Soral: « il faut refaire du catholicisme la religion d’état en France.»
Synthèse détaillée du projet politique "Réconciliation Nationale" par Alain Soral
Présentation identitaire et parcours politique
Je me réclame de la culture hélléno-chrétienne par opposition à l'escroquerie actuelle qu'on appelle judéo-christianisme
- Alain Soral se définit comme un "essayiste" et publiciste intervenant dans le débat public depuis 1984 avec une douzaine d'ouvrages à son actif. Son parcours politique commence par une jeunesse gauchiste dans les années 70, suivie d'un militantisme au Parti Communiste Français teinté de dimension patriotique, puis d'un bref passage au Front National. Il fonde l'association Égalité et Réconciliation dont l'intitulé synthétise sa vision : "gauche du travail, droite des valeurs". Sa pensée se réclame de l'héritage hélléno-chrétien qu'il considère comme la synthèse entre le logos grec (raison, démocratie athénienne) et l'apport chrétien (charité, compassion). Il estime que la France incarne par excellence cette synthèse humaniste, contrairement aux visions allemande ou anglaise qu'il juge plus communautaristes ou racialistes.
- Soral insiste sur sa filiation catholique culturelle bien que non pratiquant, soulignant que le catholicisme français représente selon lui une religion de synthèse historique unique, ni particulièrement sémite ni exclusivement romaine. Cette position religieuse et culturelle fonde sa critique du monde moderne et sa vision politique. Il présente son engagement comme une forme d'imitation du Christ dans le combat minoritaire, acceptant par avance l'échec possible et les persécutions comme partie intégrante de sa démarche.
Création de Réconciliation Nationale : rupture avec le Front National
Notre grande inquiétude c'est l'effondrement de la France à cause de l'économique et du sociétal et la guerre civile
- La création du parti Réconciliation Nationale s'inscrit dans une double logique : répondre à une demande de jeunes désabusés par la politique traditionnelle et proposer une alternative au Front National dont Soral critique l'évolution stratégique. Il reproche au FN de chercher l'accès au pouvoir par un rapprochement avec le système en place plutôt que par une critique radicale, et surtout d'adopter une stratégie du bouc émissaire en désignant les musulmans comme responsables des problèmes français. Soral oppose à cette vision ce qu'il appelle le "front de la foi", prônant au contraire une solidarité stratégique avec les musulmans contre le laïcisme qu'il identifie comme l'ennemi principal.
- Cette position s'appuie sur une analyse historique selon laquelle l'ennemi traditionnel de la France n'a jamais été l'islam mais "la perfide Albion" et l'impérialisme anglo-saxon. Soral distingue soigneusement les "musulmans du quotidien" des "voyous immigrés", considérant que les problèmes identitaires sont la conséquence de l'immigration incontrôlée et de la destruction des valeurs d'assimilation plutôt que de l'islam en tant que corpus de valeurs. Sa solution repose sur le rétablissement des frontières et de la souveraineté monétaire comme préalables à toute politique d'intégration.
Critique des accusations de populisme et d'antisémitisme
Dès qu'on mène un combat efficace contre le système, les mots populiste et antisémite arrivent très vite
- Soral analyse les accusations récurrentes de populisme et d'antisémitisme comme des mécanismes de disqualification systématique de toute critique effective du système. Il revendique le terme "populiste" dans son sens étymologique (qui se soucie du peuple) et défend une vision de la citoyenneté française qu'il décrit comme fondamentalement fraternelle et non raciale, héritière selon lui de la vision chrétienne et de l'Ancien Régime. Cette conception s'opposerait aux visions allemande ou anglaise qu'il juge plus communautaristes.
- Sur la question de l'antisémitisme, Soral adopte une position provocatrice en affirmant que Jésus-Christ lui-même serait aujourd'hui traité d'antisémite et traduit devant la Licra pour le contenu des Évangiles. Cette analogie lui permet de situer son combat dans une continuité historique et spirituelle, tout en rejetant les accusations comme instrument de censure. Il présente son engagement comme un combat pour éviter la guerre civile et échapper au "diviser pour régner" qu'il attribue au système en place.
