Trump & Foreign Emoluments 01 04 2024.pdf

Pages 1-156 (partie 1)

La Maison Blanche à Vendre : Comment des Princes, des Premiers Ministres et des Dirigeants Ont Remboursé le Président Trump

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chapter: "1"

title: "Introduction et Résumé : Une Violation Systématique de la Constitution"

quote: "Ce rapport expose les résultats d’une enquête de plusieurs années sur la réception par l’ancien président Donald Trump de paiements de la part de gouvernements étrangers et d’entités contrôlées par l’État, une violation directe de la clause des émoluments étrangers de la Constitution américaine."

details:

Le rapport, publié par les démocrates de la commission de surveillance de la Chambre des représentants, documente comment Donald Trump a, pendant sa présidence, accepté au moins 7,8 millions de dollars de paiements de la part d'au moins 20 gouvernements étrangers, en violation de l'article I, section 9, clause 8 de la Constitution. Cette clause interdit à tout fonctionnaire américain d'accepter tout cadeau ou émolument d'un État étranger sans le consentement du Congrès. Les paiements ont été effectués via quatre des plus de 500 entreprises que Trump possédait, notamment le Trump International Hotel à Washington, D.C., et la Trump Tower à New York.

L'enquête, menée sur près de sept ans, a débuté sous la direction du défunt représentant Elijah Cummings. Malgré des années de batailles juridiques, la Cour suprême a statué que Trump n'était pas au-dessus de la loi et devait se conformer à la citation à comparaître de la commission. Cependant, en janvier 2023, le nouveau président de la commission, James Comer, a libéré le cabinet comptable Mazars de son obligation de produire des documents supplémentaires, mettant fin à l'investigation et empêchant la découverte de preuves supplémentaires sur les paiements potentiels d'autres pays comme la Russie ou la Corée du Sud.

Le rapport conclut que Trump a délibérément ignoré les appels des experts en éthique à se désinvestir de ses entreprises, utilisant plutôt la présidence comme une opportunité d'enrichissement personnel. Il a placé ses actifs dans une fiducie révocable contrôlée par ses fils et Allen Weisselberg, lui permettant de continuer à bénéficier des revenus. Cette structure a créé un conflit d'intérêts permanent, où des gouvernements étrangers pouvaient chercher à influencer la politique étrangère américaine en dépensant de l'argent dans les propriétés du président, exactement ce que la clause des émoluments visait à empêcher.

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chapter: "2"

title: "Méthodologie et Limites de l'Enquête"

quote: "Les documents produits par Mazars ne sont qu'un sous-ensemble des dossiers financiers que la commission avait cités à comparaître. Même cet ensemble très limité de documents fournit une preuve abondante que le président Trump a reçu des millions de dollars de la part de gouvernements étrangers."

details:

La méthodologie du rapport est basée sur l'analyse des documents fournis par le cabinet comptable Mazars et des informations publiques. Elle se concentre sur les paiements effectués à quatre propriétés de Trump : le Trump International Hotel à Washington, D.C., le Trump International Hotel à Las Vegas, la Trump World Tower et la Trump Tower à New York. Le rapport a adopté une approche conservatrice, n'incluant que les dépenses pouvant être confirmées, comme les dépôts d'avance, et excluant les paiements d'entreprises chinoises dont la structure de propriété étatique n'était pas totalement claire, ou les dépenses de la famille royale qatarie.

La production de documents par Mazars a été sévèrement limitée par la décision du président Comer de mettre fin à l'obligation de produire des documents. En raison de cela, la commission n'a reçu que des registres partiels. Par exemple, pour le Trump World Tower, seuls les relevés de 2018 ont été fournis. Le rapport a donc dû estimer les paiements totaux pour l'ensemble de la présidence en se basant sur ces chiffres annuels. De plus, Mazars n'a pas pu fournir de registres pour des propriétés clés comme le Trump Turnberry en Écosse ou la Trump Tower de Chicago.

Des lacunes importantes ont été identifiées dans les documents reçus. Mazars n'avait pas de documents concernant un prêt de 20 millions de dollars de Daewoo, une entreprise sud-coréenne, qui n'avait pas été déclaré. De même, le cabinet comptable n'a pas fourni les registres des clients pour la période de l'investiture de 2017 ni de documents relatifs au bail de l'ICBC à la Trump Tower. Ces omissions, combinées à l'arrêt de la production, signifient que les 7,8 millions de dollars identifiés ne représentent qu'une fraction de ce que Trump a réellement reçu, et que l'ampleur totale de la corruption potentielle reste inconnue du public.

