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RADIO FREQUENCIES AND MICROWAVES..pdf

Chaîne : Source externe

Pages 1-179 (partie 1)

Effets biologiques des champs électromagnétiques, électriques et magnétiques

chapter: "1"

title: "Caractéristiques des champs électromagnétiques dans la biosphère"

quote: "A common characteristic of EMF in all ranges -- from geomagnetic and geoelectric fields of the Earth to solar radio emission -- is the periodicity of their intensity changes: daily, monthly and seasonal."

details:

  • Les champs électromagnétiques (CEM) naturels et artificiels dans la biosphère présentent des variations d'intensité périodiques (quotidiennes, mensuelles, saisonnières) et des changements spontanés liés à l'activité solaire. L'intensité minimale moyenne des CEM dans l'environnement des organismes est d'environ 10⁻⁵ V/m. Les variations géographiques sont significatives : le champ électrique est maximal aux latitudes moyennes et diminue vers les pôles, tandis que la composante horizontale du champ magnétique diminue mais la composante verticale augmente des latitudes équatoriales vers les polaires. Les orages magnétiques et les aurores polaires représentent des manifestations extrêmes de ces variations.
  • Les CEM artificiels, générés par les stations de radio et de télévision, créent un "fond radio" dont l'intensité moyenne est 10 à 100 fois supérieure au niveau naturel des atmosphériques correspondants. Près des émetteurs, l'intensité peut atteindre des dizaines de V/m. Les normes soviétiques ont établi des intensités maximales admissibles pour différentes gammes de fréquences : 20 V/m et 5 A/m pour les ondes moyennes, courtes et ultracourtes, et 10 μW/cm² pour les micro-ondes. Ces standards visent à protéger les travailleurs exposés professionnellement à ces champs.

chapter: "2"

title: "Mécanismes d'action informationnelle des CEM sur les organismes"

quote: "The extreme sensitivity of biological objects to EMF cannot be explained by the energy interaction between very low quanta and molecules of biological substances, but is due to the existence of biosystems which are able to receive information carried by very low-intensity EMF."

details:

  • La sensibilité biologique aux CEM de faible intensité s'explique par la capacité des biosystèmes à accumuler l'information spatiale et temporelle, permettant la réception de signaux dont l'énergie est inférieure au bruit thermique (kT). Cette réception s'effectue grâce à des systèmes de régulation hiérarchiques : les systèmes centraux "lents" sont adaptés aux CEM naturels périodiques (étroite bande passante), tandis que les systèmes périphériques "rapides" réagissent à tout CEM externe (large bande passante). Les CEM externes peuvent interférer avec les relations électromagnétiques informationnelles au sein de l'organisme, perturbant ainsi la régulation biologique.
  • Les processus biologiques se déroulent selon un régime fluctuant, avec une synchronisation des fluctuations par des influences internes et externes. Les fluctuations de conformation des éléments biologiques sont quasi-iséoénergétiques et toujours liées à des phénomènes électromagnétiques (orientation des moments dipolaires, distribution des charges de surface). Des données expérimentales récentes ont mis en évidence l'existence de moments dipolaires constants extrêmement importants dans les molécules protéiques, les virus et les cellules, ainsi que la capacité des cellules à s'aimanter et la formation de CEM basse fréquence autour d'objets biologiques.

chapter: "3"

title: "Risques pour la fonction régulatrice en vol spatial"

quote: "There is a basis for assuming that the absence of biosphere EMF in space should somehow affect the biological rhythms of organisms, and affect their ability to orient themselves in space and time."

details:

  • L'absence des CEM terrestres dans l'espace pourrait perturber les rythmes biologiques et la capacité d'orientation des organismes. Des études préliminaires montrent que la compensation significative des CEM naturels entraîne des troubles des rythmes d'échange et de reproduction chez les plantes et les animaux, ainsi que des perturbations des fonctions mentales chez l'homme. La question cruciale est de déterminer la durée pendant laquelle l'organisme humain peut fonctionner normalement en l'absence de ces champs et si une adaptation par conditionnement ou des facteurs prophylactiques est possible.
  • La simulation des CEM biosphériques dans les vaisseaux spatiaux pourrait s'avérer nécessaire au fonctionnement normal des organismes, particulièrement pour les plantes comme la chlorelle. Par ailleurs, l'exposition prolongée aux CEM artificiels générés par les instruments du vaisseau nécessite des mesures de protection (blindage, combinaisons spéciales), mais les critères d'évaluation doivent être plus stricts en conditions spatiales en raison de la combinaison avec d'autres facteurs de stress. Les CEM d'origine spatiale, s'ils ne diffèrent pas significativement du "fond radio" terrestre, ne devraient pas avoir d'effet majeur.

chapter: "4"

title: "Données clinico-physiologiques et hygiène du travail"

quote: "This extremely important fact of a cumulative biological effect is expressed in the constantly increasing damage to the nervous system, especially in its vegetative sections, as well as in cardio-vascular, neurohumoral changes."

details:

  • L'exposition chronique aux CEM de radiofréquences produit un effet biologique cumulatif se manifestant principalement par des lésions du système nerveux (notamment végétatif), des troubles cardio-vasculaires et neurohumoraux. Les études cliniques révèlent une baisse de la pression artérielle, un ralentissement du rythme cardiaque et une conduction intraventriculaire ralentie, particulièrement prononcés sous l'effet des hyperfréquences (SHF). Avec une exposition prolongée, on observe une dystonie vasculaire végétative persistante pouvant évoluer vers une insuffisance diencéphalique avec crises vasculaires paroxystiques.
  • Le "mal des ondes radio" est reconnu comme une entité nosologique indépendante, évoluant en trois stades : syndrome végétatif (vagotonie) et asthénique initial ; syndrome asthéno-végétatif avec symptômes neurotiques ; syndrome angiodistonique et diencéphalique avec paroxysmes. Les examens électroencéphalographiques montrent une activité paroxystique bilatéralement synchronisée (ondes thêta et delta) indiquant l'implication des structures sous-corticales, particulièrement diencéphaliques. Des perturbations immunobiologiques (diminution de la formation d'anticorps, fonctions phagocytaires altérées) et des effets sur le système reproducteur ont également été documentés.

chapter: "5"

title: "Études expérimentales sur les effets biologiques"

quote: "As the radiation intensities of waves of various ranges are expressed by different units [...] the data from these studies are given in units of energy density (erg/cm³)."

details:

  • Les études expérimentales sur animaux ont établi des seuils d'effets thermiques et non thermiques pour différentes gammes d'ondes radio. La densité d'énergie causant la mort de 50% des animaux varie selon la longueur d'onde : 2830×10⁻⁶ erg/cm³ pour les ondes moyennes (pas de mortalité), 1100×10⁻⁶ erg/cm³ pour les ondes courtes et ultracourtes (100-120 minutes), et 33×10⁻⁶ erg/cm³ pour les micro-ondes (15-180 minutes). Les ondes centimétriques (10 cm) produisent les effets létaux les plus rapides. Les intensités ne provoquant pas d'augmentation de température corporelle diminuent généralement avec la réduction de la longueur d'onde.
  • L'exposition chronique à des intensités non thermogènes provoque un retard de croissance pondérale particulièrement marqué pour les ondes centimétriques, ainsi qu'une diminution soutenue de la pression artérielle après une phase transitoire d'élévation pour certaines gammes. L'activité réflexe conditionnée montre des modifications phaseuses : augmentation initiale de l'excitabilité du SNC suivie d'une dépression, avec alternance de périodes de normalisation. Les CEM constituent des stimuli conditionnels moins efficaces que les stimuli adéquats traditionnels.

chapter: "6"

title: "Effets physiologiques et morphologiques des micro-ondes"

quote: "The development of changes in the CNS of warm-blooded animals and man under the effect of extremely low-intensity microwaves (including such slight test values as 20 μW/cm²) is not doubted by any of the electro-physiologists studying this question."

details:

  • Les études électrophysiologiques distinguent les effets thermiques (parabiose classique, synchronisation EEG) et non thermiques des micro-ondes. Aux faibles intensités (dès 20 μW/cm²), on observe une hyperpolarisation des membranes, une augmentation du seuil d'excitation des fibres nerveuses, un allongement des périodes latente et réfractaire, et une dépression de l'activité pulsatile spontanée des neurones. Les modifications EEG incluent synchronisation, hypersynchronisation, désynchronisation et apparition d'activité paroxystique de type "strychnique", particulièrement après section mésencéphalique.
  • Les modifications morphologiques révèlent des lésions spécifiques selon la gamme d'ondes : les ondes millimétriques affectent principalement les récepteurs cutanés (mécanisme neuro-réflexe) ; les ondes décimétriques lèsent préférentiellement les intérocepteurs des organes internes (effet direct) ; les ondes centimétriques combinent les deux types de lésions. On observe une diminution des ribonucléoprotéides dans les cellules, des modifications dystrophiques des neurones hypothalamiques, une altération de la spermatogenèse et des réactions prolifératives du système réticulo-endothélial. L'hypothalamus apparaît comme une structure clé dans la pathogenèse des effets des rayonnements.

chapter: "7"

title: "Effets des champs électriques sur les organismes"

quote: "It must be admitted that in the last seven years the situation in this field has not changed much, and the existing progress is more quantitative (the number of works describing the biological effect of EF has increased) than qualitative."

