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Pages 1-820 (partie 1)

Rapport Annuel du Bureau d’Ethnologie Américaine, 1913-1914 : Recherches et Ethnologie des Kwakiutl

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chapter: "1"

title: "Recherches systématiques et explorations archéologiques"

quote: "The systematic researches were conducted by the regular staff of the bureau, consisting of nine ethnologists, including the ethnologist-in-charge and several special investigators."

details:

Le rapport administratif de F. W. Hodge détaille les activités du Bureau pour l’exercice 1913-1914. Hodge a consacré une grande partie de son temps à la préparation d’une bibliographie annotée des Indiens Pueblos, comprenant environ 1 900 fiches, et à la reconnaissance de ruines préhistoriques dans la vallée de Cebollita, au Nouveau-Mexique. Il a décrit un village perché sur une mesa, avec des structures défensives, des murs en pierre de taille soigneusement appareillés, et un système de réservoirs alimentés par les eaux de pluie. Les fouilles ont livré des poteries polychromes (noir sur blanc, rouge sur blanc, etc.) et un panier en jonc (Scirpus validus) couvrant un bol funéraire. Hodge a également examiné d’autres ruines circulaires et des abris sous roche, dont un poste de guet.

J. Walter Fewkes a poursuivi son étude des aborigènes des Antilles, examinant des collections à Berlin, Copenhague, Leipzig, Dresde et Vienne, ainsi que des sites en Égypte et en Grèce pour des comparaisons avec le Sud-Ouest américain. Il a ensuite mené des fouilles dans la vallée de Mimbres (Nouveau-Mexique), où il a exhumé une soixantaine de poteries mortuaires décorées de motifs géométriques et de figures animales, proches de celles de Casas Grandes (Chihuahua). Ces objets ont enrichi les collections du National Museum.

James Mooney a travaillé sur les formules sacrées des Cherokees, collectant des plantes médicinales, dont une variété de maïs inconnue, et a enquêté sur des groupes métis dans le Maryland (descendants des Piscataway). Il a également préparé une déposition sur les tribus et déprédations indiennes au Mexique pour le Département de la Justice.

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chapter: "2"

title: "Études linguistiques et mythologiques"

quote: "The material contained in the following pages was collected partly in connection with the work of the Jesup North Pacific Expedition, partly after the close of the expedition, largely with funds provided by friends..."

details:

John R. Swanton a assisté aux cérémonies du busk chez les Creeks (Eufaula, Hilibi, Fish Pond, Tukabachi) et a recueilli des textes en hitchiti, tandis que J. N. B. Hewitt a édité et traduit des textes sénécas (dont « Shagowenotha » et « Doadanegen ») totalisant plus de 26 000 mots anglais. Il a également annoté les mythes recueillis par Jeremiah Curtin. Francis La Flesche a enregistré cinq cérémonies osages, dont le rituel de paix Wawatho (150 pages) et la cérémonie de tatouage Wexthexthe, avec des objets sacrés déposés au National Museum.

Truman Michelson a étudié les Fox dans l’Iowa et le Montana (Sutaio), élucidant leur organisation sociale et recueillant de longs mythes. Il a également examiné les langues yurok et wiyot, concluant qu’elles n’étaient pas algonquiennes. Leo J. Frachtenberg a travaillé sur les langues kalapooiennes, coos et siuslaw, découvrant des liens phonétiques avec le klamath et le sahaptin, et a collecté des textes sur le cycle du coyote. Il a aussi prouvé l’extinction des Willapa.

Franz Boas a supervisé la rédaction du « Handbook of American Indian Languages » (partie 2), avec des esquisses du takelma, coos, siuslaw, kutenaï et tchouktche. Il a achevé sa monographie sur la mythologie tsimshian, basée sur les écrits de Henry W. Tate. La carte de distribution des dialectes salish, financée par Homer E. Sargent, a également été finalisée.

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chapter: "3"

title: "Publications et collections"

quote: "The large collection of manuscripts in possession of the bureau has been in continuous charge of Mr. J. N. B. Hewitt."

details:

Les publications de l’année comprennent les bulletins 53 (« Chippewa Music—II » de Frances Densmore) et 56 (« Ethnozoology of the Tewa Indians » de Henderson et Harrington), ainsi que l’extrait coos du Handbook. Le 29e rapport annuel (avec l’ethnogéographie des Tewa) et le 30e (avec la mythologie tsimshian, l’ethnobotanique zuni et le folklore guianais) étaient en cours d’impression. Le dictionnaire choctaw de Byington (bulletin 46) et l’introduction aux hiéroglyphes mayas de Morley (bulletin 57) étaient en préparation.

La bibliothèque a accueilli 708 livres et 150 brochures, dont des séries complètes de périodiques allemands et argentins. L’installation de nouvelles étagères métalliques a permis de réorganiser les collections. Le service d’illustration, dirigé par De Lancey Gill, a produit 2 500 clichés photostatiques de manuscrits rares (notamment un dictionnaire potawatomi) et a photographié 17 délégations indiennes visiteuses.

Les collections ethnologiques ont été transférées au National Museum : céramiques anciennes d’Angleterre, ossements humains du Nouveau-Mexique, objets cherokees et catawbas, et un phallus en pierre du Mesa Verde. Le Bureau a acquis un appareil photostatique pour copier des documents uniques, comme le dictionnaire de Gerard sur les emprunts indiens en anglais.