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chapter: "3"

title: "La République Populaire de Chine : Le Plus Grand Contributeur"

quote: "En 2016, alors candidat, Trump a déclaré : 'J'adore la Chine ! La plus grande banque du monde est de Chine. Vous savez où se trouve son siège social américain ? Dans cet immeuble, dans la Trump Tower.'"

details:

La Chine est de loin le plus grand payeur étranger identifié dans le rapport, avec des paiements totalisant au moins 5,57 millions de dollars. Cette somme provient de trois sources principales : l'ambassade de Chine, la Industrial and Commercial Bank of China (ICBC) et la compagnie aérienne Hainan Airlines. L'ambassade a effectué un dépôt d'avance de 19 391 dollars pour un séjour en août 2017. L'ICBC, une banque d'État, a payé environ 5,35 millions de dollars de loyer pour ses bureaux à la Trump Tower entre février 2017 et octobre 2019. Enfin, Hainan Airlines a dépensé 195 662 dollars pour un séjour de 14 mois au Trump International Hotel à Las Vegas.

Le lien entre ces paiements et les décisions politiques de Trump est frappant. Alors que Hainan Airlines et ICBC versaient des millions à ses entreprises, Trump a refusé d'imposer des sanctions à l'ICBC, malgré les preuves que la banque avait facilité des transactions pour le compte de la Corée du Nord en violation des sanctions américaines. Cette décision a été prise contre l'avis de son propre secrétaire au Trésor et de son secrétaire d'État, et a directement bénéficié à son portefeuille personnel.

L'influence chinoise ne s'est pas limitée aux paiements directs. Le rapport détaille comment le gouvernement chinois a accéléré l'octroi de marques de commerce à Trump et à sa fille, Ivanka Trump, une fois qu'il est entré en fonction. Trump a obtenu des marques en Chine qu'il cherchait à obtenir depuis une décennie peu après un appel téléphonique avec Xi Jinping. Parallèlement, Ivanka Trump a reçu des marques de commerce le même jour que la visite de Xi Jinping à Mar-a-Lago, créant un conflit d'intérêts flagrant alors qu'elle servait comme conseillère à la Maison Blanche.

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chapter: "4"

title: "Arabie Saoudite : Un Client Royal et ses Conséquences Politiques"

quote: "Lors d'un rassemblement de campagne en 2015, Trump a déclaré : 'L'Arabie Saoudite, je m'entends très bien avec eux. Ils m'achètent des appartements. Ils dépensent 40, 50 millions de dollars. Suis-je censé ne pas les aimer ? Je les aime beaucoup !'"

details:

Le rapport estime que l'Arabie Saoudite a versé au moins 615 422 dollars d'émoluments à Trump. Une grande partie de cette somme provient de la propriété du 45e étage de la Trump World Tower à New York, dont les charges communes mensuelles s'élevaient à 11 189 dollars en 2018. De plus, une délégation du gouvernement saoudien a effectué un séjour d'une semaine en mars 2018 au Trump International Hotel à Washington, D.C., pour un montant de 78 342 dollars. Comme pour la Chine, ces chiffres sous-estiment probablement le total réel.

Pendant que ces paiements affluaient, Trump a pris une série de décisions de politique étrangère favorables à l'Arabie Saoudite. Il a fait du royaume la destination de son premier voyage à l'étranger, une décision sans précédent. Il a également soutenu le blocus du Qatar mené par l'Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis, malgré l'impact sur les opérations militaires américaines. Trump a également approuvé des ventes d'armes massives aux Saoudiens, d'une valeur de plus de 100 milliards de dollars, et a opposé son veto à une résolution bipartite visant à mettre fin au soutien américain à la guerre au Yémen.

La relation personnelle entre Trump et le dirigeant saoudien, le prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS), est un élément central du rapport. Le gendre de Trump, Jared Kushner, a cultivé une relation étroite avec MBS, communiquant via des messages cryptés. Après l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, Trump a publiquement émis des doutes sur les conclusions de sa propre CIA selon lesquelles MBS avait ordonné le meurtre. Ce schéma de paiements, de faveurs politiques et de loyauté personnelle démontre une violation flagrante de l'esprit et de la lettre de la Constitution.

