un programme ambitieux duquer la vie affective et relationnelle et la sexualit 199595.pdf
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Programme national d'éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité
Principes, valeurs et finalités fondamentales
« Une information et une éducation à la sexualité sont dispensées dans les écoles, les collèges et les lycées à raison d’au moins trois séances annuelles et par groupes d’âge homogène » (article L. 312-16 du Code de l’éducation).
- Ce programme, créé par la loi de 2001, constitue un engagement collectif de la Nation. Il est obligatoire, destiné à tous les élèves de l'enseignement public et privé sous contrat, et s'inscrit dans le parcours éducatif de santé. Il repose sur une approche globale, positive et bienveillante, articulée autour de trois champs de connaissances : biologique, psycho-émotionnel, et juridique et social. Son objectif est de développer le pouvoir d'agir des enfants et adolescents, en complément du rôle des familles, tout en s'appuyant sur les valeurs républicaines d'égalité, de laïcité et d'accès à l'éducation pour tous.
- Les finalités éducatives sont multiples et ambitieuses. Le programme vise l'égalité de considération et de dignité, en particulier entre les femmes et les hommes. Il contribue activement à la lutte contre les discriminations fondées sur le sexe, l'identité de genre ou l'orientation sexuelle (hétéro-, homo-, bi- ou asexualité). Il éduque au principe fondamental du consentement et participe à la prévention de toutes les formes de violences, notamment sexistes et sexuelles, ainsi qu'au repérage de l'inceste. L'objectif ultime est de construire une culture commune de l'égalité et du respect.
- La mise en œuvre est conçue pour être progressive et adaptée à l'âge. Elle se structure en deux grandes étapes : une « éducation à la vie affective et relationnelle » à l'école primaire, axée sur le développement de l'enfant et des relations sociales, et une « éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité » au collège et au lycée, qui intègre des dimensions plus complexes liées à la santé, aux droits et aux comportements responsables. Une attention particulière est portée aux élèves à besoins éducatifs particuliers pour une inclusion effective.
Organisation, mise en œuvre et acteurs
L’éducation à la sexualité, par son programme qui associe sensibilisation, savoirs et réflexion, doit être pensée et mise en œuvre de manière interdisciplinaire et pluriprofessionnelle.
- Le programme est organisé autour de trois principes clés : l'unité, la progressivité et la complémentarité. L'unité est assurée par trois axes transversaux explorés de la maternelle au lycée : « se connaître, vivre et grandir avec son corps » ; « rencontrer les autres et construire avec eux des relations, s’y épanouir » ; « trouver sa place dans la société, y être libre et responsable ». La progressivité est garantie par une différenciation des objectifs selon l'âge et la maturité, avec une construction spiralaire des savoirs. La mise en œuvre repose sur au moins trois séances annuelles spécifiques obligatoires, complétées par des apprentissages intégrés dans les disciplines.
- La responsabilité première de cet enseignement incombe aux professeurs, sous le pilotage des directeurs d'école ou chefs d'établissement. Cependant, une approche pluriprofessionnelle et interdisciplinaire est fortement encouragée. Les personnels éducatifs, sociaux et de santé de l'Éducation nationale apportent leur expertise, et la coanimation des séances, notamment avec ces personnels, est privilégiée. Les corps d'inspection et les personnels de santé fournissent conseil et soutien. Le programme doit être inscrit au projet d'école ou d'établissement, en tenant compte des besoins identifiés des élèves.
- Des partenaires extérieurs agréés (associations spécialisées, institutions) peuvent être associés, mais leur intervention est strictement encadrée. Elle doit être systématiquement anticipée, préparée et coordonnée avec l'équipe éducative, et se dérouler toujours en présence d'un de ses membres. Sous la responsabilité pédagogique de l'équipe et du chef d'établissement, ces intervenants doivent respecter la nature scolaire de l'éducation, promouvoir le respect et l'égalité, sans instrumentalisation. En complément des séances collectives, des consultations individuelles peuvent être proposées par les personnels de santé.
Le parcours de l'élève à l'école maternelle
À l’école maternelle, l’éducation à la vie affective et relationnelle se développe à partir de la considération du corps, des sentiments et des émotions, du respect de l’intimité et de l’égalité entre les filles et les garçons.
