Trump & Foreign Emoluments 01 04 2024.pdf

Pages 1-156 (partie 1)

La Maison-Blanche à vendre : comment les princes, Premiers ministres et chefs de gouvernement ont payé le président Trump

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chapter: "1"

title: "Violation de la Constitution et montants reçus"

quote: "Le président Trump a accepté, au minimum, 7,8 millions de dollars de paiements étrangers en violation de la clause des émoluments étrangers, sans jamais demander le consentement du Congrès."

details:

Le rapport établit que Donald Trump, en tant que président, a reçu plus de 7,8 millions de dollars de paiements de gouvernements étrangers via ses entreprises, en violation directe de l'article I, section 9, clause 8 de la Constitution. Cette clause interdit à tout titulaire d'une fonction publique d'accepter "tout présent, émolument, office ou titre, de quelque nature que ce soit" d'un État étranger sans l'approbation du Congrès. Les paiements proviennent d'au moins 20 pays, dont la Chine, l'Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis, et ont transité par quatre propriétés appartenant à Trump : le Trump International Hotel à Washington D.C., celui de Las Vegas, la Trump Tower et le Trump World Tower à New York. Le rapport souligne que ces fonds ont été reçus alors que ces nations promouvaient des objectifs de politique étrangère spécifiques auprès de l'administration Trump, créant un conflit d'intérêts direct et un manquement à l'obligation de loyauté envers le peuple américain.

Aucun président précédent n'avait accumulé de tels émoluments étrangers. Les fondateurs de la Constitution avaient spécifiquement conçu cette clause pour éviter que les présidents ne soient influencés par des puissances étrangères. Trump a ignoré cet impératif constitutionnel en refusant de se séparer de ses entreprises et en gardant le contrôle de ses actifs. Il a notamment déclaré que "le président ne peut pas avoir de conflit d'intérêts", renversant des siècles de précédent. Le rapport note que même les dons de "profits" annoncés par la Trump Organization ne couvraient que les bénéfices, pas les recettes totales, laissant intacte une grande partie des émoluments. Cette violation systématique compromet l'indépendance de la fonction présidentielle et justifie une réforme urgente des lois sur l'éthique.

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chapter: "2"

title: "L'enquête du Comité et l'obstruction de Comer"

quote: "Le président Trump a activement dissimulé ces paiements et tenté d'empêcher le Congrès d'obtenir des informations à leur sujet, obstruant ainsi le devoir constitutionnel du Congrès."

details:

L'enquête du Comité de surveillance et de responsabilité, initiée par le regretté représentant Elijah Cummings, a duré sept ans. Après des refus répétés de Trump de fournir des documents, une assignation a été émise à son cabinet comptable Mazars en avril 2019. Trump a contesté en justice pendant des années, mais la Cour suprême a statué en juillet 2020 qu'il n'était pas au-dessus de la loi et devait se conformer à l'assignation. Un accord supervisé par un tribunal a été conclu en septembre 2022, permettant à Mazars de produire des documents. Cependant, en janvier 2023, le nouveau président républicain du Comité, James Comer, a brusquement libéré Mazars de ses obligations, agissant de concert avec les avocats de Trump. Cette décision a mis fin à la production de documents après seulement quatre mois, privant le Comité de preuves cruciales, notamment concernant la Russie, la Corée du Sud, l'Afrique du Sud et le Brésil.

Le rapport déplore que Comer ait entravé l'enquête en affirmant ne pas savoir ce qu'était Mazars, tout en se tournant immédiatement vers une enquête sur la famille Biden sans fondement. Cette obstruction a enterré des preuves de mauvaise conduite de Trump. Malgré cela, les documents déjà obtenus révèlent un réseau de paiements étrangers. Le rapport souligne que cet abandon de l'assignation, en coordination avec les avocats de Trump, constitue un grave manquement au devoir du Comité de contrôler l'exécutif. Les démocrates du Comité appellent à une réforme législative pour empêcher que de telles circonstances ne se reproduisent, notamment en renforçant les pouvoirs de surveillance du Congrès face à un président corrompu.