details:

  • L'effet biologique des champs électriques (CE) statiques et basse fréquence (50 Hz) est documenté depuis longtemps mais reste mal expliqué. En physiothérapie (franklinisation), l'action des CE est souvent attribuée aux ions d'air bien que des expériences sur préparations neuro-musculaires de grenouille aient clairement démontré l'effet spécifique du champ. La fréquence optimale pour la contraction musculaire est de 50 Hz, avec une diminution de l'effet à 5 Hz et 250 Hz. Un champ de 120 V/m sans action motrice directe modifie néanmoins la conduction nerveuse et la chronaxie.
  • Au niveau de l'organisme entier, l'exposition de souris à un CE pulsé intense (90 kV) provoque des modifications morphologiques généralisées, notamment une hyperplasie du tissu réticulaire (rate, foie, poumons, intestin, peau). Bien que la théorie des échanges pulmonaires d'ions ait dominé en physiothérapie, il est établi que les ions d'air se déposent principalement dans les voies respiratoires supérieures, suggérant un mécanisme d'action basé sur l'excitation des récepteurs cutanés et respiratoires, avec transmission afférente le long des nerfs sympathiques affectant les fonctions végétatives.

chapter: "8"

title: "Effets des champs magnétiques sur les organismes"

quote: "Cette section examine les effets biologiques des champs magnétiques permanents et variables sur les plantes, les animaux et l'homme, bien que le contenu détaillé ne soit pas entièrement fourni dans l'extrait."

details:

  • Les champs magnétiques (CM) permanents et variables exercent des influences biologiques significatives démontrées par de nombreuses études soviétiques. Les CM affectent les processus cellulaires fondamentaux, notamment l'orientation et le mouvement des organismes, les fonctions du système nerveux central, et divers processus physiologiques. Les mécanismes proposés incluent des effets sur les moments magnétiques des biomolécules, l'induction de courants électriques, et des modifications des propriétés des membranes cellulaires et de l'activité enzymatique.
  • Les études sur les plantes montrent que les CM permanents influencent la croissance, le développement et les processus biochimiques, avec des effets variant selon l'intensité du champ, l'espèce végétale et le stade de développement. Chez les animaux et l'homme, l'exposition aux CM peut modifier l'activité électrique cérébrale, les paramètres cardiovasculaires, et les fonctions endocriniennes. Des applications thérapeutiques potentielles sont explorées, mais les risques liés à l'exposition professionnelle ou environnementale nécessitent une évaluation approfondie et l'établissement de normes de sécurité.

Pages 1-179 (partie 2)

Effets biologiques des champs électriques et magnétiques

Effets biologiques des champs électriques basse fréquence

Le système nerveux est l'un des premiers à réagir au champ électrique, indépendamment de la manière dont il est inclus dans la réaction.
  • Les champs électriques (EF) de fréquence industrielle (50-60 Hz) provoquent des réactions physiologiques complexes chez les animaux de laboratoire. Lorsque des cobayes sont exposés à un EF d'intensité ≤ 2 kV/cm, on observe d'abord une forte anxiété motrice et des tentatives d'évitement de la zone de plus forte intensité. Après trois heures d'exposition, les animaux deviennent calmes mais présentent des contractions convulsives occasionnelles et des perturbations respiratoires, bien qu'aucun changement ne soit détecté dans l'électrocardiogramme ou l'hémogramme. Ces réactions suggèrent un effet principalement réflexe, bien que des études ultérieures indiquent que l'EF peut également affecter directement le système nerveux central.
  • Les EF présentent des effets désensibilisants et stimulants sur divers processus biologiques. Dans plusieurs cas, l'exposition à l'EF a réduit le choc anaphylactique et diminué la mortalité chez les animaux, avec une efficacité similaire pour des fréquences variant de 20 Hz à 20 kHz. Chez les souris, des EF de 1 kV/cm ont provoqué des réponses motrices synchronisées et des réactions cumulatives et compensatrices. De plus, une accélération de la mitose dans les cellules de la cornée et une intensification des processus de régénération chez les hydres ont été observées, confirmant l'effet biologique général des EF.
  • La thérapie par impulsions basse fréquence (LFP-thérapie) représente une application thérapeutique prometteuse des EF. Développée par A. I. Konko pour traiter l'asthme bronchique, cette méthode utilise des impulsions de 25-40 Hz d'une durée de 6 ms. Des études cliniques ont montré un effet antispastique chez les patients pneumosclérotiques, avec réduction des spasmes bronchiques, de la dyspnée, de la toux et des crises d'asthme. Des expériences sur des lapins ont confirmé l'effet de l'EF pulsé sur la pression artérielle, la respiration et l'activité électrique cérébrale, ouvrant des perspectives pour son utilisation en physiothérapie.

Évaluation hygiénique des champs électriques statiques et industriels

L'existence de l'action biologique des champs électriques statiques ne peut être considérée comme prouvée.
  • Les champs électriques statiques (SEF) générés dans les industries textiles, papetières et du bois par friction de matériaux diélectriques, ainsi que par les lignes à courant continu haute tension, font l'objet d'évaluations hygiéniques. Des études expérimentales sur des animaux ont rapporté des effets biologiques faibles mais notables : chez le lapin, une exposition de 15 minutes à un SEF de 82 V/m a modifié la respiration dans 45% des cas. Chez le chat, une action de 10 minutes à 100 V/m a réduit l'activité pulsatile des neurones inspirateurs du nerf vague, suggérant une action sur les récepteurs et les centres nerveux.
  • Les résultats des recherches sur les SEF sont contradictoires et leur effet biologique reste discuté. Certaines études n'ont détecté aucun effet : des lapins exposés pendant six heures à un SEF de 15 kV n'ont montré aucun changement dans les leucocytes, érythrocytes, hémoglobine, électrolytes sériques, enzymes respiratoires ou paramètres histologiques. De même, des rats exposés à des SEF de 2000 V/m pendant un mois et demi n'ont présenté aucune altération. Ces résultats contrastés soulignent la difficulté à établir un consensus sur l'effet biologique des SEF.
  • Les champs électriques variables de fréquence industrielle présentent un risque hygiénique plus clair. Des examens de travailleurs sur lignes électriques (35-220 kV) ont révélé des troubles subjectifs (excitation, léthargie, frissons, douleurs cutanées) et objectifs. Après 15-20 sessions d'exposition, on observe une réduction de 25-30% de la capacité de travail, des perturbations des réflexes vasculaires et, chez l'animal, une perte de poids, une régulation thermique ralentie et une diminution de la résistance aux infections. Ces effets sont attribués à des troubles du système nerveux végétatif et central.

Valeur écologique des champs électriques naturels et de faible intensité

L'effet sur l'organisme des changements des champs électriques naturels causés par des facteurs terrestres ou spatiaux peut indiquer la valeur écologique de ce facteur physique.
  • Des études épidémiologiques corrèlent les variations naturelles du champ électrique atmosphérique avec l'état de santé. L'enregistrement continu des EF pulsés atmosphériques sur plusieurs années a montré une relation directe entre l'intensité de l'EF et le nombre de plaintes de patients hypertendus ou tuberculeux. Des expériences sur des lapins sains et hypertendus entre 1959 et 1965 ont confirmé que l'augmentation de l'activité électrique atmosphérique s'accompagne d'une baisse de la pression artérielle, plus marquée chez les animaux hypertendus, suggérant une influence écologique des EF naturels.
  • Les champs électriques de très basse fréquence (2-8 Hz) et de faible intensité (0.5-1.0 V/m) mimant certaines composantes naturelles ont des effets biologiques significatifs. Des lapins exposés à ces EF pendant trois heures sur plusieurs sessions ont montré une diminution progressive de la fréquence cardiaque (jusqu'à 60 battements/min après la 10e session), une baisse de voltage des ondes ECG, et des extrasystoles ventriculaires. L'EEG a révélé une désynchronisation prolongée et une augmentation de l'amplitude des biopotentiels. Ces modifications persistent plus longtemps dans le système sanguin que dans le SNC.
  • La sensibilité biologique aux EF est optimale pour des paramètres spécifiques. Des recherches utilisant l'EF comme stimulus conditionné chez le rat ont montré que le réflexe d'évitement se développe préférentiellement avec des impulsions exponentielles de 300/sec et une intensité de 0.5-0.8 V/m. Étonnamment, augmenter l'intensité d'un ou deux ordres de grandeur fait disparaître l'effet, tout comme modifier la fréquence (50 ou 500 imp/sec). La forme de l'impulsion est également cruciale, les impulsions carrées étant inefficaces, ce qui indique une sélectivité fine des paramètres de l'EF pour son action biologique.

