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La Konservative Revolution et le Nationalsozialismus : Un Prüfstein Historique

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timestamp: "00:17"

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title: "Le Nationalsozialismus comme Prüfstein et le Problème de la Perspective Historique"

quote: "Die Fünfte Einheit wird sich einem Thema widmen, dass die Beschäftigung mit der konservativen Revolution stark beeinflusst und stark in eine Richtung beeinflusst. Nämlich das Verhältnis von konservativer Revolution und Nationalsozialismus."

details:

Le conférencier introduit le thème central de l'unité : la relation complexe et problématique entre la Révolution Conservatrice et le National-Socialisme. Il qualifie le National-Socialisme de "Prüfstein" (pierre de touche) pour deux raisons principales. Premièrement, en 1933, la Révolution Conservatrice a été mise à l'épreuve dans la pratique, confrontée à la question de savoir si elle se soumettrait à son "frère plus réussi". Deuxièmement, et de manière plus déterminante pour l'historiographie actuelle, le National-Socialisme est le prisme à travers lequel la Révolution Conservatrice est aujourd'hui perçue et jugée.

Le conférencier explique que la perception de la Révolution Conservatrice est "verengt" (rétrécie) par l'ombre du National-Socialisme. La catastrophe de 1945, la destruction de l'État allemand et, surtout, la banqueroute morale totale due aux crimes nationaux-socialistes, ont créé une situation radicalement différente de celle de 1918. L'Allemagne n'a pas survécu en tant qu'État, mais a été divisée en zones d'occupation, et les territoires de l'Est, si importants pour la pensée conservatrice (la Prusse), ont été perdus.

Cette perspective a conduit à une "Blickverengung" (rétrécissement du regard) sur l'histoire allemande. Tout ce qui a précédé le National-Socialisme est désormais examiné à travers le prisme de cette catastrophe. Le conférencier évoque la thèse populaire du "Sonderweg" (voie spéciale) allemande, qui voit dans l'histoire allemande, de Luther à la Prusse, une série de précurseurs menant inévitablement à Hitler. Cette approche téléologique contamine particulièrement les idées qui étaient immédiatement antérieures à 1933, rendant difficile une évaluation objective de la Révolution Conservatrice.

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timestamp: "04:42"

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title: "Le Problème de la Distance Historique et la Comparaison avec le Trotzkysme"

quote: "MoLa hat die Beziehung von Konservativen Revolution und Nationalsozialismus jedenfalls in Teilen mal verglichen mit den Kommunisten und den Trotzkisten oder den Bolschewisten und den Trotzkisten viel mehr."

details:

Le conférencier aborde le problème de la distance historique. Armin Mohler, un des premiers théoriciens du concept, pensait dans les années 1940 que le recul était insuffisant pour une évaluation objective. Or, près de 70 ans plus tard, le National-Socialisme est plus présent que jamais, non seulement comme événement historique, mais aussi comme catégorie morale pour juger l'histoire. L'espoir d'une "Historisierung" (historicisation) ne s'est pas réalisé.

La question centrale est de savoir si la similitude des mots d'ordre et des thèmes entre la Révolution Conservatrice et le National-Socialisme implique une similitude structurelle. Sont-ils des "frères" issus d'un même tronc, ou non ? De cette question découle celle de la responsabilité partagée pour les crimes des années 1930 et 1940. Ce terrain est miné et rend l'étude de la tradition conservatrice particulièrement difficile, surtout dans le cadre universitaire où une prise de position morale est souvent exigée.

Le conférencier introduit une comparaison faite par Mohler : celle entre les nationaux-socialistes et les bolcheviks, et les révolutionnaires-conservateurs et les trotskystes. Dans ce schéma, le National-Socialisme est une masse en mouvement et un parti arrivé au pouvoir, s'appuyant à la fois sur les masses et sur une élite intellectuelle. Ceux qui se sont écartés de cette ligne, comme les "trotzkystes" de la Révolution Conservatrice, ont été persécutés. La question se pose de savoir dans quelle mesure ces "trotzkystes" ont également combattu le National-Socialisme.

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timestamp: "08:43"

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title: "Les Trois Écoles de la Pensée Nationale-Révolutionnaire selon Ernst Jünger"

quote: "Die Meinungsbildung der neuen Kräfte in Deutschland von 1918 bis 1933, Deren Geschichte noch nicht geschrieben ist, Vollzog sich im Wesentlichen in drei Schulen. Die man als Berliner, die Hamburger und die Münchner bezeichnen kann."

details:

Le conférencier cite une lettre d'Ernst Jünger à son frère Friedrich Georg, datée de septembre 1947. Jünger y distingue trois écoles de pensée parmi les "nouvelles forces" en Allemagne entre 1918 et 1933 : l'école de Munich, l'école de Hambourg et l'école de Berlin.