- Pour les enfants de moins de 4 ans, les objectifs sont centrés sur la découverte fondamentale de soi et des autres. Il s'agit d'apprendre à nommer les parties du corps, de prendre conscience de la notion d'intimité (corporelle et spatiale), et d'exprimer son accord ou son refus tout en apprenant à respecter celui des autres. Les activités proposées utilisent des albums, des jouets et des situations du quotidien (habillage, toilette) pour introduire un vocabulaire scientifique et identifier les espaces où l'on a droit à son intimité.
- À partir de 4 ans, le programme s'enrichit. L'objectif est de connaître son corps et d'identifier des émotions de base (joie, tristesse, peur, colère), ainsi que de découvrir la grossesse et la naissance. Un axe crucial est l'identification d'une personne de confiance (adulte ou enfant) et l'apprentissage à faire appel à elle. Les élèves apprennent à distinguer un « secret » positif (cadeau) d'une situation de danger ou de violence qui doit être partagée. Des activités comme la création d'une « marguerite des adultes de confiance » ou l'expression des émotions lors de parcours de motricité sont mises en place.
- À partir de 5 ans, l'accent est mis sur l'approfondissement de la connaissance de soi et des relations. Les enfants apprennent à identifier différents types de sentiments dans leur relation à l'autre (amitié, amour) et à définir les composantes d'une relation positive (confiance, respect, entraide). Ils découvrent les ressemblances et différences entre les autres et soi, et apprennent à les respecter. Des activités collaboratives, des jeux de rôle (comme le colin-maillard pour expérimenter la confiance) et l'analyse d'œuvres d'art permettent de développer l'empathie et des compétences psychosociales.
Le parcours de l'élève à l'école élémentaire
À partir du cycle 3, étant donné les changements induits par la puberté... l’éducation à la vie affective et relationnelle apporte aux élèves les éléments de connaissance et de réflexion leur permettant d’appréhender de manière éclairée les changements qu’ils constatent et éprouvent.
- Du CP au CE2, les apprentissages posent les bases d'une citoyenneté éclairée. Au CP, on approfondit la connaissance du corps avec un vocabulaire scientifique, la diversité des émotions et la découverte des différentes structures familiales (hétéro-, homo-, mono-parentales, etc.). Au CE1, l'accent est mis sur l'estime de soi, la protection de son intimité et la compréhension des dimensions multiples d'une relation humaine. Le CE2 introduit de manière centrale la notion de consentement : apprendre à le solliciter, l'exprimer, accepter et respecter un refus, tout en connaissant ses droits fondamentaux.
- En CM1 et CM2, le programme aborde explicitement les changements liés à la puberté. Il s'agit de connaître et comprendre scientifiquement les transformations de son corps et de celui des autres, y compris le mécanisme des règles, en luttant contre les tabous et les moqueries. Les élèves apprennent à développer des relations constructives, à repérer et se protéger du harcèlement et des violences sexistes et sexuelles. Ils sont initiés à la prévention des risques numériques (cyberharcèlement, protection de la vie privée, majorité numérique à 15 ans).
- Les méthodes pédagogiques sont actives et diversifiées. Elles incluent l'analyse d'albums de jeunesse, de données chiffrées et d'articles de presse pour identifier les stéréotypes et inégalités, la rédaction de textes sur l'amitié, des jeux de rôle sur le consentement, l'étude de campagnes de sensibilisation et la familiarisation avec les numéros d'urgence (119, 3018, 15). L'objectif est de doter les élèves de compétences pour vivre une vie affective libre, responsable, respectueuse et épanouissante.
Le parcours de l'élève au collège
Dans une École qui adopte pleinement les principes de respect, de libre choix, d’égalité et d’inclusion, l’éducation à la vie affective, relationnelle, et à la sexualité fournit aux élèves de collège des connaissances, des repères culturels, ainsi que des outils de sensibilisation et de réflexion.
- En sixième, l'objectif est d'aider les élèves à comprendre et vivre sereinement les changements de la puberté, en reconnaissant la diversité des rythmes biologiques et l'unicité de chaque corps. Ils apprennent à caractériser les relations interpersonnelles (attirance, répulsion, etc.) et à trouver leur place dans un groupe tout en respectant les autres. La prévention du cyberharcèlement et l'identification des adultes et services ressources (119, 3018) sont abordées, de même que l'analyse des représentations du corps dans l'art.