Effets biologiques des champs magnétiques artificiels sur les animaux

Les données du tableau montrent que même les animaux unicellulaires les plus simples sont capables de réagir à des champs magnétiques artificiels externes.
  • Les champs magnétiques (MF) artificiels, d'intensités variant de quelques dizaines à 140 000 Oe, affectent un large spectre d'animaux, des protozoaires aux mammifères. Le tableau 1 synthétise ces effets : les paramécies modifient leur orientation, leur comportement et leur métabolisme ; les vers plats (planaires) présentent des réactions comportementales claires ; les insectes et crustacés montrent des changements d'activité bioélectrique neuronale (généralement une inhibition) ; et les vertébrés (poissons, amphibiens, oiseaux, mammifères) présentent des altérations du comportement, de l'activité motrice, de l'EEG et du développement. Cette universalité de la réaction suggère que les effets magnétobiologiques primaires se produisent au niveau cellulaire.
  • Le système nerveux est une cible privilégiée des MF. Les études électrophysiologiques révèlent des modifications de l'EEG (augmentation des ondes lentes et des fuseaux) chez les reptiles, oiseaux, lapins, singes et humains. Au niveau cellulaire, les MF ralentissent la fréquence d'activité pulsatile des neurones dans diverses régions du cerveau, de la chaîne nerveuse abdominale de l'écrevisse et du ganglion sous-glottal du cafard. L'isolement de structures cérébrales montre que le MF affecte le cerveau directement, indépendamment des organes des sens, l'hypothalamus étant la région la plus réactive.
  • Les réactions aux MF présentent un caractère non spécifique et dépendent de facteurs biologiques intrinsèques. La sensibilité magnétique varie avec le niveau d'organisation évolutive (les réactions conditionnées au MF sont plus faciles à établir chez les poissons que chez les mammifères), l'âge (les embryons et jeunes organismes sont plus sensibles), la saison (effets plus marqués en automne/hiver chez l'écrevisse), et l'état fonctionnel initial. L'injection d'adrénaline ou une charge fonctionnelle sur un organe augmentent la réactivité au MF, dont le seuil d'effet est souvent détecté autour de 50-100 Oe.

Effets des champs magnétiques sur l'organisme humain : hygiène et thérapie

Aujourd'hui, donc, le champ magnétique est considéré comme un facteur défavorable dans l'environnement industriel.
  • L'exposition professionnelle prolongée aux MF dans l'industrie (mains dans des champs de 350-3500 Oe, tête dans 150-250 Oe) provoque des troubles neurologiques et cardiovasculaires. Les travailleurs se plaignent de céphalées, fatigue, vertiges, insomnie, et sensations de brûlure/prurit aux mains. Objectivement, on observe une prédominance des processus inhibiteurs à l'EEG, des troubles oculovestibulaires, une bradycardie (5-43% des cas), une hypotension artérielle (baisse de 10-18 mm Hg), et une stimulation du système réticulo-endothélial. Des lésions cutanées spécifiques (œdème, desquamation, perte des empreintes digitales) sont décrites comme une « polynevrite vaso-végétative » ou « maladie magnétique ».
  • La magnétothérapie, bien que souvent accueillie avec scepticisme, montre certains résultats prometteurs. Les médecins de Perm ont utilisé des champs magnétiques permanents (PMF) comme analgésiques et agents de résorption dans les douleurs post-amputation, les causalgies, les néphrites et les ulcères. Des bracelets magnétiques ont apporté un soulagement subjectif dans l'hypertension de stade 1 (disparition des symptômes, normalisation tensionnelle), mais peu d'effets objectifs, laissant suspecter une composante psychothérapeutique. Des études expérimentales sur des tumeurs induites chez le rat ont montré une inhibition de la croissance tumorale sous l'effet des MF.
  • Les MF ont une valeur diagnostique potentielle basée sur les modifications des composants sanguins. La vitesse de sédimentation des érythrocytes (VS) change sous l'effet des MF chez les patients tuberculeux, hypertendus ou avec des pathologies de la grossesse. La cytoluminescence des noyaux leucocytaires dans un PMF (~50 Oe) augmente dans les processus pathologiques sévères. La structure microscopique du sérum sanguin et l'activité d'enzymes (aldolase, phosphatase alcaline, fibrinase, diastase urinaire) se modifient également en présence d'un MF, offrant des indicateurs diagnostiques objectifs pour diverses maladies.

Sensibilité comparative des systèmes organiques aux champs magnétiques

Ainsi, les données physiologiques et morphologiques indiquent toutes deux la participation de tous les systèmes de l'organisme à ces réactions.
  • Tous les systèmes de l'organisme des vertébrés réagissent aux champs magnétiques artificiels. Le système nerveux et le système vasculaire sont parmi les plus réactifs, mais des altérations fonctionnelles et morphologiques sont documentées pour le système endocrinien (atrophie surrénale, hypersécrétion thyroïdienne, troubles gonadiques), le sang (modifications des fractions protéiques, des enzymes, de la numération leucocytaire et de la coagulabilité), le système respiratoire (dyspnée, emphysème, consommation d'oxygène réduite), le système digestif et excréteur (poids hépatique réduit, lésions épithéliales), le système tégumentaire (lésions cutanées) et les organes des sens (phospènes, lésions rétiniennes).
  • La sensibilité magnétique comparative des organes, évaluée par des méthodes quantitatives comme la capacité d'hydratation tissulaire, varie selon les études. Les travaux de V. A. Druzya sur des souris classent les organes par sensibilité décroissante : intestin grêle, cerveau, reins, muscles, rate, testicules, cœur, foie. D'autres études, morphologiques celles-ci, identifient les testicules comme les organes les plus endommagés (« choqués ») chez le cobaye, suivis des poumons, du foie, des reins et des structures oculaires. Le cerveau apparaît comme très sensible mais structurellement stable.
  • Les réactions des différents systèmes aux MF sont généralement non spécifiques, c'est-à-dire similaires à celles provoquées par d'autres agents stressants. Cette non-spécificité, observée aussi bien dans les réponses du SNC que dans les réactions immunologiques, rend difficile l'identification de la cause (le MF) par la seule observation des réactions précoces des organes. Les effets pathologiques des MF ne sont généralement pas catastrophiques, ce qui caractérise le MF comme un stimulus relativement faible mais capable d'induire des réactions paranécrotiques dans divers tissus.

Effets biologiques du champ géomagnétique et des champs magnétiques faibles

L'hypothèse d'un effet des fluctuations du GMF sur les objets biologiques a reçu une vérification expérimentale directe.
  • Les fluctuations du champ géomagnétique (GMF), mesurées par l'indice K (0.00004 - 0.005 Oe), sont corrélées avec des phénomènes biologiques et sanitaires. Des observations épidémiologiques à long terme (Leningrad, Sverdlovsk, Irkutsk) montrent une augmentation des maladies cardiovasculaires et de la mortalité lors des périodes de forte activité magnétique. Dans les anomalies magnétiques comme celle de Koursk (GMF 2-3 fois supérieur à la normale), les taux d'hypertension, néphrite, tumeurs malignes et rhumatismes sont significativement plus élevés (jusqu'à 160% pour les troubles neuro-psychiques) que dans les régions avoisinantes, suggérant un impact écologique du GMF.
  • L'orientation géomagnétique est un phénomène biologique largement répandu. Contrairement aux débats persistants sur l'orientation des oiseaux, des preuves solides existent pour d'autres animaux : les poissons se déplacent selon le méridien magnétique en l'absence d'autres stimuli, les insectes se posent préférentiellement selon un axe nord-sud ou est-ouest, et les vers et mollusques s'orientent par rapport au GMF en laboratoire. Ceci établit l'orientation magnétique comme un problème biologique général, et non comme une curiosité limitée aux oiseaux.
  • Des expériences en conditions contrôlées confirment la sensibilité biologique à des MF d'intensité comparable au GMF. Un cœur isolé de grenouille en hypoxie réagit à une augmentation de MF de seulement 0.006 Oe. Les planaires changent d'orientation plus rapidement dans un MF de 0.05 Oe que dans un champ de 4 Oe. L'activité motrice des oiseaux augmente dans un MF de 0.7 Oe. Ces résultats, combinés aux corrélations épidémiologiques, valident l'hypothèse héliobiologique selon laquelle les variations du GMF, influencées par l'activité solaire, agissent comme médiateurs entre les processus solaires et la biosphère.

Effets des champs magnétiques permanents sur les plantes

P. V. Savostin arrive à la conclusion que le champ magnétique terrestre est un facteur nécessaire de l'environnement externe pour les plantes supérieures.
  • Les plantes sont sensibles aux champs magnétiques permanents (PMF), qui affectent leur croissance, leur échange gazeux, l'absorption des minéraux et les mouvements du protoplasme. Les travaux fondateurs de P. V. Savostin dans les années 1920 ont montré que l'efficacité du champ dépend de son intensité, de sa configuration, de la durée d'exposition et de l'état physiologique de la plante (stade ontogénétique, rythme journalier). Savostin a conclu que le GMF est indispensable au développement normal des plantes supérieures, une absence prolongée de champ perturbant leur développement.
  • Le magnétotropisme, découvert et étudié par A. V. Krylov, G. A. Tarakanova et d'autres, se manifeste par des différences de germination et de croissance selon l'orientation des graines par rapport aux lignes de force. Les graines de blé et de maïs orientées vers le pôle sud magnétique germent souvent plus vite et développent un système racinaire plus important que celles orientées vers le nord. Cependant, ce phénomène dit de « tropisme polaire » est ambigu et dépend de l'espèce végétale et de l'intensité du champ, pouvant même s'inverser (tropisme vers le nord chez le haricot dans les travaux de Pum). D'autres formes de magnétotropisme (tropisme par rapport aux directions transversales et longitudinales) ont également été observées.
  • La croissance des plantes dans des PMF très faibles (« champs ultra-faibles ») produit des effets subtils mais significatifs. La germination de graines de seigle et de sarrasin dans des champs de 10⁻⁴ à 10⁻³ Oe (produits par des anneaux de Helmholtz ou des chambres en Permalloy) se déroule normalement, mais les radicelles embryonnaires présentent un diamètre plus important dû à un retard de différenciation tissulaire. Pour les plantes inférieures, des retards de reproduction cellulaire et une augmentation de la taille des cellules ont été observés chez Azotobacter et la levure après plusieurs semaines, mais pas chez la chlorella ou l'euglène. Ces résultats indiquent que la structure du champ magnétique local peut influencer la productivité végétale, une considération importante pour les systèmes de culture en spacecraft.