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chapter: "3"

title: "Méthodologie et lacunes documentaires"

quote: "Les documents produits par Mazars ne représentent qu'une fraction des enregistrements financiers que le Comité avait assignés, mais ils fournissent déjà la preuve de millions de dollars de paiements étrangers."

details:

La méthodologie du rapport repose sur les documents limités reçus de Mazars avant l'intervention de Comer, ainsi que sur des informations publiques. L'analyse porte sur quatre propriétés : le Trump International Hotel à Washington D.C. et Las Vegas, le Trump World Tower à New York, et la Trump Tower (via des données publiques pour ICBC). Les enregistrements incluent les livres de comptes des clients, les rapports de journal de facturation et les états de statut des copropriétés, mais seulement pour certaines périodes (par exemple, 2018 pour le Trump World Tower). Le rapport adopte une approche conservative : il ne compte que les paiements clairement identifiés comme provenant de gouvernements étrangers ou d'entités contrôlées par eux, et exclut les dépôts partiels ou les dépenses des entités privées chinoises opaques. Par exemple, les frais de la famille royale qatarie (plus de 283 000 dollars) n'ont pas été inclus en raison d'une contestation diplomatique.

Malgré ces limites, les documents mettent en évidence des omissions graves. Mazars n'a pas produit de registres pour le prêt de 20 millions de dollars de Daewoo (non déclaré par Trump), ni pour les livres de comptes de l'inauguration présidentielle de 2017, ni pour le bail d'ICBC à Trump Tower. Le rapport estime que les paiements totaux au Trump International Hotel de Washington D.C. pourraient atteindre 3,8 millions de dollars sur la base des seuls "profits" déclarés par l'hôtel, alors que les documents de Mazars n'en montrent qu'une fraction. L'absence de documents pour au moins 97 % des entités commerciales de Trump signifie que le total réel des émoluments est très probablement beaucoup plus élevé. Ces lacunes soulignent l'urgence de réformes pour garantir la transparence financière des présidents.

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chapter: "4"

title: "Chine : le plus grand contributeur"

quote: "La Chine a versé au moins 5,57 millions de dollars à Trump via des entités étatiques, tandis que Trump prenait des décisions favorables à Pékin, notamment en ne sanctionnant pas ICBC."

details:

Le rapport identifie la Chine comme le plus grand payeur, avec au moins 5,57 millions de dollars d'émoluments. Les paiements proviennent de trois sources : l'ambassade de Chine (19 391 $ pour un séjour en 2017 à l'hôtel Trump de Washington), Hainan Airlines (195 662 $ pour un séjour de 14 mois à Las Vegas entre 2016 et 2018), et surtout l'Industrial and Commercial Bank of China (ICBC), qui a payé environ 5,36 millions de dollars de loyer pour ses bureaux dans la Trump Tower entre février 2017 et octobre 2019. ICBC est une banque d'État chinoise dont le bail a été signé en 2008. Pendant la présidence de Trump, ICBC a été impliquée dans des transactions avec des sociétés écrans nord-coréennes contournant les sanctions américaines, mais Trump n'a jamais imposé de sanctions contre elle, malgré les appels de républicains du Congrès. Trump avait auparavant déclaré : "J'aime la Chine ! La plus grande banque du monde est de Chine. Vous savez où se trouve son siège américain ? Dans cet immeuble, la Trump Tower."

Au-delà des paiements directs, le rapport détaille l'octroi accéléré de marques à Trump et à sa fille Ivanka pendant son mandat. Trump a reçu plus de 114 marques en Chine, un nombre bien supérieur à celui des États-Unis. Le gouvernement chinois a accordé une marque à Trump peu après son entrée en fonction, et Ivanka Trump a bénéficié d'approbations rapides de marques, souvent en corrélation avec des décisions politiques favorables à la Chine. Par exemple, en mai 2018, Ivanka a reçu six marques juste après que Trump a annoncé son intention de sauver le géant chinois des télécommunications ZTE, qui était sous sanctions. Ces marques représentent des émoluments potentiels supplémentaires. Le rapport note que Trump a omis de déclarer des centaines de marques sur ses formulaires d'éthique, cachant ainsi l'étendue de ses avoirs étrangers. Les liens financiers avec la Chine ont créé un conflit d'intérêts flagrant, Trump hésitant entre une rhétorique anti-chinoise et des actions favorables à Pékin.