- En cinquième, le programme invite à développer librement sa personnalité. Il introduit des distinctions conceptuelles essentielles : sexe biologique, genre et orientation sexuelle, en insistant sur le respect de ces diversités. Les élèves réfléchissent à la santé comme bien-être global et analysent les influences sociales sur les parcours professionnels genrés. Ils apprennent à distinguer vie publique et vie privée, particulièrement dans l'usage des réseaux sociaux, et à faire des choix relationnels éclairés.
- En quatrième et troisième, la sexualité est abordée dans toute sa complexité, intégrant les dimensions de plaisir, d'amour et de reproduction. En quatrième, il s'agit de favoriser des choix responsables en matière de santé sexuelle (contraception, IST) et d'étudier de manière critique les représentations de la sexualité dans l'espace public. En troisième, les liens entre bonheur, émotions et sexualité sont interrogés. Les élèves apprennent à construire des relations réciproques et égalitaires, à reconnaître les contextes de danger (violences, emprise) et à inscrire la sexualité dans le cadre du respect des droits humains.
Le parcours de l'élève au lycée et en CAP
Au lycée, la dimension réflexive et critique est approfondie par l’étude de réalités ou de situations plus complexes.
- En seconde, les élèves explorent les tensions entre l'intime et le social. Ils travaillent à développer une image positive de soi, à reconnaître et comprendre leurs émotions et celles des autres, et à se protéger mutuellement, notamment sur la question de l'intimité à l'ère des réseaux sociaux. Le programme vise à renforcer les compétences psychosociales pour naviguer dans un environnement social plus complexe.
- En première, l'accent est mis sur la maîtrise de soi et la responsabilité dans les choix. Les thèmes du désir, du consentement, de la liberté individuelle et du respect de celle d'autrui sont approfondis. Les élèves sont invités à réfléchir à « être soi, entre acceptation et déni », en examinant les pressions sociales et les normes. Cette année prépare à une autonomie accrue dans la gestion de sa vie affective et sexuelle.
- En terminale, l'objectif est de synthétiser les acquis pour appréhender la sexualité en jeune adulte responsable. Les élèves sont amenés à reconnaître leurs émotions et désirs pour mieux se connaître, à s'épanouir dans une relation équilibrée, et à réfléchir aux conditions sociales garantissant la liberté d'être soi parmi les autres. Pour les classes préparant au CAP, ces notions sont adaptées et réparties de manière progressive sur les deux années de formation, avec des objectifs similaires centrés sur l'estime de soi, le consentement, les relations équilibrées et la réflexion sur la liberté en société.
Compétences psychosociales et modalités pédagogiques
Les compétences psychosociales (CPS) constituent une des composantes du programme. Elles regroupent des compétences cognitives, émotionnelles et sociales qui permettent d’améliorer les relations à soi et aux autres.
- Le développement des compétences psychosociales (CPS) est un pilier du programme. Ces compétences, à la fois cognitives, émotionnelles et sociales, sont précisées pour chaque niveau et visent à améliorer le rapport à soi et aux autres. Elles incluent la capacité à identifier et gérer ses émotions, à communiquer efficacement, à résoudre des conflits de manière constructive, à faire preuve d'empathie, à résister à la pression des pairs et à penser de façon critique. Elles sont travaillées dans le contexte spécifique des exigences scolaires.
- Les séances spécifiques obligatoires, d'une durée d'environ deux heures au collège et au lycée, privilégient des modalités participatives. Elles doivent permettre à chaque élève de s'exprimer, de poser des questions et d'écouter les autres dans un cadre sécurisant. La programmation et l'organisation de ces séances sont préparées par les personnels responsables et présentées en conseil des maîtres (premier degré) ou au conseil pédagogique (second degré), en dialogue avec le Comité d'éducation à la santé, à la citoyenneté et à l'environnement (CESCE).
- Les parents d'élèves sont systématiquement informés des objectifs d'apprentissage annuels de cette éducation. Le programme est conçu pour être articulé avec d'autres dispositifs comme le parcours éducatif de santé ou le programme de lutte contre le harcèlement. En complément des trois séances annuelles, d'autres temps (heures de vie de classe, projets, événements particuliers) peuvent être mobilisés. Les ressources d'accompagnement sur Éduscol explicitent les liens avec les programmes disciplinaires et les éducations transversales.
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Programme d'éducation à la sexualité pour le collège, le lycée et le CAP
Cadre général et objectifs par niveau
Les trois séances spécifiques doivent aborder l’ensemble des objectifs d’apprentissage et des notions et compétences associées.