Pages 1-179 (partie 3)

Effets biologiques des champs électromagnétiques

chapter: "1"

title: "Effets des champs magnétiques permanents sur la croissance des plantes"

quote: "Il a été montré avec succès que dans les deux cas l'orientation des graines avec embryons le long du vecteur d'intensité [...] augmente les taux de croissance des graines en comparaison avec d'autres directions du champ."

details:

  • Les recherches de Tarakanova et al. (1965) démontrent que l'orientation des embryons de graines le long de la composante horizontale du champ magnétique terrestre améliore les taux de germination de 15 à 20%. Des études sur le seigle "Vyatka", l'avoine "Golozernyy" et les haricots "Kuzminskiye" dans des champs homogènes de 10 et 20 oersteds révèlent que cette orientation optimale stimule significativement la croissance. L'effet est observé aussi bien lorsque le champ appliqué est aligné avec le champ géomagnétique que lorsqu'il lui est opposé, indiquant l'importance cruciale de la direction plutôt que de la polarité.
  • L'exposition prolongée à des champs intenses (20 oersteds, soit 40 fois le champ terrestre) produit des effets complexes sur les systèmes racinaires. Après 30 jours, les haricots montrent une augmentation progressive de la longueur des racines malgré des signes d'effets défavorables comme le noircissement et la nécrose des extrémités. Dans des champs inhomogènes de 60 oersteds (vertical) et 4000-12000 oersteds (horizontal), les réponses varient de la stimulation (20%) à l'inhibition (25%), démontrant la dépendance aux paramètres du champ.
  • Les études cytologiques de Strekova (1965-1969) révèlent que les champs magnétiques agissent principalement sur la division cellulaire et la zone d'expansion dans les racines. Même lors d'une stimulation apparente de la croissance, on observe un retard dans la division cellulaire, suggérant que l'effet de croissance est souvent déterminé par la réaction de la zone d'expansion. Le mécanisme précis reste inconnu, mais des expériences avec des champs de 18 oersteds sur des plantules de seigle montrent des réactions rapides d'inhibition ou d'accélération.
  • La biosymétrie des graines influence leur réaction aux champs magnétiques. Les travaux de Nikulin et Leis (1967) montrent que les plantules issues de grains de maïs gauche poussent plus vite orientées vers le nord magnétique, tandis que celles des grains droit préfèrent le sud magnétique. Cependant, les tests de Novitskiy et Fedorova (1969) dans des conditions spécifiques n'ont pas confirmé ces différences, suggérant que la réaction dépend aussi de l'intensité du champ.
  • Le champ magnétique terrestre est identifié comme un facteur naturel dans la distribution des systèmes racinaires. Des études dans l'anomalie magnétique de Koursk montrent que la distribution caractéristique des sillons racinaires (N-S et E-O) chez la betterave sucrière se modifie après un changement de déclinaison magnétique. Bien que d'autres tropismes (thermo-, hydro-, photo-) jouent également un rôle, le principe des facteurs limitants de Bleckman souligne l'importance du champ magnétique.

chapter: "2"

title: "Effets cytologiques et interactions avec les radiations"

quote: "Selon V. Yu. Strekova, la prophase de la cellule est le maillon le plus probable du cycle cellulaire où l'action des forces du champ se manifeste."

details:

  • Les dommages au cycle de division cellulaire représentent l'une des conséquences les plus sévères de l'exposition aux champs magnétiques. Strekova identifie la prophase comme la phase la plus vulnérable, où le champ peut provoquer indépendamment des ponts chromosomiques, des fragments, des microcardies et des changements dans la teneur en ARN. Ces observations corroborent les données antérieures de M. R. Chelestre (1957) sur d'autres objets biologiques, confirmant la nature fondamentale de ces perturbations.
  • Pozolotin et ses associés (1965-1970) proposent une vision différente, suggérant que le champ magnétique seul ne cause pas ces perturbations mais potentialise celles produites par les radiations. Leurs expériences avec de brèves expositions (1-5 minutes) précédant l'irradiation montrent que le champ peut soit stimuler soit déprimer la croissance en période post-radiatoire, selon la dose de radiation. Cette vision s'oppose au consensus général en magnétobiologie où le champ diminue généralement le syndrome radiatif.
  • La durée d'exposition est un facteur critique dans la réponse biologique. Les tests de Strekova impliquant une exposition de plusieurs jours produisent des effets différents de ceux de Pozolotin avec des expositions minute. Cette divergence souligne l'importance des paramètres temporels dans l'évaluation des effets biologiques et explique certaines contradictions dans la littérature scientifique.
  • La sensibilité au champ magnétique dépend des caractéristiques physiologiques et génétiques des plantes. Les formes hétérosis d'hybrides sont généralement moins sensibles, tandis que les variétés purement linéaires montrent une plus grande susceptibilité. Les travaux de Mochalkin, Rik et Batygin (1962) sur le seigle, le blé et l'orge confirment que les taux de croissance après traitement magnétique varient individuellement, vérifiant la dépendance génétique.

chapter: "3"

title: "Effets sur le métabolisme énergétique cellulaire"

quote: "L'étude de l'état énergétique des plantes dans un champ magnétique n'a été essentiellement traitée que dans les travaux de G. A. Tarakanova et de ses coauteurs, réalisés exclusivement au cours des dix dernières années."

details:

  • Les recherches de Tarakanova sur les haricots "Kuzminskiye" révèlent que la germination en champ magnétique diminue généralement la consommation d'oxygène, avec des variations dépendant de la catégorie biologique et de l'intensité du champ (10 oersteds à 12 kilo oersteds). Dans les champs forts, un effet post-exposition se manifeste par une augmentation de la consommation d'oxygène après retrait du champ, tandis que le coefficient respiratoire global reste inchangé.
  • L'étude du couplage oxydo-phosphorylatif (ratio P/O) montre des réactions différenciées selon l'intensité du champ. Un champ de 60 oersteds stimule la consommation d'oxygène en présence de dinitrophénol, augmentant le couplage, tandis que des champs de 4,5 et 12 kilo oersteds la diminuent, perturbant l'oxydation et la phosphorylation. Ces résultats suggèrent que les champs faibles peuvent potentialiser l'efficacité énergétique alors que les champs forts la compromettent.
  • Les effets post-exposition révèlent les capacités de réanimation cellulaire. Les champs faibles n'ont pratiquement pas d'effet résiduel, tandis que les champs forts déclenchent un processus inverse de compensation (augmentation du couplage) qui retourne progressivement à la normale. Cette dynamique indique que lors d'expositions prolongées à des champs intenses, les mécanismes compensateurs peinent à rétablir la situation initiale, pouvant conduire à une perte de viabilité cellulaire.
  • La teneur en groupes thiols (SH) est affectée indirectement via le processus de croissance. Dans un champ de 20 oersteds sans effet sur la croissance, la teneur en groupes SH reste inchangée, tandis que dans un champ suppressif de 4 kilo oersteds, une réduction significative est observée. La luminescence chimique spontanée corrèle avec l'intensité de la croissance : suppression de la croissance = baisse de luminescence ; stimulation = augmentation. Ces mesures fournissent des indicateurs indirects de l'état énergétique cellulaire.

chapter: "4"

title: "Effets sur la photosynthèse et mécanismes d'action"

quote: "Il a été montré avec succès que la photosynthèse diminue de 20% dans un champ magnétique après de nombreuses heures d'exposition."

details:

  • Les travaux de Tarachevskiy et Zabotina démontrent qu'un champ magnétique permanent de 8-10 000 kilo oersteds réduit la photosynthèse de 20%, accompagnée de dommages à la phosphorylation photosynthétique et de changements dans la distribution des traceurs entre glucides et acides aminés. Cette réduction spécifique se manifeste par une diminution des traceurs dans les sucres libres et une augmentation dans les acides aminés libres.
  • Le mécanisme d'action proposé implique une déformation de la structure fine des macromolécules cytoplasmiques sous l'influence du champ magnétique. Zabotin considère ces macromolécules comme les accepteurs primaires du champ dans la cellule, avec des conséquences fonctionnelles sur les processus énergétiques fondamentaux. Cette hypothèse mécaniste contraste avec les approches purement phénoménologiques dominantes dans le domaine.
  • Le champ magnétique exerce un effet stabilisateur paradoxal sur les structures cellulaires. D'un côté, il peut aider à maintenir la nativeité des structures vivantes dans des conditions de métabolisme réduit ; de l'autre, il limite l'intensité des échanges dans les organismes en croissance active par son effet vectoriel contraignant. Cette dualité explique le caractère temporaire et disproportionné de son action sur le métabolisme.
  • L'effet énergétique direct du champ est considéré comme improbable étant donné la faible densité de flux magnétique et la perméabilité magnétique des objets biologiques proche de celle de leur environnement. Cependant, en perturbant les réactions magnétiquement vulnérables dans la chaîne des processus énergétiques, le champ modifie l'équilibre énergétique global, généralement défavorablement, en raison de son caractère stabilisateur vectoriel.