L'école de Munich, identifiée au National-Socialisme, a proposé ses idées "au meilleur marché" et a donc remporté la victoire dans les circonstances données. L'école de Hambourg, à laquelle Jünger rattache Oswald Spengler et son adhésion au "Deutsches Volkstum" (ethnie allemande), représente la Révolution Conservatrice. L'école de Berlin, avec Ernst Niekisch et les frères Jünger eux-mêmes, a suivi une ligne que Jünger qualifie de "Widerstand" (résistance), mais qui a été politiquement la moins influente.

Jünger affirme que, d'un point de vue idéologique, seule l'école de Berlin a encore des atouts à faire valoir après la "grande liquidation" de 1945. Le conférencier note que cette classification est arbitraire, mais qu'elle montre comment Jünger revendique pour lui-même et son frère une position de résistance idéologique, distincte à la fois du National-Socialisme et du conservatisme hambourgeois. Cette lettre soulève la question de la pertinence de ces courants après 1945.

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timestamp: "12:22"

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title: "Deux Voies Opposées : Carl Schmitt et Ernst Jünger face au National-Socialisme"

quote: "Hoferin Schmidt jetzt von heute aus, eben als Totengreber der Weimarooblieg zählt. So wird man in dieser Phase nicht allzu viel dafür finden. Sondern einen relativ oder ein recht entschlossenen Juristen. Der vor allem eins möchte, man geht den Staat retten und den Staat retten vor dem Bürgerkrieg."

details:

Le conférencier utilise les exemples de Carl Schmitt et Ernst Jünger pour illustrer deux trajectoires très différentes de figures de la Révolution Conservatrice face à la montée du National-Socialisme. Schmitt, dans la phase finale de la République de Weimar, s'est engagé comme conseiller des cabinets présidentiels, plaidant pour un "État total" capable de surmonter l'État faible ("Schwachenstaat") et de mettre fin à la guerre civile rampante.

Le conférencier précise que Schmitt n'était pas à l'époque un "croque-mort de Weimar", mais un juriste déterminé à sauver l'État du chaos. Son basculement soudain vers le National-Socialisme en 1933 a surpris, même ses amis comme Ernst Jünger, qui l'avait mis en garde. Le point bas de cette trajectoire est l'article de Schmitt en 1934, "Der Führer schützt das Recht", qui justifie les meurtres du "Röhm-Putsch".

En contraste, Ernst Jünger a pris ses distances avec l'activisme politique dans la phase finale de Weimar. Il s'est retiré sur une position d'analyste, purgeant ses écrits de leurs formules trop nationalistes. En 1933, il ne s'est pas proposé au nouveau régime, malgré son aura de héros de guerre. Il s'est retiré en province et a publié en 1939 "Sur les falaises de marbre", une œuvre d'immigration intérieure perçue comme une critique du totalitarisme. Ces deux voies montrent la diversité des réactions au sein de la Révolution Conservatrice.

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timestamp: "19:55"

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title: "Le Cercle de Résistance 'Widerstand' et la Notion d'Immigration Intérieure"

quote: "Widerstand gegen den Nationalsozialismus sondern hier war explizit. Die zieht schon Widerstand gegen den Wernerer Publikkemeint, gegen die Verwässlichung. Und Widerstand letztlich gegen die liberal-kapitalistische Demokratie."

details:

Le conférencier clarifie le terme "Widerstand" (résistance) utilisé par Ernst Jünger. Il ne s'agit pas de la résistance contre le National-Socialisme (comme celle de Stauffenberg), mais de la résistance contre la République de Weimar et la démocratie libérale-capitaliste. Ce cercle était centré autour d'Ernst Niekisch et de sa revue "Widerstand", publiée de 1926 à 1934.

Ce groupe se caractérisait par un "national-bolchevisme" et une opposition farouche au système de Weimar. En 1932, Niekisch publia une brochure intitulée "Hitler, ein deutsches Verhängnis" (Hitler, une fatalité allemande), qui, rétrospectivement, peut sembler prophétique. Cependant, le conférencier souligne qu'il s'agissait aussi de luttes de pouvoir à droite, Niekisch privilégiant une orientation prussienne et une alliance avec l'Est contre l'Occident.

Le conférencier aborde ensuite la notion d'"innere Immigration" (immigration intérieure), une stratégie de survie adoptée par de nombreux écrivains de la Révolution Conservatrice sous le Troisième Reich. Il cite quatre exemples de romans publiés sous le régime et perçus comme des prises de position conservatrices contre le National-Socialisme : "Der Großtyrann und das Gericht" de Werner Bergengruen (1935), "Der Vater" de Jochen Klepper (1937), "Las Casas vor Karl V." de Reinhold Schneider (1938) et "Das einfache Leben" d'Ernst Wiechert (1939). Ces œuvres utilisaient des paraboles historiques ou des récits d'évasion pour critiquer indirectement le régime.

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timestamp: "28:20"

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title: "Les Événements Clés : Le 30 Juin 1934 et le 20 Juillet 1944"