- Le document présente un programme structuré d'éducation à la sexualité destiné aux établissements scolaires français, du collège (classes de Quatrième et Troisième) au lycée (Seconde, Première, Terminale) et aux classes préparant au Certificat d'Aptitude Professionnelle (CAP). Pour chaque niveau, le programme est organisé autour de trois axes fondamentaux et récurrents : « Se connaître, vivre et grandir avec son corps », « Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir » et « Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable ». Chaque niveau possède des objectifs d'apprentissage spécifiques qui évoluent en complexité, depuis la découverte de soi et des relations au collège jusqu'à une réflexion approfondie sur la liberté, les droits et la santé sexuelle au lycée. L'instruction précise que trois séances annuelles spécifiques doivent être consacrées à ce programme, avec pour impératif de couvrir l'intégralité des objectifs et compétences listés pour l'année concernée.
- L'approche est progressive et adaptée au développement des élèves. Au collège (Quatrième), l'accent est mis sur la compréhension de la sexualité comme réalité complexe, le développement d'un esprit critique face aux relations et l'analyse des représentations égalitaires ou inégalitaires. En Troisième, les objectifs s'élèvent pour interroger les liens entre bonheur, émotions et sexualité, construire des relations réciproques et inscrire la sexualité dans le cadre des droits humains. Cette progressivité se poursuit au lycée, où la Seconde travaille sur l'image de soi et la gestion de l'intimité numérique, la Première sur la maîtrise de soi et le consentement, et la Terminale sur l'épanouissement dans une relation équilibrée et les conditions sociales de la liberté individuelle.
Axe 1 : Se connaître, vivre et grandir avec son corps
Aborder la sexualité comme une réalité complexe pouvant faire intervenir le plaisir, l’amour, la reproduction, etc.
- Cet axe fondamental vise à permettre aux élèves de développer une connaissance et une image positive de leur corps. Il englobe la compréhension de la sexualité dans ses multiples dimensions (physique, psychologique, interpersonnelle) et la reconnaissance de sa diversité d'expression. Dès la Quatrième, il s'agit de savoir qu'il existe des personnes intersexes. Le programme insiste sur l'importance de la gestion des émotions, présentée comme un élément clé pour développer des relations de qualité et prévenir les violences. Il fournit également des connaissances pratiques cruciales sur la santé sexuelle, en indiquant aux élèves où et comment s'informer, bénéficier de dépistages (HPV, endométriose) ou d'une prise en charge médicale.
- La progression est nette : en Seconde, l'objectif est de « Prendre soin de son corps et développer une image positive de soi », avec une approche biologique comparée (clitoris/pénis, ovaire/testicule) et une réflexion sur l'influence des normes sociales et des réseaux sociaux sur l'image corporelle. En Première, l'accent est mis sur la capacité à « Faire des choix en restant maître de soi », en analysant notamment les risques liés aux substances psychoactives et aux rapports non protégés. En Terminale, l'objectif se raffine pour « Reconnaître ses émotions et ses désirs pour mieux se connaître », en différenciant excitation, sentiment, désir et plaisir, et en comprenant les mécanismes de la réponse sexuelle. La santé sexuelle y est définie de manière holistique, comme un état de bien-être physique, mental et social.
Axe 2 : Rencontrer les autres et construire des relations
Développer une compréhension critique et respectueuse des relations interpersonnelles et des enjeux associés à la sexualité.
- Cet axe est central pour apprendre à construire des relations saines, fondées sur le respect, la réciprocité et le consentement. Dès la Quatrième, la notion de consentement est définie et travaillée à travers des exemples littéraires ou médiatiques, avec l'idée forte que « tout acte de nature sexuelle non désiré constitue une violence sexuelle ». Les élèves apprennent à s'affirmer par le consentement et le refus. Le programme aborde également l'analyse des mécanismes d'emprise et de domination psychologique, intrinsèques aux violences conjugales, sexuelles ou à l'exploitation sexuelle, et apprend à identifier les personnes-ressources et les services d'aide (comme le 3018 ou le 119).
- La complexité augmente avec les niveaux. En Seconde, il s'agit de « Reconnaître et comprendre ses émotions, ses sentiments et ceux des autres » en analysant les codes des différentes étapes d'une relation. En Première, l'objectif « Désirer et vouloir, donner ou refuser son consentement » est approfondi par l'étude de l'expression du désir et du plaisir dans les œuvres culturelles, et par une connaissance précise du cadre juridique (définitions du harcèlement, de l'agression sexuelle, du viol, etc.). En Terminale, l'accent est mis sur la communication et l'équilibre dans la relation (« S’épanouir dans une relation équilibrée à l’autre »), en envisageant le partage des émotions et en analysant les composantes d'une relation positive, y compris la place de la frustration et l'importance de ne jamais faire pression.