Stratégie politique : accompagnement plutôt que programme
Nous répondons à une demande de gens qui ne croient plus en la politique politicienne
- Contrairement à une approche programmatique traditionnelle, Soral présente Réconciliation Nationale comme une structure d'accompagnement visant à aider des candidats locaux à se présenter aux élections, particulièrement aux départementales. Il insiste sur la dimension pratique et pédagogique de cette démarche : fournir un soutien juridique, logistique et communicationnel à ceux qui souhaitent s'engager en politique sans passer par les partis établis. Cette approche s'adresse explicitement aux déçus du Parti Socialiste comme du Front National.
- Sur le fond, le parti reprendrait le programme économique du Front National ou d'Asselineau mais s'en distinguerait radicalement sur les questions sociétales par le refus du choc des civilisations. Soral critique la focalisation sur les musulmans comme responsables de la crise, qu'il attribue plutôt au système bancaire international et à la laïcisation progressive issue des Lumières. Il défend l'idée d'une "loi naturelle" contre ce qu'il perçoit comme une atomisation mécaniste de l'homme.
Philosophie de l'engagement : entre marxisme et christianisme
Je suis communiste par mentalité chrétienne laïcisée : c'est le nous avant le je
- Soral développe une vision singulière de son engagement comme synthèse entre marxisme et christianisme. Il explique son passage du communisme au catholicisme par une réflexion sur les limites du concept d'historicité absolue et la redécouverte de l'idée d'échelle humaine et de loi naturelle. Cette évolution intellectuelle le conduit à voir une convergence fondamentale entre la pensée marxiste "bien comprise" et la pensée chrétienne, toutes deux centrées sur l'idée de partage et de fraternité contre l'individualisme libéral.
- Sa philosophie de l'action s'inspire explicitement de l'exemple du Christ, avec l'acceptation du combat minoritaire, de l'adversité et même de l'échec probable comme dimensions constitutives de l'engagement authentique. Il revendique une forme de "martyr" politique, comparant sa position à celle des musulmans prêts à mourir pour leur foi. Cette dimension sacrificielle fonde sa persévérance malgré les persécutions et les trahisons qu'il dit subir.
Analyse des forces occultes : franc-maçonnerie et idéologie des Lumières
Pour qu'il puisse y avoir une dictature bancaire, il faut détruire en chacun les valeurs qui pourraient pousser à résister
- Soral consacre une analyse approfondie à la franc-maçonnerie qu'il présente comme le réseau dominant derrière les institutions françaises : haute administration, université, police, armée et justice. Sans appeler à son interdiction qu'il jugerait dictatorial, il plaide pour une obligation de déclaration pour les francs-maçons en politique et une pédagogie sur leur vision du monde. Il lie explicitement la franc-maçonnerie à l'idéologie des Lumières qu'il décrit comme fondamentalement anti-catholique et prométhéenne.
- Son analyse articule dimension matérielle et spirituelle : la domination bancaire et mondialiste nécessiterait selon lui la destruction préalable des valeurs sacrées, de la loi naturelle et de la transcendance dans les individus pour assurer leur soumission. Il voit dans la théorie du genre, le mariage pour tous et les lois sociétales des instruments de cette destruction systématique des repères traditionnels. Cette analyse qu'il dit développer depuis les années 90 (notamment dans "Vers la féminisation") le conduit à privilégier le "front de la foi" sur les questions économiques.
Position sur les questions sociétales : avortement et éducation
On est passé du soutien aux femmes en détresse à la banalisation de l'infanticide
- Sur l'avortement, Soral développe une position nuancée distinguant deux visions : une approche qu'il qualifie de "charitable" pour venir en aide aux femmes en détresse (viol, extrême précarité), et une vision "libérale-libertaire" du "mon corps m'appartient" qu'il associe à une dérive eugéniste et individualiste. Il critique particulièrement la banalisation des avortements tardifs qu'il compare à de l'infanticide, pointant ce qu'il perçoit comme une contradiction chez ceux qui défendent à la fois l'avortement libre et l'abolition de la peine de mort.
