématique des antibiothérapies et le risque de résistance bactérienne. Ces éléments montrent que l'aromathérapie française se fonde sur une démarche scientifique, appuyée par de nombreuses études, et non sur une simple pratique issue de la tradition.

Des concentrés biochimiques puissants et non anodins

certaines huiles essentielles vont avoir des propriétés agressives pour la peau, toxique pour le foie, toxique pour le système nerveux.
  • Les huiles essentielles sont présentées comme la forme la plus dense et la plus riche en principes actifs d'une plante aromatique. Pour faire comprendre la différence de concentration, Elsk Miles utilise une image frappante : la différence entre une tisane de thym et une huile essentielle de thym est celle qui existe entre une purée de pommes de terre et la vodka. Les huiles essentielles ont également une durée de vie particulièrement longue. Elles sont parfois vendues comme compléments alimentaires, mais la voie orale n'est pas indiquée en première intention pour le grand public. C'est même la voie qui présente les plus grands risques d'utilisation, car on pense souvent à tort qu'ingérer un concentré de principes actifs donnera un meilleur résultat.
  • Une huile essentielle contient en moyenne une cinquantaine de molécules différentes, certaines pouvant en contenir jusqu'à 230, comme la sauge sclarée, le laurier noble ou la lavande vraie. Cette complexité biochimique les rend impossibles à imiter. En revanche, certaines huiles sont agressives pour la peau, toxiques pour le foie ou pour le système nerveux. Il est donc essentiel de bien connaître chaque huile avant de l'utiliser, car la probabilité de faire des erreurs est immense. C'est tout l'objet de la formation en ligne « Maîtriser le pouvoir des huiles essentielles ».

Applications cutanées et découverte de la résistivité électrique

l'huile essentielle de lavande vraie a une résistivité de 2100 ohms.
  • Une application cutanée sans huile végétale, appelée friction, n'est possible qu'avec des huiles essentielles non agressives pour la peau, comme le Ravensare, le thym à linalol ou la lavande vraie. Par exemple, pendant la saison hivernale, on peut appliquer deux gouttes d'huile essentielle de Ravensare sur chaque avant-bras, soit quatre gouttes au total, une à deux fois par jour. Ces gouttes pénètrent directement dans le sang et sont distribuées à tout l'organisme. Chez les enfants à partir de cinq ans, on peut réduire le dosage à deux gouttes et appliquer sur la plante des pieds si l'odeur n'est pas appréciée.
  • L'aromathérapie française a mis en évidence la résistivité électrique des huiles essentielles, grâce aux travaux de Louis-Claude Vincent repris par le docteur Valnet. Le sang d'une personne en bonne santé présente une résistivité d'environ 210 ohms, tandis que la lavande vraie atteint 2100 ohms. Appliquer quatre gouttes de lavande vraie sur l'avant-bras augmente donc la résistivité électrique du sang, ce qui renforce les défenses immunitaires et la résistance aux agressions virales et bactériennes. C'est pour cela que Gatfossé parlait des huiles essentielles comme d'« hormones végétales ».

Le rôle des huiles végétales et l'exemple des mycoses

Ça sert strictement à rien d'appliquer de l'huile essentielle pure.
  • Ajouter une huile végétale n'amoindrit pas l'effet de l'huile essentielle : tout dépend de l'objectif recherché. Si une huile essentielle appliquée pure pénètre dans le sang et agit sur l'ensemble de l'organisme, une problématique très localisée à la surface de la peau, comme une mycose, nécessite une dilution dans une huile végétale dense. Elsk Miles donne l'exemple du tea tree (Melaleuca alternifolia), souvent utilisé pur contre les mycoses des pieds sans succès, car il ne fait qu'effrayer quelques champignons sans rendre le terrain invivable. La solution consiste à diluer dix gouttes de tea tree dans une cuillère à café d'huile de ricin, très visqueuse, et à masser les pieds matin et soir. En dix jours, la mycose disparaît.
  • Elle rappelle aussi le livre de référence du docteur Jean Valnet, « L'aromathérapie, traitement des maladies par les essences de plantes », toujours réédité. Elle mentionne également son propre ouvrage « Maîtriser la puissance des huiles essentielles », offert lors de l'inscription à sa formation, qui détaille fiche après fiche les problèmes digestifs, articulaires, rhumatismaux, cutanés, le mal de dos et même des pathologies lourdes comme les troubles cognitifs.

La saisonnalité : une détox douce d'automne plutôt qu'une purge

soutenir plutôt que purger.
  • Elsk Miles explique que l'automne correspond à une dynamique énergétique de rétraction, de dessèchement et de descente vers l'intérieur, visible dans la nature lorsque les feuilles tombent. Il serait donc contre-productif de provoquer une expulsion violente de l'organisme ; cela relève du printemps, où la sève monte. À l'automne, il s'agit plutôt d'accompagner l'organisme dans une épuration douce, car les toxines accumulées durant l'année se densifient en hiver. Cette épuration est essentielle pour ne pas transporter de charges toxiques dans la phase de repli hivernal.
  • Pour cela, on peut utiliser les produits de saison. Les raisins se prêtent à une cure de trois jours, les pommes à une monodiète. En aromathérapie, les agrumes, fruits de saison, apportent le soleil de l'été. La cure proposée consiste à prendre deux gouttes d'huile essentielle de citron dans une petite cuillère à café d'huile d'olive, trois fois par jour, pendant dix jours maximum. On peut aussi faire une semaine de prise, une semaine d'arrêt, puis une semaine de prise. Cette approche soutient le foie et l'organisme dans la gestion des toxines, sans purger.