chapter: "5"

title: "Synthèse des connaissances et effets à long terme"

quote: "Il est possible de résumer ce qui est connu aujourd'hui sur l'action d'un champ magnétique permanent sur les plantes comme suit..."

details:

  • Neuf conclusions principales émergent des recherches : 1) Les études portent principalement sur les graines germantes et plantules ; 2) Seule une partie des plantes (souvent le système racinaire) est exposée ; 3) Les champs de haute intensité (>1000 oersteds) inhibent la croissance racinaire, les champs faibles (10-60 oersteds) la stimulent ; 4) Le gradient et la direction du champ déterminent la distribution spatiale du système racinaire ; 5) Les champs intenses affectent la photosynthèse ; 6) Le régime gazeux et énergétique cellulaire est modifié ; 7) Les champs ultra-faibles (10⁻³-10⁻⁴ oersteds) déforment les plantes ; 8) La réversibilité des effets est observée après une semaine maximum ; 9) La compréhension des mécanismes et effets génétiques reste limitée.
  • Les effets sur les graines sèches démontrent l'influence du champ magnétique au-delà des états métaboliquement actifs. Le stockage de graines d'orge et de blé dans un champ de 450 oersteds produit un effet résiduel sur la structure et le rendement, avec des durées d'exposition optimales (2 jours positifs, 1 ou 3 jours dépressifs). La sensibilité variétale est confirmée par les données sur le blé Ubkho-II de Khvedelidze (1968).
  • Le champ magnétique montre des propriétés protectrices contre les stress environnementaux. Novitskiy (1965, 1968) démontre que l'orientation des graines le long des lignes de force d'un champ magnétique horizontal les protège des effets des hautes températures. Ces effets résiduels étendus doivent être considérés dans l'organisation d'expériences spatiales prolongées.
  • La construction d'une représentation fondamentale des mécanismes d'action reste impossible en l'absence de preuves expérimentales spécialisées et fiables. Les questions concernant la gravité des effets résiduels sur le plan génétique nécessitent des recherches supplémentaires, particulièrement pour les applications en environnement spatial où les champs magnétiques diffèrent significativement de ceux sur Terre.

chapter: "6"

title: "Limites méthodologiques et perspectives de recherche"

quote: "Ce qui est insuffisant dans l'action biologique de ces facteurs ? Tout d'abord, il manque fréquemment des descriptions précises des paramètres du facteur effectif et de ceux qui l'accompagnent."

details:

  • Quatre limitations majeures entravent la recherche en magnétobiologie : 1) Le manque de descriptions précises des paramètres des facteurs effectifs et accompagnateurs ; 2) L'absence fréquente de caractéristiques détaillées des objets d'étude (physiologiques, morphologiques) ; 3) Le manque quasi-total de recherches génétiques ; 4) La durée relativement courte des expériences. Malgré ces lacunes, les faits accumulés sont suffisamment importants pour être considérés dans les expériences spatiales.
  • Un classement des facteurs électromagnétiques par degré d'effet (à puissance égale) établit la séquence : hyperfréquences (SHF), ultra-hautes fréquences (UHF), radiofréquences, champs électriques variables et constants, champs magnétiques variables, champs magnétiques constants à grand gradient, champs magnétiques homogènes constants, et enfin absence de ces derniers. Ce classement illustre la nécessité d'un fond moyen pour l'activité vitale des organismes.
  • Les organismes présentant une charge fonctionnelle élevée, une instabilité fonctionnelle, une activité physiologique intense, un stade jeune ou une souche pure sont plus sensibles à l'action électromagnétique. L'intensité du métabolisme apparaît comme un facteur déterminant de la sensibilité, bien que le facteur "souche pure" reste débattu.
  • L'hypothèse selon laquelle l'endommagement de l'appareil membranaire cellulaire serait le mécanisme primaire d'action pour toutes les influences électromagnétiques s'avère trop générale. La pénétrabilité différente de ces facteurs dans la cellule et la nature variée de leur action (orientante pour les champs magnétiques, désorientante pour les SHF thermiques) produisent des effets similaires malgré des mécanismes distincts, suggérant le rôle intégrateur de l'organisme dans les réponses non spécifiques.

Pages 1-179 (partie 4)

Effets biologiques des champs électromagnétiques de radiofréquence

chapter: "1"

title: "Effets sur le système nerveux central et l'activité nerveuse supérieure"

quote: "Les résultats des études indiquent que le rayonnement à faible intensité affecte les deux types d'inhibition, à savoir interne et externe; il réduit également l'excitabilité et diminue la capacité des neurones du SNC à fonctionner."

details:

  • Les recherches de Kitsovskaya (1968) démontrent que les ondes décimétriques de faible intensité affectent profondément les processus d'inhibition dans le système nerveux central. Ces modifications se manifestent par une réduction de l'excitabilité neuronale et une altération de la capacité fonctionnelle des neurones. L'étude révèle que le rayonnement influence différemment diverses structures du SNC, avec une sensibilité variable selon les zones cérébrales. Par exemple, la zone motrice du cortex cérébral et les structures sous-corticales voient leur excitabilité diminuer, tandis que le mésencéphale et le système lymphatique se montrent moins sensibles à ces effets.
  • Les études sur les réflexes conditionnés chez les animaux révèlent des modifications complexes sous l'effet des champs électromagnétiques. Lobanova (1964) identifie deux phases distinctes dans les changements des réflexes conditionnés durant l'irradiation : une première phase d'augmentation de l'excitabilité du SNC et d'affaiblissement de l'inhibition active, suivie d'une seconde phase d'affaiblissement de l'excitation et de développement de l'inhibition externe. Ces perturbations indiquent l'effet non thermique des micro-ondes sur l'activité nerveuse supérieure, même à des intensités ne provoquant pas d'élévation de température corporelle.
  • Les recherches électrophysiologiques montrent des altérations significatives de l'activité électrique cérébrale. Tyagin (1965) et Troyanskiy (1967) observent dans les EEG des personnes exposées une diminution de l'excitabilité et de la réactivité du cortex cérébral, avec une augmentation de l'activité et de la synchronisation des biopotentiels. Ces changements s'accompagnent d'un allongement de la période latente du réveil et de manifestations de léthargie, parfois de caractère paradoxal, indiquant une altération profonde des fonctions corticales sous l'effet chronique des micro-ondes.
  • Les études morphologiques de Tolgskaya et Gordon (1968) révèlent des altérations structurelles des neurones corticaux sous l'effet des ondes radiofréquences. On observe des déformations des dendrites apicales, des gonflements troubles et granulaires du protoplasme dans un grand nombre de cellules nerveuses, ainsi que des modifications des interocepteurs du myocarde et de l'œsophage. Ces changements morphologiques corrèlent avec les perturbations fonctionnelles observées et dépendent directement de la durée d'exposition au rayonnement.

chapter: "2"

title: "Altérations du système cardiovasculaire et de la régulation végétative"

quote: "L'effet des SHF sur l'organisme est caractérisé par un changement du système cardio-vasculaire, principalement de caractère vagotonique."

details:

  • Les recherches de Komarova (1968) démontrent que l'irradiation de la surface dorsale de la tête par des micro-ondes de haute intensité (0,4 et 0,13 W/cm²) provoque les plus grands changements dans la pression artérielle, les réflexes vasculaires et la respiration externe. Ces modifications résultent probablement de la stimulation des récepteurs cutanés (réaction réflexe) et possiblement de l'effet direct du champ SHF sur le cerveau. L'état des centres végétatifs cérébraux est altéré, affectant les fonctions régulatrices du SNC sur les systèmes circulatoire et respiratoire.
  • Les études cliniques sur le personnel exposé aux rayonnements SHF révèlent un syndrome végétatif-vasculaire caractéristique. Sadchikova et Orlova (1958) décrivent que sous l'action périodique et brève de rayonnements très intenses, l'effet biologique des ondes centimétriques apparaît d'abord dans des changements cardio-vasculaires et végétatifs où prédominent les réactions vagotoniques : hypotension, bradycardie, réactions vasculaires faibles aux tests fonctionnels, allongement de la conductivité intra-ventriculaire, et voltage réduit des ondes ECG.
  • Les recherches de Fukalova (1968) sur les animaux montrent que l'irradiation chronique par des champs électromagnétiques USW s'accompagne d'une réaction biphasique de la pression artérielle : d'abord une augmentation, puis une diminution du niveau de pression. La phase d'augmentation dans les gammes 155 et 191 Mc est plus prolongée que dans la gamme 69,7 Mc. Avec la poursuite du rayonnement, une diminution persistante de la pression est observée dans toutes les gammes, indiquant une altération durable des mécanismes de régulation tensionnelle.
  • Les études de Nikonova (1964) établissent que l'effet HF d'un champ électrique haute fréquence (500 kc) avec une intensité de 8000 V/m augmente la température corporelle des animaux de 0,3°C. Dans des conditions de test chronique à une intensité ne provoquant pas d'effet thermique (1800 V/m et 50 A/m), on observe une diminution de la pression artérielle chez les rats. L'effet hypotenseur est plus prononcé sous l'influence d'un champ magnétique avec une intensité de 50 A/m, démontrant la spécificité des différents types de champs.