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chapter: "5"

title: "Qatar, Émirats Arabes Unis et Koweït : Des Alliés du Golfe aux Intérêts Croisés"

quote: "Sur une période de sept mois en 2017 et 2018, alors que les Émirats Arabes Unis faisaient pression sur l'administration Trump pour soutenir un blocus du Qatar imposé par l'Arabie Saoudite et les EAU, les EAU ont dépensé des dizaines de milliers de dollars au Trump International Hotel."

details:

Le Qatar a effectué des paiements d'un montant estimé à 465 744 dollars, principalement via la Trump World Tower. Il est important de noter que le rapport exclut de ce total plus de 283 000 dollars de paiements liés à un séjour prolongé de la "Famille Sheikh Al Thani", la famille royale qatarie. Le Koweït a dépensé environ 303 372 dollars, en grande partie pour un appartement à la Trump World Tower, mais aussi pour des séjours à l'hôtel de Washington. Ces trois pays, bien qu'alliés des États-Unis, étaient également en conflit diplomatique entre eux, créant un contexte complexe pour l'influence étrangère.

Le cas des Émirats Arabes Unis (UAE) est particulièrement révélateur des conflits d'intérêts. Alors que les UAE faisaient activement pression sur l'administration Trump pour maintenir le blocus du Qatar, ils ont dépensé plus de 65 000 dollars à l'hôtel de Trump à Washington. Parallèlement, Trump possédait des intérêts commerciaux à Dubaï, et ses fils, Donald Jr. et Eric, ont assisté à l'ouverture d'un nouveau terrain de golf Trump aux UAE en février 2017. Cela a créé une situation où les intérêts commerciaux de la famille Trump étaient directement liés à une partie au conflit.

Le rapport met en lumière comment ces paiements, bien que souvent présentés comme des transactions commerciales courantes, étaient en réalité des émoluments inconstitutionnels. Les ambassades et les gouvernements étrangers ne sont pas des clients ordinaires ; ils cherchaient à obtenir les faveurs du président. Les dépenses du Koweït et du Qatar à la Trump World Tower, sous forme de loyers et de charges, sont un exemple classique de la manière dont des États étrangers peuvent fournir un avantage financier direct à un président américain, contournant ainsi l'interdiction constitutionnelle.

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chapter: "6"

title: "Autres Nations : Un Réseau Mondial de Paiements à la Porte du Pouvoir"

quote: "Les nations étrangères qui ont effectué des paiements à Trump couvraient le globe et comprenaient plusieurs des gouvernements les plus corrompus et autoritaires de la Terre."

details:

Le rapport identifie des paiements provenant de plus d'une douzaine d'autres pays, illustrant l'ampleur mondiale de la violation constitutionnelle. L'Inde a dépensé environ 282 764 dollars, la Malaisie 248 962 dollars et les Philippines 74 810 dollars. Même des pays plus petits ou moins connus ont participé, comme la République Démocratique du Congo avec 25 171 dollars, l'Albanie avec 6 002 dollars et le Kosovo avec 4 950 dollars. La plupart de ces paiements ont été effectués au Trump International Hotel de Washington, D.C.

Le cas de l'Afghanistan est particulièrement frappant. Le rapport identifie 154 750 dollars de dépenses, incluant un séjour à l'hôtel de Washington et un appartement à la Trump World Tower. Cela s'est produit alors que l'administration Trump était en pleine négociation d'un accord avec les talibans. Bien que le rapport ne prouve pas un lien de causalité direct, la simple existence de ces paiements crée une apparence de conflit d'intérêts et soulève des questions sur l'intégrité des négociations.

Ces paiements, bien que souvent de montants plus modestes, démontrent que la pratique de "payer pour avoir accès" n'était pas limitée aux grandes puissances. Des gouvernements de toutes tailles cherchaient à gagner les faveurs du président en dépensant dans ses hôtels. Le rapport note également que des dizaines d'autres pays, comme l'Azerbaïdjan, la Géorgie, la Namibie, la Roumanie et le Costa Rica, avaient des comptes ouverts dans des propriétés de Trump, mais que Mazars n'a pas fourni de détails sur le montant de leurs dépenses.