Bain détox automnal : synergie, sels et lait

les huiles essentielles ne sont pas miscibles à l'eau.
  • Le bain détox est une autre approche agréable en automne. On peut y ajouter une grosse poignée ou une tasse de sel d'Epsom, qui tire les toxines par osmose et détend profondément les muscles et les tissus conjonctifs. Les huiles essentielles de saison, comme le cyprès, le pin sylvestre, l'épinette noire ou le sapin baumier, accompagnent ce travail en étant excellentes pour les sphères respiratoires. Le dosage maximal est de vingt gouttes d'huile essentielle bien tolérée par la peau pour un adulte, en excluant les femmes enceintes par prudence.
  • Une synergie tonique pour le bain est donnée : dix gouttes de sapin baumier, cinq gouttes de lavande aspic et cinq gouttes de laurier noble. Comme les huiles essentielles ne se mélangent pas à l'eau, il est conseillé de les diluer d'abord dans environ 20 ml de lait entier, de crème, de lait d'amande ou de coco, puis de mélanger ce lait au sel avant de le verser dans le bain. Il est aussi important d'ajouter du sel, sinon le bain peut vider l'organisme de ses minéraux et provoquer de la fatigue. Le bain doit détendre tout en laissant en forme.

Pathologies lourdes, olfaction et cognition

Les huiles essentielles, c'est du sérieux, du très sérieux.
  • Gabriel de Mortemar souligne que les huiles essentielles ne doivent pas être réduites à une mode ou à une fantaisie. Au CHU de Nice, le centre mémoire de ressources et de recherche mesure l'impact des huiles essentielles sur le comportement, la motricité et la fonction cognitive de patients atteints de troubles cognitifs. Un protocole mené au Japon auprès de patients atteints de la maladie d'Alzheimer a montré un impact positif sur leur fonction cognitive. En Angleterre, l'université de Northumbria a montré que l'huile essentielle de romarin à 18 cinéole, un chémotype précis, favorise grandement les fonctions cognitives.
  • Elsk Miles relie ces résultats à l'olfaction et à la signature des plantes. La gaulthérie, issue du bouleau jaune, est un très grand anti-inflammatoire et a donné la molécule naturelle qui a inspiré l'aspirine. Le romarin, dont le nom évoque la rosée de mer ou l'écume des vagues, est associé à Neptune et à l'hippocampe. Or l'hippocampe est une structure du cerveau limbique responsable de la mémorisation olfactive. Par cette symbolique, le romarin fait remonter la mémoire des profondeurs de l'oubli et tonifie la capacité cognitive. Cette approche unit la lecture des signes anciens et la validation scientifique moderne.

La phytoénergétique : huiles essentielles et méridiens

on va associer l'énergétique à l'aromathérapie occidentale.
  • Elsk Miles présente la phytoénergétique, développée avec Michel Odoul, auteur reconnu pour sa lecture énergétique de la médecine chinoise. Le livre a été publié en 2005 et l'approche a été validée en consultation puis enseignée à de nombreux praticiens en shiatsu et en réflexologie. Elle relie l'aromathérapie occidentale, née de la distillation des plantes à parfum, et la médecine énergétique chinoise. Michel Odoul apporte sa capacité de synthèse et de traduction concrète des concepts énergétiques, par exemple en reliant les troubles stomacaux à une rumination mentale excessive.
  • La phytoénergétique s'appuie sur la mesure des charges électriques des huiles essentielles et des points d'acupuncture. Une huile essentielle diluée à 10 % dans une huile végétale porteuse est appliquée sur les extrémités, le long du trajet d'un méridien, pour influencer l'équilibre de l'ensemble du méridien. Les points d'acupuncture sont identifiables par leur charge électrique, comme le montre l'électroacupuncture ou l'auriculothérapie. En mettant en résonance la forte résistivité de l'huile essentielle avec la faible résistivité du point, on permet à l'huile de suivre le trajet du méridien. La dilution évite que l'huile ne passe dans le sang et réduit les risques de toxicité, tout en agissant sur l'équilibre énergétique.

Conclusion : hommage aux pionniers et renversement de paradigme

Vouloir s'attaquer aux maladies avec des essences aromatiques... aussi ridicule que de partir en guerre avec une arquebuse.
  • Pour conclure, Gabriel de Mortemar lit une citation de médecins des années 1960 qui jugeaient l'aromathérapie totalement dépassée et comparaient son usage à partir en guerre avec une arquebuse. Il observe que c'est rigoureusement l'inverse qui se produit aujourd'hui. Alors que la médecine chimique montre ses limites dans la lutte contre le cancer, les maladies cognitives, la douleur chronique ou la dépression, l'arquebuse de l'aromathérapie révèle une puissance et une efficacité que les scientifiques reconnaissent de plus en plus. Malgré un chemin long, il rend hommage aux pionniers Jean Valnet, Gatfossé, Casin, Meuris, Le Maire, Binet, qui ont contribué à la connaissance du traitement par les essences de plantes.
  • L'émission se termine par des remerciements chaleureux à Elsk Miles pour sa passion et ses informations. Les liens vers la formation « Maîtriser le pouvoir des huiles essentielles » et vers la phytoénergétique développée avec Michel Odoul sont rappelés. L'invitation est lancée aux auditeurs qui n'ont pas encore franchi le pas d'essayer les huiles essentielles et de se lancer dans cette aventure, tout en partageant leurs expériences, positives ou négatives, avec ces merveilles aromatiques.

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