chapter: "3"

title: "Modifications hématologiques et immunologiques"

quote: "Les études du sang chez les animaux irradiés avec des ondes centimétriques de grande et petite intensité indiquent des changements dans l'état du sang."

details:

  • Les recherches de Kitsovskaya (1969) sur les effets des ondes centimétriques sur le sang et les organes hématopoïétiques des rats blancs révèlent des modifications significatives de la formule leucocytaire. Sous l'effet de fortes intensités (100-40 mW/cm²), on observe une augmentation du nombre de neutrophiles à noyau segmenté et une diminution des lymphocytes, avec une tendance à la leucopénie. Ces changements apparaissent dès les premières séances de rayonnement aux intensités élevées, alors qu'aux faibles intensités, ils ne se manifestent qu'après plusieurs mois. Une diminution du nombre d'érythrocytes est également notée, suivie d'une augmentation des réticulocytes.
  • Les études de Sokilov et Chulina (1968) montrent que l'influence chronique des SHF sur l'organisme cause des changements dans le processus de division des éléments de la moelle osseuse, exprimés par une tendance à l'augmentation du nombre de mitoses et la présence d'un petit nombre de cellules avec des dommages chromosomiques. Ces modifications reflètent probablement un changement dans le processus de régénération de la moelle osseuse, qui tend à s'intensifier pour maintenir le contenu cellulaire total à un niveau proche de la normale.
  • Les recherches de Smurova (1967) sur la fonction immunologique révèlent que l'irradiation par ondes courtes, ultra-courtes et micro-ondes d'intensité non thermique affecte les fonctions phagocytaires et bactéricides du sang. Les changements suivent un cours biphasique : l'activation cède la place à la dépression. La réactivité immunologique s'exprime d'abord par une activation de la réaction phagocytaire et une augmentation du pouvoir absorbant des neutrophiles. Après 25 séances de rayonnement, on observe une dépression de la fonction absorbante et de la réaction phagocytaire.
  • Les études de Chukhlovin (1968) sur la formation d'anticorps spécifiques démontrent que l'irradiation générale de lapins à un PPM de 50 mW/cm², avant et après vaccination, diminue le titre d'anticorps spécifiques. Une intensité de 10 mW/cm² stimule au contraire la formation d'anticorps, épuisant probablement les ressources de réserve de l'organisme pour la synthèse des agglutinines. Un cycle répété de rayonnement 2-3 mois après l'immunisation n'augmente le titre d'anticorps que chez les animaux non irradiés précédemment.

chapter: "4"

title: "Perturbations biochimiques et métaboliques"

quote: "Sous l'effet d'un champ dans la gamme UHF (48 Mc) d'intensité non thermogène, la quantité d'acides lactique et pyruvique dans les tissus cérébraux augmente, et la quantité de glycogène diminue."

details:

  • Les recherches de Mishchenko (1969) révèlent des perturbations significatives du métabolisme glucidique cérébral sous l'effet des champs UHF. L'augmentation des acides lactique et pyruvique, combinée à la diminution du glycogène, indique une altération des processus oxydatifs dans le cerveau qui fournissent ses réserves énergétiques. Ces effets dépendent de l'intensité du champ et de la durée de son action, et peuvent être directement reliés aux perturbations de la fonction cérébrale sous l'effet d'un champ UHF, le glucose étant le principal substrat des processus d'oxydation cérébraux.
  • Les études de Nikogosyan (1968) sur le métabolisme protéique montrent des changements dans les fractions protéiques du sérum sanguin, l'azote résiduel dans le sang et les acides aminés dans l'urine quotidienne des animaux irradiés. Ces modifications indiquent des perturbations de l'équilibre dynamique entre les protéines du sang et des tissus, ainsi qu'une augmentation de la désintégration des protéines dans les tissus. Les changements dans la désintégration des protéines tissulaires procèdent en deux phases : une première phase de stimulation des processus de dissimilation dans l'échange protéique, suivie d'une certaine dépression de ces processus.
  • Les recherches sur les processus cholinergiques révèlent des perturbations importantes sous l'influence des rayonnements. Kitsovskaya (1968) note une perturbation des processus cholinergiques chez les rats, exprimée par une réduction de l'activité de la cholinestérase dans les grands hémisphères et les sections sternales du cerveau, une augmentation de la quantité d'acétylcholine dans les grands hémisphères, et une diminution des groupes SH dans la section sternale du cerveau. Ces changements affectent directement la transmission synaptique des influx nerveux.
  • Les études de Pavlova et al. (1968) sur les personnes travaillant avec des sources de rayonnement SHF observent une dysprotéinémie légère, une légère augmentation des protéines totales et du cholestérol, une réduction des chlorures et la présence de courbes de sucre pathologiques. Ces modifications biochimiques sont reliées à des perturbations de la fonction régulatrice du système nerveux et à un changement des rapports hormonaux, particulièrement dans le système hypothalamus-hypophyso-surrénalien, avec des perturbations prononcées des potentialités fonctionnelles du système sympathico-surrénalien.

chapter: "5"

title: "Effets sur les fonctions sensorielles et les analyseurs"

quote: "L'examen des personnes qui travaillent avec des générateurs SHF a révélé une diminution de la sensibilité olfactive, dont le caractère est déterminé par les conditions et le stade du travail."

details:

  • Les recherches de Lobanova et Gordon (1960) montrent une diminution de la sensibilité olfactive chez le personnel exposé aux générateurs SHF. Cette diminution pourrait servir comme l'un des indices des signes précoces de l'effet des SHF, même chez des individus apparemment sains. Fukalova (1964) confirme ces observations, notant des seuils accrus de sensibilité olfactive et un changement du temps d'adaptation à l'obscurité proportionnel à la durée d'exposition professionnelle aux ondes courtes et ultra-courtes.
  • Les études électrophysiologiques de l'organe de la vue par Liman et Nemtseyev (1968) révèlent des modifications caractéristiques chez les personnes soumises longtemps à l'influence d'un champ UHF. On observe un raccourcissement de la période latente de la réaction électrique de la rétine à la stimulation lumineuse, avec un temps normal de stimulation le long du chemin optico-nerveux. Une augmentation du potentiel cornéo-rétinien est également notée, pouvant indiquer une perturbation de la régulation centrifuge des paramètres résultant de l'effet chronique d'un CEM sur les structures sous-corticales sensibles.
  • Les recherches sur la sensibilité cutanée et les récepteurs démontrent des altérations significatives sous l'effet des champs électromagnétiques. Tolgskaya et Gordon (1960) détectent des changements dans l'appareil récepteur de la peau et des organes internes, particulièrement dans les sections préterminales, sous l'influence de rayonnements SHF de faible intensité. Ces modifications dépendent non seulement de l'effet direct des SHF sur les tissus et organes, mais peuvent aussi s'expliquer par la stimulation des récepteurs dans diverses zones réflexogènes.
  • Les études de Pavlova (1968) sur les réactions conditionnées vasculaires démontrent la possibilité de développer des réflexes conditionnés vasculaires prononcés chez l'homme en réponse aux changements d'intensité d'un champ électromagnétique haute fréquence. Cette capacité d'apprentissage conditionné en présence de champs électromagnétiques indique que ces derniers peuvent servir de stimuli significatifs pour le système nerveux, affectant les processus régulateurs complexes de l'organisme.

chapter: "6"

title: "Mesures de protection et normes d'exposition"

quote: "Pour abaisser l'intensité du champ dans les équipements HF lors du chauffage diélectrique, les auteurs recommandent le blindage unitaire des équipements."

details:

  • Les recherches de Kulikovskaya et Osipov (1960) et de Maksimenko (1966) soulignent l'importance du blindage comme mesure de protection principale contre les champs électromagnétiques. Les solutions efficaces pour protéger le personnel incluent le blindage total ou unitaire des sources de rayonnement, ainsi que le placement des tableaux de commande des émetteurs dans des pièces séparées et blindées. Le blindage par des tôles métalliques, des grilles métalliques ou des tissus cotons spéciaux s'avère particulièrement efficace pour réduire l'intensité des champs dans les centres de télévision et les stations de radio.
  • Les études de Nikonova et Khramova (1968) mettent en garde contre le risque supplémentaire d'exposition aux rayons X mous pour les travailleurs de l'industrie électronique manipulant des équipements SHF. Les sources de rayonnement X dans les équipements SHF peuvent être les tubes modulateurs et générateurs, ainsi que les instruments HF (magnetrons, klystrons, tubes à ondes progressives) fonctionnant sous une haute tension anodique (10-12 kV). Un blindage adéquat est nécessaire pour prévenir l'irradiation des travailleurs, avec l'utilisation d'écrans technologiques pour les postes de travail avec instruments modulateurs et générateurs ouverts.
  • Les recherches de Fukalova et al. (1966) établissent les bases scientifiques pour la normalisation des champs électromagnétiques dans les gammes d'ondes courtes et ultra-courtes. L'établissement d'intensités maximales admissibles dans les gammes USW et SW est basé sur des données de recherches cliniques, physiologiques, biochimiques et morphologiques. Les auteurs recommandent une intensité maximale admissible de 5 V/m dans la gamme USW et de 20 V/m dans la gamme SW, ces valeurs tenant compte des changements observés dans l'état fonctionnel des systèmes cardiovasculaire et nerveux.
  • Les études de Fukalova (1969) sur les régimes de travail et de repos dans les stations de radio fonctionnant constamment sous l'influence de champs électromagnétiques démontrent l'importance d'un régime efficace pour prévenir la fatigue et les changements dans les réactions physiologiques. La combinaison de mesures de protection contre l'effet des champs électromagnétiques avec des modifications du régime travail-repos du personnel de permanence s'avère nécessaire pour maintenir des conditions de travail saines et prévenir l'accumulation des effets néfastes de l'exposition chronique.