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chapter: "4"

title: "Industries kwakiutl : fabrication de récipients et d’outils"

quote: "The box-maker takes the well-splitting cedar-wood... After he has done so, he goes to get driftwood for heating stones."

details:

Le rapport annexé, « Ethnology of the Kwakiutl » par Franz Boas (d’après les données de George Hunt), décrit en détail les industries du bois. La fabrication des plats de festin (loqlwe) en aulne commence par le choix d’un arbre sans nœuds. Le tronc est fendu, creusé à l’herminette, puis décoré de peinture noire à base de charbon et d’œufs de saumon. Les dimensions varient selon l’usage : plat de six convives (3 ½ empans), plat pour le chef (2 ½ empans), ou plat individuel (1 empan). Le récipient à broyer les baies est en cèdre, d’un seul tenant, avec un intérieur lisse.

La fabrication des boîtes pour bulbes de lis ou pour l’huile d’eulakane est un processus complexe. L’artisan sélectionne un cèdre couvert de mousse (plus souple et résistant à la chaleur). Il abat l’arbre, fend des planches de 2 empans de large et 1 doigt d’épaisseur. Les planches sont mesurées, marquées et entaillées pour former des rainures de pliage. Des pierres chaudes, du varech et de l’eau sont utilisés pour ramollir le bois, puis les angles sont pliés à l’aide d’un protège-planche et d’un outil de cintrage. Les joints sont chevillés avec des morceaux de bois de pin rouge, ou cousus avec des lanières de cèdre trempées dans l’urine pour les assouplir.

La couture à la lanière de cèdre est exécutée avec une mèche en os. Les planches sont percées obliquement, et la lanière est passée selon un motif en zigzag, puis martelée dans une rainure avec un galet. Cette technique servait aussi pour les voiles en bois des anciens canots. Le canot lui-même recevait un traitement protecteur : un mélange d’huile de perche et de charbon de bois était appliqué sur l’extérieur pour le rendre imperméable au soleil.

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chapter: "5"

title: "Chasse, pêche et cueillette"

quote: "The Kwakiutl are essentially a fisher folk, and so to them all other gainful pursuits are of secondary importance."

details:

Les Kwakiutl pratiquent la chasse à la chèvre de montagne, au phoque et au marsouin. La pêche cible le flétan, le poisson-charbon, le saumon (kéta, argenté, rouge), le hareng, le poulpe et les oursins. Des techniques spécifiques sont décrites : hameçons pour le poulpe, filets pour les œufs de hareng, et une perche pour cueillir le varech. La collecte des racines de trèfle, de potentille, de fougère, de lupin, de carottes sauvages et de bulbes de lis se fait à l’aide de bâtons à fouir. Les baies (sureaux, myrtilles, salal, groseilles, etc.) sont récoltées en quantité.

La conservation est cruciale : le saumon est séché, fumé, ou mis en cave ; les œufs de saumon sont pressés ; les baies sont transformées en gâteaux séchés (sureau, salal). Les algues sont séchées et réduites en poudre. Les racines et bulbes sont séchés ou entreposés dans l’huile. Le chiton et la cryptochiton sont cuits sur des pierres chaudes.

Les recettes sont nombreuses : saumon rôti, bouilli ou « boursouflé » ; flétan séché ou fumé ; tête de phoque cuite à la vapeur ; huîtres et moules. L’huile d’eulakane (perche) est un condiment essentiel. Le qotlxole (mélange de baies et de graisse) est un mets de fête.

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chapter: "6"

title: "Croyances, coutumes et structure sociale"

quote: "Among the Kwakiutl proper there is a 'ceremonial of cannibalism' which is the most important part of the ritual to which it belongs."

details:

Les croyances incluent des signes corporels (démangeaisons, éternuements) et les cris du corbeau comme présages. Des tabous spécifiques entourent la chasse au phoque, la pêche au saumon, la construction de canots et la récolte des racines de fougère. Des prières sont adressées aux jeunes cèdres et aux esprits pour le beau temps. La naissance des jumeaux est entourée de rituels particuliers ; le nouveau-né est lavé et sa tête modelée. L’emploi de la suie pour cautériser et les pratiques chamaniques (comme l’initiation du Ts!ots!ena) sont décrits.

La mort implique des rituels funéraires et la croyance en un pays des fantômes. La notion de « sol de l’homme » (l’essence spirituelle) est centrale. Le cannibalisme rituel, introduit selon la tradition depuis les Heiltsuk vers 1830, est un élément clé de la cérémonie d’hiver. La société est organisée en tribus et en numayms (groupes de parenté), avec des noms et des crêtes héréditaires. Les mariages sont souvent endogames au sein du numaym, mais des alliances externes existent.

Les festins (potlatch) sont des occasions de redistribuer la nourriture (phoque, baies, qotlxole) et de réciter des discours. Les insultes codifiées (« mots de jurement ») font partie de la vie sociale. La femme du chef occupe une position élevée. L’ouvrage de Boas décrit avec une précision remarquable tous les aspects de la vie kwakiutl, des techniques artisanales aux croyances les plus profondes, constituant une source ethnographique majeure.