Axe 3 : Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable
Inscrire la sexualité dans la définition et le respect des droits humains.
- Cet axe place la sexualité dans un contexte social, juridique et éthique plus large. Il vise à développer un esprit critique face aux normes, stéréotypes et discriminations. Dès la Quatrième, les élèves sont invités à étudier les représentations de la sexualité dans l'espace public pour en interroger le caractère égalitaire, à comprendre la notion de pornographie et les raisons de son interdiction aux mineurs, ainsi qu'à identifier les mécanismes des systèmes prostitutionnels. La distinction entre vie publique et vie privée, notamment sur les réseaux sociaux, est un objectif clé.
- En Troisième, l'objectif est explicitement d'« Inscrire la sexualité dans le respect des droits humains ». Les élèves apprennent à caractériser les situations de violence sexuelle ou de discrimination (en référence à l'article 225-1 du Code pénal) et comprennent que les victimes n'en sont jamais responsables. Ils analysent l'évolution des lois (comme la dépénalisation de l'homosexualité en 1982) pour prendre conscience des décalages entre principes et réalité. Au lycée, les enjeux se précisent : en Seconde sur la protection de l'intimité à l'ère numérique, en Première sur l'acceptation de soi face aux pressions (« Être soi, entre acceptation et déni »), et en Terminale sur la résistance collective aux violences et discriminations, avec une réflexion sur des mouvements sociaux comme les Marches des fiertés ou #MeToo.
Méthodologie et activités pédagogiques proposées
À partir d’exemples dans la littérature ou les médias, définir la notion de consentement et les différentes manières de le solliciter, de l’exprimer, d’exprimer le refus.
- Le document fournit pour chaque axe et chaque niveau une riche liste de « Propositions de démarches et d’activités ». La pédagogie privilégie une approche active, réflexive et ancrée dans la culture. L'analyse d'œuvres littéraires, cinématographiques, théâtrales ou artistiques est systématiquement recommandée pour aborder des notions complexes comme le consentement, le désir, les émotions ou les stéréotypes. Par exemple, étudier une scène de rencontre amoureuse au cinéma permet de repérer et analyser les notions de consentement et de plaisir. Ces supports servent de base à des discussions argumentées et réflexives.
- Les activités sont variées et engageantes : jeux de rôles ou théâtre forum pour rejouer des saynètes impliquant victime, agresseur et témoins ; analyse de cas concrets tirés de saisines de la CNIL ou du Défenseur des droits pour sensibiliser au cyberharcèlement ; réalisation d'expositions, d'affiches ou de plaquettes d'information ; débats à partir de phrases types ou de situations fictives ; utilisation de la photo-expression ou d'activités physiques pour explorer les sensations. L'objectif est de développer l'esprit critique, l'empathie et les compétences psychosociales des élèves, tout en leur fournissant des informations factuelles et des ressources concrètes (numéros d'urgence, lieux d'aide).
Thématiques transversales et prévention des violences
Prendre conscience que chaque personne a droit à une sexualité exempte de toute violence, respectueuse de sa liberté, de sa dignité et de son intimité.
- La prévention de toutes les formes de violences sexistes et sexuelles est un fil rouge absolu du programme. Dès le collège, les élèves apprennent à identifier les cyberviolences, le harcèlement, les mécanismes d'emprise, les violences au sein du couple, l'inceste et l'exploitation sexuelle. Une attention particulière est portée à la responsabilité des témoins et aux moyens d'agir : pratiquer une écoute empathique, soutenir la victime, signaler les violences. Le programme insiste sur le fait que les victimes ne sont jamais responsables des violences subies.
- Des violences spécifiques sont abordées de manière détaillée et sur plusieurs niveaux. Les mutilations sexuelles féminines sont présentées comme une appropriation du corps des femmes et une atteinte à leurs droits fondamentaux, interdites et sévèrement punies par la loi. Le mariage forcé est défini comme une atteinte aux droits humains, et les élèves apprennent comment y échapper. La question du féminicide est également abordée. La lutte contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle, à l'identité de genre (LGBT+phobie) ou au statut sérologique (sérophobie) est intégrée, avec un effort pour déconstruire les préjugés, par exemple en expliquant qu'une personne séropositive sous traitement efficace ne transmet pas le VIH (principe I=I).