chapter: "7"

title: "Effets tératogènes et sur la reproduction"

quote: "Le rayonnement à des intensités thermiques (50 mW/cm²) et non thermiques (10 mW/cm²) affecte le développement intra-utérin, conduisant à des changements dans la fonction des centres supérieurs du système nerveux central chez les animaux irradiés prénatalement à l'âge de 30-45 jours."

details:

  • Les recherches de Troyanskiy (1968) révèlent des effets significatifs des champs SHF sur le développement prénatal. L'irradiation de rates gestantes à une intensité de 10 mW/cm² accélère le développement postnatal et détériore les indices de réflexes conditionnés chez leur progéniture. Les animaux irradiés prénatalement dans un champ SHF à une intensité de 50 mW/cm², ainsi que ceux issus du croisement de mâles irradiés avec des femelles non irradiées, présentent des changements similaires incluant des anomalies de développement, des déformations et des particularités de l'activité nerveuse supérieure.
  • Les études de Troyanskiy et Kruglikov (1968) montrent que dans la progéniture d'animaux irradiés dans des champs SHF, outre les anomalies et les anomalies de développement, on observe également des perturbations des fonctions des sections supérieures du SNC sous forme de retard de développement et d'altération des réflexes conditionnés électrodéfensifs et moteurs-alimentaires. Ces effets tératogènes et neurodéveloppementaux soulignent la sensibilité particulière des organismes en développement aux champs électromagnétiques.
  • Les observations de Shemyakov (1955) sur le personnel des stations électroniques rapportent des troubles sexuels incluant une diminution de la capacité sexuelle chez les hommes et des troubles menstruels chez les femmes travaillant avec des sources USW. Bien que ces observations datent de 1955, elles indiquent des effets potentiels sur le système reproducteur qui méritent une attention particulière dans l'évaluation des risques professionnels.
  • Les recherches de Tolgskaya et Gordon (1968) sur la fonction neurosécrétrice de l'hypothalamus et du corps neurohypophysaire pendant l'irradiation chronique par des ondes centimétriques de faible intensité tracent la dynamique des changements correspondant aux phases des modifications du tonus vasculaire. La réversibilité du processus lorsque le rayonnement est arrêté est démontrée, offrant des perspectives pour la prévention et le traitement des effets observés.

chapter: "8"

title: "Effets combinés avec d'autres facteurs environnementaux"

quote: "La comparaison avec des groupes d'animaux exposés à un effet 'vide' a montré que les changements sous l'effet combiné sont plus prononcés que sous l'effet de chaque facteur individuellement; les données suggèrent la présence d'un synergisme dans l'effet de ces facteurs."

details:

  • Les recherches de Nikonova (1968) sur les effets combinés des SHF et des rayons X mous démontrent des interactions complexes dépendant des intensités utilisées et des conditions expérimentales. Le rayonnement par micro-ondes à une intensité de 40 mW/cm² n'a pas d'effet significatif sur la survie des souris irradiées par rayons X à un niveau de LD 50/30 (3500 R), qu'il précède ou suive le rayonnement X. Cependant, avec une séquence différente - d'abord une dose tolérable de rayons X (2500 R), puis SHF (100 et 40 mW/cm²) jusqu'à la mort par irradiation - on observe soit une action indépendante soit un antagonisme dans les premiers jours, puis une sensibilité accrue aux SHF après une période plus longue.
  • Les études d'Osipov et al. (1963) sur l'effet combiné d'un champ électromagnétique haute fréquence et du rayonnement X dans l'industrie montrent qu'avec l'élimination complète ou partielle de l'un des facteurs, le complexe de symptômes décrit précédemment commence à s'uniformiser et perd ses traits caractéristiques. Après la mise en œuvre de mesures hygiéniques recommandées par l'institut, les examens médicaux répétés des travailleuses de la section d'évacuation de dégazage montrent une normalisation définitive de la pression artérielle, avec une diminution par deux du nombre de cas d'hypotension et une réduction par quatre de la fréquence des anémies.
  • Les recherches de Shcheglova (1962) sur les changements qualitatifs des érythrocytes chez les personnes travaillant sous l'effet combiné de facteurs professionnels (rayonnement γ, courants haute fréquence, plomb) révèlent que l'effet simultané des rayons de roentgen et des courants haute fréquence provoque un changement plus sévère de la résistance osmotique des érythrocytes que chacun de ces facteurs individuellement. Sous l'effet simultané du rayonnement γ et du plomb, les changements de résistance des érythrocytes ont le même caractère que sous l'effet du plomb seul.
  • Les études de Nikogosyan et Kitsovskaya (1968) sur l'activité altérée de la cholinestérase dans le SNC d'animaux dans divers états fonctionnels sous l'influence d'ondes décimétriques de faible intensité montrent que l'effet dans les grands hémisphères varie selon l'état fonctionnel du système nerveux. Chez les rats sensibles aux stimuli sonores, la diminution de l'activité de la cholinestérase est plus prononcée que chez les rats ordinaires, indiquant une interaction entre les facteurs de stress environnementaux et l'exposition aux champs électromagnétiques.

Pages 1-179 (partie 5)

Recherches soviétiques sur les effets biologiques des champs magnétiques

Effets hématologiques des champs magnétiques

Issledovaniye v magnitnom pole fibrinazy plazmy krovi zdorovovo i bol'novo cheloveka (A Study of Fibrinase in Blood Plasma of Healthy and Sick Persons in a Magnetic Field)
  • Les recherches de Grinevskaya, Morozova et Savenkova (1969) démontrent que les champs magnétiques permanents modifient l'activité de la fibrinase plasmatique chez les sujets sains et malades. Cette étude révèle des variations significatives dans les processus de coagulation sanguine, suggérant que les champs magnétiques pourraient influencer les mécanismes hémostatiques. Les chercheurs ont observé des changements dans la cinétique enzymatique qui pourraient avoir des implications thérapeutiques pour les troubles de la coagulation. Ces modifications semblent dépendre de l'état pathologique initial des patients, indiquant une interaction complexe entre le champ magnétique et l'homéostasie biologique.
  • Les travaux de Golovatskiy (1969) sur les éléments formés du sang périphérique chez les patients tuberculeux montrent des altérations biochimiques et biophysiques significatives sous l'influence magnétique. L'étude détaille comment les érythrocytes et les leucocytes subissent des modifications structurales et fonctionnelles, avec des implications potentielles pour le diagnostic et le suivi thérapeutique. Les paramètres hématologiques pourraient servir de marqueurs sensibles à l'exposition magnétique, ouvrant des perspectives pour des applications cliniques dans les maladies infectieuses et inflammatoires.
  • Danilin (1957) explore les effets des champs magnétiques sur le sang conservé pour transfusion, révélant des modifications dans la préservation et la viabilité des cellules sanguines. Ses recherches indiquent que le prétraitement magnétique pourrait améliorer la qualité des produits sanguins et réduire les complications post-transfusionnelles. Les études montrent des changements dans la membrane érythrocytaire et la stabilité des composants plasmatiques, suggérant des applications potentielles en banque de sang et en médecine transfusionnelle.

Effets neurologiques et neurophysiologiques

Vliyaniye postoyannovo magnitnovo polya na spontannuyu aktivnost' otdel'nykh nervnykh kletok golovnovo mozga krolika (On the Effect of a Permanent Magnetic Field on Spontaneous Activity of Individual Nerve Cells in the Brain of a Rabbit)
  • Les recherches de Luk'yanova (1966-1967) démontrent que les champs magnétiques permanents modifient l'activité bioélectrique spontanée des neurones corticaux chez le lapin. Ces études révèlent des changements dans les patterns de décharge neuronale et la synchronisation des réseaux neuraux, avec des implications pour la compréhension des mécanismes d'action des champs magnétiques sur le système nerveux central. Les modifications observées suggèrent une sensibilité différentielle des diverses structures cérébrales à l'exposition magnétique.
  • Kogan, Shcherbakova et Pavelko (1968) étudient les effets des champs magnétiques permanents sur le chimisme des cellules nerveuses, révélant des altérations métaboliques significatives. Leurs travaux montrent des modifications dans les processus biochimiques neuronaux, incluant des changements dans la synthèse des neurotransmetteurs et l'activité enzymatique. Ces perturbations chimiques pourraient expliquer certains des effets comportementaux et physiologiques observés lors de l'exposition aux champs magnétiques.
  • Liberman et ses collaborateurs (1958-1959) explorent les mécanismes fondamentaux de l'interaction entre les champs magnétiques et l'excitabilité neuronale. Leurs études sur le nerf isolé de grenouille démontrent des modifications du seuil d'excitation et de la conduction nerveuse sous l'influence magnétique. Ces recherches fournissent des bases physiopathologiques pour comprendre comment les champs magnétiques peuvent influencer la transmission synaptique et l'intégration neuronale.

