Lukács, G.: Historia y Conciencia de Clase. Estudios de Dialéctica Marxista, Buenos Aires, 2009
SERIE 2 CLÁSICOS Estudios de dialéctica marxista (partie 1)
Histoire et conscience de classe de Georg Lukács : genèse, controverses et méthode dialectique
Le « cas » Lukács : entre hagiographie et critique
El 'caso' Lukács es, probablemente, uno de los más controvertidos de la 'cultura' marxista. En efecto: el cosmos organizado en torno a la figura y la saga de Carlos Marx se divide prolijamente entre los defensores y los detractores del filósofo húngaro.
- L'introduction d'Eduardo Sartelli présente Lukács comme une figure profondément clivante dans le marxisme. Pour certains, il incarne un des rares intellectuels communistes ayant préservé son prestige sans servilité pro-occidentale ; pour d'autres, ses génuflexions devant le régime stalinien, son hostilité au trotskisme et son silence face aux purges entachent irrémédiablement sa réputation. Cette double détermination — expression d'un marxisme rénové d'un côté, subordination tragique à un régime exécrable de l'autre — structure l'ensemble des débats autour de son œuvre. L'auteur souligne que la pierre de touche de la discussion est sa relation à la bureaucratie soviétique, une question qui occulte souvent l'analyse sérieuse de ses écrits philosophiques.
Itinéraire intellectuel : du romantisme anticapitaliste au communisme
La evolución de Lukács muestra la capacidad de atracción del proletariado revolucionario puesto que era ya un intelectual reconocido cuando se incorpora al marxismo.
- Né à Budapest en 1885 dans une famille bourgeoise, György Lukács se forme auprès de Dilthey, Simmel et Max Weber. Sa première orientation est un « romantisme anticapitaliste » marqué par le théâtre à forte empreinte sociale. Il publie L'Âme et les formes puis La Théorie du roman, œuvres encore idéalistes. Sa lecture précoce de Marx, vers 1908, reste avant tout académique ; ce n'est qu'à partir de la Première Guerre mondiale, sous l'influence de Hegel, de Sorel, de Szabó et de Rosa Luxemburg, que commence une véritable réflexion politique. La Révolution russe de 1917 constitue le tournant décisif : Lukács adhère au Parti communiste hongrois en 1918 et devient commissaire du peuple à l'Instruction sous la République des conseils en 1919.
- L'engagement politique de Lukács s'accompagne d'une intense activité théorique. Pendant la République des conseils puis l'exil viennois, il participe à la revue Kommunismus, organe des courants ultra-gauches de la IIIe Internationale. Ce contexte marque la rédaction des essais qui composeront Histoire et conscience de classe (1923). L'introduction retrace également sa trajectoire ultérieure : les Thèses de Blum (1928-1929), l'autocritique, le ralliement au stalinisme, l'exil à Moscou, le retour en Hongrie en 1945, la participation au gouvernement Nagy en 1956, puis la longue période de consécration internationale jusqu'à sa mort en 1971. Cette biographie montre une alternance constante entre audace théorique et compromissions politiques.
Lukács, la Révolution russe et le stalinisme
Lukács no es un stalinista en el sentido de la fidelidad estricta a una política, un sistema y una persona... pero no ha podido superar su horizonte general.
- Sartelli analyse la relation Lukács-Staline non pas comme une simple manœuvre, mais comme l'acceptation des conséquences logiques d'un pari historique : le socialisme en un seul pays. Il cite Deutscher pour montrer que la lassitude de l'attente révolutionnaire a rendu séduisante cette promesse de stabilité. Lukács, conscient des dangers (comme en témoigne son article de 1919 « La morale dans la production communiste »), choisit néanmoins d'appuyer cette orientation. L'auteur distingue ce stalinisme critique de celui de la bureaucratie : Lukács croit en la réforme du système, non en sa destruction, à la différence de Trotsky qui voit dans le stalinisme un Termidor soviétique.
- L'introduction examine les positions opposées de Tertulian (hagiographique) et de Lichtheim (critique). Tertulian présente Lukács comme le plus conséquent des anti-staliniens, combattant de l'intérieur le mal à sa racine. Lichtheim, au contraire, réduit sa philosophie à des contorsions politiques et le qualifie de « Dilthey de Marx » plutôt que de « Marx de l'esthétique ». Sartelli rejette ces deux extrêmes : ni déni du stalinisme, ni réduction de l'œuvre à la politique. Il propose une lecture dialectique où le philosophe mûrit vers le matérialisme tandis que le politique reste prisonnier de l'horizon stalinien, un « avancement inégal de la philosophie et de la politique ».
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