Éducation à la santé sexuelle et prévention des risques
Comprendre l’importance de prendre des décisions favorables à sa santé et celle des autres, faire des choix responsables.
- L'éducation à la santé sexuelle est concrète et pratique. Elle couvre systématiquement la prévention des Infections Sexuellement Transmissibles (IST), incluant le VIH, avec l'explication des modes de transmission, des moyens de protection (préservatifs), du dépistage, et des traitements comme la Prophylaxie Pré-Exposition (PrEP) ou le Traitement Post-Exposition (TPE). La vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) est également mentionnée. La prévention des grossesses non prévues passe par la connaissance des moyens de contraception, de la contraception d'urgence et de l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), dont le cadre juridique garantissant l'accès est expliqué.
- Le programme adopte une approche de réduction des risques réaliste. Il aborde l'influence des substances psychoactives (alcool, drogues) et de la soumission chimique sur le discernement et la capacité à donner ou reconnaître un consentement. Il encourage les élèves à réfléchir aux conduites à adopter en contexte festif pour préserver leur santé et celle des autres. L'objectif est de développer leur capacité à faire des choix éclairés et responsables, en connaissant les ressources disponibles (infirmerie, centres gratuits d'information et de dépistage, numéro vert 0 800 08 11 11) et en sachant comment réagir après une prise de risque.
Enjeux numériques et protection de l'intimité
Distinguer, à l’ère du numérique et des réseaux sociaux, « se montrer », « s’exposer » et « s’exhiber ».
- La place du numérique et des réseaux sociaux dans la vie relationnelle et sexuelle des jeunes est une préoccupation majeure du programme. Dès le collège, il s'agit de prendre conscience des dangers (contenus pornographiques interdits aux mineurs, cyberharcèlement, diffusion d'images intimes) et d'élaborer des stratégies de protection. Les élèves apprennent à identifier les situations où le partage d'images est interdit (pornodivulgation) et les conséquences de leurs actions en ligne, comme l'utilisation du « like ».
- Au lycée et en CAP, la réflexion se sophistique pour analyser les frontières entre l'intime, le privé et le public. Les élèves sont amenés à distinguer « se montrer », « s’exposer » et « s’exhiber » à travers des exemples comme les performances sportives ou les autoportraits. Ils étudient le cadre juridique de la liberté d'expression et ses limites (diffamation, injure), ainsi que les lois protégeant les mineurs des images pornographiques. Le programme alerte aussi sur l'utilisation des réseaux sociaux par les réseaux prostitutionnels pour recruter et développe des compétences pour signaler les contenus haineux ou illicites et soutenir les victimes de cyberviolences.
Programme adapté pour le Certificat d'Aptitude Professionnelle (CAP)
Les trois séances spécifiques doivent aborder l’ensemble des objectifs d’apprentissage et des notions et compétences associées.
- Le programme pour les classes de CAP, réparti sur deux années, reprend la structure triadique (corps, relations, société) et les grands thèmes du lycée général, mais dans un format adapté. La première année se concentre sur des objectifs de base similaires à ceux de Seconde : prendre soin de son corps et développer une image positive de soi, reconnaître et comprendre les émotions et le consentement, se protéger et protéger les autres dans l'espace numérique. La deuxième année approfondit ces notions avec des objectifs proches de ceux de Première et Terminale : se connaître et rester maître de soi (gestion des substances psychoactives, santé sexuelle), s'épanouir dans une relation équilibrée, et être libre d'être soi dans la société.
- Les propositions d'activités pour le CAP restent très concrètes et ancrées dans le réel. On retrouve l'analyse de scènes de films ou de littérature, les jeux de cartes pour reconstituer les étapes d'une relation, l'étude de la diversité culturelle des codes de rencontre, et la réflexion sur des situations de fête et de pression de groupe. Une attention particulière est portée à l'identification des ressources d'aide et à la connaissance des droits, y compris dans le contexte professionnel futur des élèves (identification des violences sexistes et sexuelles au travail, interlocuteurs comme l'inspection du travail). Le programme vise ainsi à doter les élèves de CAP des mêmes compétences psychosociales et connaissances essentielles en matière de sexualité, de relations et de droits.
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