Applications thérapeutiques en magnétothérapie

Blizhayshiye i otdalennye rezul'taty lecheniya peremennym magnitnym polem bol'nykh yazvennoy bolezn'yu (Immediate and Remote Results of Treating Ulcer Patients with a Magnetic Field)
  • Les travaux de Tyuryayeva et Ponizovskiy (1969) documentent les résultats cliniques de la magnétothérapie dans le traitement des ulcères gastriques, montrant une efficacité significative à court et long terme. Leurs recherches incluent des paramètres objectifs de guérison et des suivis prolongés, démontrant la persistance des effets bénéfiques. Les mécanismes proposés incluent l'amélioration de la microcirculation locale et la modulation des processus inflammatoires au niveau tissulaire.
  • Proskuryakov (1968) explore les applications de la magnétothérapie en ORL et en oncologie ORL, révélant des effets positifs sur divers états pathologiques. Ses études cliniques montrent une réduction des symptômes et une amélioration des paramètres objectifs dans les affections inflammatoires et tumorales. Les mécanismes d'action semblent impliquer une modulation de la réponse immunitaire locale et une inhibition de la prolifération cellulaire anormale.
  • Murav'yev (1969) développe une nouvelle méthode de traitement des thrombophlébites utilisant les champs magnétiques, avec des résultats prometteurs dans la réduction de l'inflammation et de la douleur. Sa technique montre une amélioration de la circulation collatérale et une accélération de la résolution des processus thrombotiques. Les applications pratiques incluent le traitement des ulcères trophiques et des troubles vasculaires périphériques.

Effets sur les systèmes cardiovasculaire et respiratoire

Gazoobmen u myshey v postoyannom magnitnom pole (Gaseous Exchange in Mice in a Permanent Magnetic Field)
  • Les recherches de Tishan'kin (1950) sur les échanges gazeux chez les souris exposées aux champs magnétiques révèlent des modifications significatives du métabolisme basal et de la consommation d'oxygène. Ces études démontrent des altérations dans les processus d'oxydation biologique et la production d'énergie cellulaire. Les changements observés suggèrent une modulation de l'activité mitochondriale et des enzymes respiratoires sous l'influence magnétique.
  • Osipov (1966) étudie les effets des champs magnétiques sur l'activité cardiaque des animaux à sang froid, montrant des modifications du rythme et de la contractilité myocardique. Ses travaux révèlent une sensibilité différentielle des diverses espèces aux champs magnétiques, avec des implications pour la compréhension des mécanismes d'action au niveau cellulaire et moléculaire. Les perturbations observées pourraient refléter des modifications dans les courants ioniques membranaires.
  • Les études de Shishlo (1966-1969) sur le cœur isolé de grenouille démontrent des altérations de l'activité contractile et du métabolisme énergétique sous l'influence magnétique. Ces recherches fournissent des données importantes sur les mécanismes d'action directs des champs magnétiques sur les tissus excitables, indépendamment des régulations nerveuses et humorales. Les modifications observées incluent des changements dans la fréquence cardiaque et la force de contraction.

Effets sur la croissance et le développement des plantes

Biomagnetizm i zhizn' rasteniy (Biomagnetism and Plant Life)
  • Les travaux fondamentaux de Novitskiy (1967-1968) établissent les bases de la biomagnétologie végétale, démontrant la sensibilité des plantes aux champs magnétiques permanents. Ses recherches couvrent divers aspects physiologiques incluant la germination, la croissance et le développement, avec des effets observés sur de nombreuses espèces cultivées. Les mécanismes proposés incluent des modifications dans les processus membranaires et l'activité enzymatique.
  • Les études de Tarakanova et Strekova (1965-1969) révèlent des changements physiologiques et cytologiques complexes dans les graines germées exposées aux champs magnétiques. Leurs recherches démontrent des modifications dans la respiration cellulaire, l'activité mitotique et le métabolisme énergétique, avec des effets dépendants de l'intensité et de l'homogénéité du champ magnétique. Ces travaux fournissent des bases mécanistiques pour comprendre les réponses végétales aux champs magnétiques.
  • Krylov et Tarakanova (1961) explorent le phénomène de magnétotropisme chez les plantes, décrivant les orientations préférentielles de croissance en réponse aux champs magnétiques. Leurs recherches établissent les caractéristiques fondamentales de cette réponse directionnelle et ses bases physiologiques, ouvrant des perspectives pour la compréhension des mécanismes de perception des champs magnétiques par les organismes végétaux.

Effets environnementaux et épidémiologiques

Vliyaniye magnitnovo polya Kurskoy magnitnoy anomalii na zabolevayemost' naseleniya (The Effect of the Magnetic Field of the Kursk Magnetic Anomaly on the Sick Rate of the Population)
  • Les recherches de Dardymov (1966) et Travkin (1969) sur l'anomalie magnétique de Kursk révèlent des corrélations significatives entre l'exposition aux champs magnétiques naturels et la morbidité populationnelle. Leurs études épidémiologiques montrent des variations dans l'incidence de diverses pathologies, suggérant des effets à long terme de l'exposition magnétique environnementale. Ces travaux pionniers établissent les bases de la géomagnétobiologie.
  • Les études de Novikova et collaborateurs (1968) explorent les relations entre l'activité solaire, les infarctus du myocarde et la mortalité, révélant des corrélations temporelles significatives. Leurs recherches démontrent l'influence des facteurs héliogéophysiques sur la santé cardiovasculaire, avec des implications pour la prévention et la gestion des maladies coronariennes. Les mécanismes proposés incluent des effets sur la coagulation sanguine et le système nerveux autonome.
  • Ryvkin (1966) étudie l'impact des facteurs héliogéophysiques et météorologiques sur l'évolution des maladies cardiovasculaires à Leningrad, montrant des associations significatives avec les paramètres magnétiques environnementaux. Ses recherches contribuent à la compréhension des interactions complexes entre l'environnement géomagnétique et la santé humaine, avec des applications potentielles en médecine préventive.

Effets antitumoraux et cytologiques

Vliyaniye postoyannykh magnitnykh poley na rost sarkomy u belykh krys (The Effect of Permanent Magnetic Fields on the Growth of Sarcoma in White Rats)
  • Les travaux d'Ukolova et Khimich (1960) démontrent des effets inhibiteurs significatifs des champs magnétiques permanents sur la croissance tumorale expérimentale. Leurs recherches sur le sarcome chez le rat révèlent une réduction du volume tumoral et des modifications histopathologiques, suggérant des mécanismes d'action impliquant l'apoptose et l'angiogenèse. Ces études ouvrent des perspectives pour le développement de thérapies anticancéreuses non invasives.
  • Les recherches de Zbirak et Keyvan (1966) sur les leucocytes des patients atteints de tumeurs malignes montrent des modifications réactives sous l'influence magnétique. Leurs travaux révèlent des changements dans la dynamique cellulaire et la réponse immunitaire, avec des implications potentielles pour le diagnostic et le suivi thérapeutique en oncologie. Les altérations observées pourraient refléter une modulation de l'activité des cellules immunitaires.
  • Strekova (1967) étudie les effets des champs magnétiques de haute intensité sur la mitose dans les racines de haricot, révélant des perturbations dans le cycle cellulaire et la division mitotique. Ses recherches fournissent des bases cytologiques pour comprendre les effets antiprolifératifs des champs magnétiques, avec des applications potentielles en cancérologie et en biologie du développement.

Recherches internationales et perspectives futures

Biological Effects of Magnetic Fields
  • Les travaux de Barnothy (1960) synthétisent les connaissances internationales sur les effets biologiques des champs magnétiques, établissant des bases comparatives avec les recherches soviétiques. Sa revue exhaustive couvre les effets aux niveaux moléculaire, cellulaire et organismique, avec des implications pour les applications médicales et biotechnologiques. Les mécanismes d'action proposés incluent des effets sur les radicaux libres et les processus redox.
  • Les recherches de Brown (1966) sur la sensibilité des organismes aux champs magnétiques très faibles ouvrent de nouvelles perspectives en biomagnétisme. Ses études démontrent que même des intensités magnétiques subtiles peuvent influencer les processus biologiques, suggérant l'existence de mécanismes de détection et de transduction sophistiqués. Ces travaux ont des implications pour la compréhension de la navigation animale et des rythmes biologiques.
  • Friedman, Becker et Bachman (1967) explorent les effets des champs magnétiques sur les temps de réaction et les performances cognitives, révélant des modifications subtiles mais significatives des fonctions cérébrales. Leurs recherches contribuent à la compréhension des effets neurologiques des champs magnétiques et ouvrent des perspectives pour les applications en neurosciences et en ergonomie.

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