- Concernant l'éducation nationale, Soral diagnostique une volonté délibérée d'abrutissement des enfants pour les rendre incapables de résister à la domination en place. Il oppose l'école républicaine d'avant 1968, qu'il décrit comme égalitaire et efficace, au système actuel qu'il juge sous domination trotskiste et voué à la destruction de l'intelligence collective. Cette analyse le conduit à soutenir le développement d'écoles non conventionnées et à valoriser les initiatives de retour à la terre (permaculture) comme formes de résistance concrète.
Stratégie électorale : du local au national et pédagogie par l'exemple
Nous voulons aider des gens à monter des listes pour voter pour eux-mêmes
- La stratégie de Réconciliation Nationale privilégie une montée en puissance du local vers le national, contrairement à l'approche médiatique du Front National. Soral insiste sur la construction patiente à partir de bases militantes solides, s'appuyant sur le réseau existant d'Égalité et Réconciliation qu'il dit avoir épuré des "infiltrés et dingues" au fil de dix ans de travail. Cette approche vise à former et accompagner des candidats locaux plutôt qu'à présenter des figures nationales.
- L'objectif immédiat est de présenter des listes aux départementales, avec l'ambition de scores symboliques de 3 à 5% dans des territoires significatifs (banlieues ou campagnes). Soral mise sur la vertu pédagogique de l'affichage et du temps de parole officiel pour contrer ce qu'il présente comme le "mensonge médiatique" sur sa mouvance. Il imagine des listes composites mêlant catholiques "intègres", musulmans patriotes et anciens de l'extrême gauche, incarnant concrètement l'idée de réconciliation nationale.
Potentiel électoral et perspectives réalistes
J'ai eu la peau de Mélenchon et de Besancenot, mon potentiel est d'au moins 5%
- Soral évalue le potentiel électoral de sa mouvance à au moins 5%, se basant sur l'audience de ses vidéos (260.000 vues pour l'annonce du parti) et son succès dans le démontage des contradictions de figures comme Mélenchon ou Besancenot. Il relativise l'échec de sa précédente liste "anti-sioniste" qui aurait fait 6-7% dans certains secteurs, et rappelle que des forces politiques ont longtemps pesé avec des scores similaires (radicaux, Dupont-Aignan).
- Il présente la création du parti comme un combat "pour l'honneur et la dignité" plus que pour la victoire immédiate, acceptant par avance l'échec possible mais jugeant l'action nécessaire. La persécution médiatique et judiciaire qu'il dit subir (affaire sortie le lendemain de l'annonce du parti) est interprétée comme le signe de son efficacité et de la peur qu'il inspire au système. Le calendrier prévoit un parti opérationnel en janvier pour des listes en mars, avec un travail pratique déjà engagé (concours de logo, dépôt des statuts).
Vision prospective : dévoilement médiatique et combat pour la vérité
Mettre un pied dans le politique, c'est montrer par le réel le mensonge des médias
- Soral assigne à son engagement politique une fonction de dévoilement : la présence d'affiches et de listes concrètes sous la bannière "Réconciliation Nationale" permettrait selon lui de contrer le discours médiatique dominant le présentant comme fasciste ou antisémite. Il imagine des affiches avec "deux mains qui se serrent" et des candidats de diverses origines incarnant l'idée "Tous français, tous patriotes".
- Cette approche vise à démontrer par l'exemple la possibilité d'une France unie dans sa diversité, capable d'assimiler des populations variées grâce à sa tradition catholique et républicaine. Soral voit dans cette démonstration pratique le moyen de briser ce qu'il présente comme le mensonge médiatique massif sur sa personne et ses idées. Il conclut en soulignant le caractère existentiel de ce combat mené "à mort" sans illusion mais avec la certitude de servir la vérité contre l'oppression systémique.
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Soral: il faut refaire du catholicisme la religion d etat en France. ↗
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