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chapter: "5"

title: "Arabie saoudite : dépenses et décisions politiques"

quote: "L'Arabie saoudite a dépensé au moins 615 422 dollars dans les propriétés de Trump, tandis que Trump signait un accord d'armement de 100 milliards de dollars et minimisait le rôle du prince héritier dans le meurtre de Khashoggi."

details:

Le rapport documente au moins 615 422 dollars de paiements de l'Arabie saoudite, principalement via la location du 45e étage du Trump World Tower (537 080 $ estimés pour l'ensemble du mandat) et un séjour d'une délégation saoudienne en mars 2018 à l'hôtel Trump de Washington (78 342 $). Ces paiements ont eu lieu alors que Trump prenait des décisions politiques majeures favorables à Riyad. Dès mai 2017, il a choisi l'Arabie saoudite pour son premier voyage à l'étranger, une première pour un président américain. Il y a signé un accord d'armement de 100 milliards de dollars. Peu après, il a soutenu le blocus du Qatar initié par l'Arabie saoudite et les EAU, malgré les inquiétudes du Pentagone. Trump a également soutenu l'intervention militaire saoudienne au Yémen, causant des pertes civiles massives, et a opposé son veto à une résolution bipartite du Congrès visant à mettre fin au soutien américain à cette guerre.

En 2018, alors que la CIA concluait que le prince héritier Mohammed ben Salmane avait ordonné le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, Trump a minimisé ce rapport et a refusé d'imposer des sanctions significatives. Il a déclaré : "Le monde est un endroit dangereux", tout en continuant à recevoir des paiements saoudiens. Le rapport souligne les déclarations de Trump pendant la campagne : "L'Arabie saoudite, je m'entends très bien avec eux. Ils m'achètent des appartements. Ils dépensent 40, 50 millions de dollars. Suis-je censé ne pas les aimer ? Je les aime beaucoup !" Cette attitude révèle une priorité donnée aux intérêts financiers personnels sur la sécurité nationale et les valeurs américaines. Depuis son départ, Trump a renforcé ses liens avec le Fonds d'investissement public saoudien via le circuit de golf LIV. Le rapport conclut que ces émoluments ont corrompu la politique étrangère américaine.

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chapter: "6"

title: "Autres pays et appels à la réforme"

quote: "Les nations étrangères qui ont payé Trump incluent des régimes autoritaires comme la Malaisie, le Kosovo, la République démocratique du Congo, ainsi que des alliés comme le Qatar et les Émirats."

details:

Outre la Chine et l'Arabie saoudite, le rapport identifie plus d'une douzaine d'autres pays ayant versé des émoluments à Trump, pour un total d'environ 1,7 million de dollars supplémentaires. Par exemple, le Qatar a payé 465 744 $ (principalement pour un appartement au Trump World Tower), le Koweït 303 372 $, l'Inde 282 764 $, la Malaisie 248 962 $, l'Afghanistan 154 750 $, les Philippines 74 810 $, et les Émirats arabes unis 65 225 $. D'autres pays comme la République démocratique du Congo, le Kazakhstan, la Thaïlande, et la Turquie ont effectué des paiements plus modestes. Chacune de ces nations avait des intérêts politiques spécifiques à promouvoir auprès de l'administration Trump. Le rapport note que l'Azerbaïdjan, la Géorgie, la Namibie, la Roumanie et le Costa Rica avaient également des comptes dans des propriétés de Trump, mais les montants n'ont pas été fournis par Mazars.

Le rapport conclut en appelant à une réforme législative urgente pour empêcher de futures violations. Il recommande un nouveau régime de divulgation obligatoire pour toute rémunération étrangère reçue par le président, ainsi qu'une procédure formelle pour obtenir l'approbation du Congrès, comme l'exige la Constitution. Il propose également de renforcer les pouvoirs du Bureau d'éthique gouvernementale et de clarifier que la clause des émoluments s'applique aux transactions de marché. Les démocrates du Comité s'engagent à élaborer un ensemble de réformes pour garantir que loyauté des présidents envers le peuple américain prime sur les intérêts financiers personnels. Ce rapport, bien que limité par l'obstruction de Comer, démontre l'ampleur sans précédent de la corruption de Trump et la nécessité de restaurer l'intégrité de la fonction présidentielle.

Pages 1-156 (partie 2)

Rapport sur les conflits d’intérêts et les émoluments étrangers sous la présidence Trump

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chapter: "7"

title: "La guerre au Yémen et le meurtre de Jamal Khashoggi"

quote: "By late 2016, the conflict in Yemen was causing a humanitarian crisis that was 'pushing the country to the brink of famine,' as Saudi Arabia’s air campaign was causing numerous civilian casualties."