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chapter: "1"
title: "Contexte et engagement initial d'Albert Pike"
quote: "Je n'étais pas un aventurier ou un ancien commis du Bureau des Affaires Indiennes, ou un agent indien, ou un agent de réclamation ou un lobbyiste, mais un avocat de dix-sept ans de pratique, à la tête de la profession en Arkansas."
details:
Albert Pike, un avocat établi et prospère d'Arkansas, décrit son engagement initial en 1853 pour représenter la Nation Creek dans ses réclamations contre les États-Unis. Conscient des revendications similaires des Choctaws, il envoie un ami proposer ses services à cette nation. Il souligne sa position professionnelle élevée et son réseau d'influence à Washington, notamment avec de nombreux sénateurs, pour établir sa crédibilité et contraste son profil avec celui des « aventuriers » typiquement impliqués dans les affaires indiennes.
En janvier 1854, une délégation Choctaw à Washington l'engage comme son unique conseil. Un contrat écrit du 13 mars 1854 fixe ses honoraires à 25%. Pike engage alors John T. Cochrane pour l'assister, lui accordant un intérêt égal au sien (un quart) dans les honoraires, avec deux autres personnes, dont Luke Lea. Pike supervise la préparation des premiers arguments, approuve le mémoire initial préparé par Cochrane, et retourne en Arkansas une fois l'affaire confiée à l'enquête de l'agent Douglas H. Cooper.
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chapter: "2"
title: "La fraude de Cochrane et le contrat secret de 1855"
quote: "Le contrat fait par Cochrane fut soigneusement caché de moi pendant tout le temps que je conduisais et gérais vos réclamations, et je ne le vis jamais jusqu'à ce qu'une copie... me fut montrée par lui le 26 décembre 1871."
details:
En l'absence de Pike, qui était à La Nouvelle-Orléans pendant la session courte du Congrès de 1854-55, John T. Cochrane signe un nouveau contrat avec la délégation Choctaw le 13 février 1855. Ce contrat, rédigé au seul nom de Cochrane, déclare nul le contrat initial avec Pike, prétendant que ce dernier a « abandonné » l'affaire en quittant Washington sans avoir rendu de services. Cochrane justifie auprès de Pike cette augmentation des honoraires à 30% par la nécessité de rémunérer les délégués et d'engager d'autres personnes.
Pike découvre la supercherie seize ans plus tard, en décembre 1871, lorsque son fils lui rapporte une copie du contrat. Il réalise que Cochrane a délibérément menti pour l'évincer et s'approprier une plus grande part des honoraires. Pike affirme que son absence était convenue et justifiée par l'appel en cours auprès du Président, et que les délégués eux-mêmes avaient déclaré qu'il n'y avait « plus d'occasion de rester » à Washington après la décision du Secrétaire à l'Intérieur.
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chapter: "3"
title: "Les services cruciaux de Pike et l'obtention de l'« award »"
quote: "Je préparai sur-le-champ le 'Mémorandum de Particulars,' en quarante-deux pages, qui gagna l'affaire... et j'obtins une décision favorable à nous."
details:
Malgré les manœuvres de Cochrane, Pike continue de travailler activement sur le dossier Choctaw de 1856 à 1861. Son rôle décisif intervient lors de la session 1858-59. Alors que l'affaire semble perdue après l'échec d'une interprétation stricte du traité de 1830, Pike, à partir de données confuses fournies par un commis du Bureau des Affaires Indiennes, rédige un « Mémorandum de Particulars » de 42 pages. Il présente lui-même l'argumentation devant le Comité sénatorial des Affaires indiennes, convainc ses membres (dont les sénateurs Clarke et Doolittle) et obtient une décision favorable.
Le président du comité, le sénateur Sebastian, lui permet de rédiger le rapport, adopté sans changement le 15 février 1859. Ce rapport établit le droit des Choctaws aux produits nets de la vente de leurs terres. Pike négocie également pour que les terres non vendues soient valorisées à 12,5 cents l'acre au lieu d'être considérées comme sans valeur. Il attribue cet « award » (décision arbitrale) principalement à ses propres efforts, affirmant que ni la délégation ni Cochrane n'auraient pu l'obtenir.
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chapter: "4"
title: "Tentative d'exclusion financière et reconnaissance forcée"
quote: "Pour votre part je vous inclus deux certificats de dépôt de $5,000 chacun ($10,000)... Le montant que je vous remets est une part pleine et égale."
details:
En octobre 1856, lorsque des honoraires de $120,000 sont dus sur un premier paiement de $400,000 aux Choctaws, Cochrane tente d'exclure Pike. Dans une lettre du 2 octobre, il prétend que Pike n'a aucun droit sur cette somme, invoquant son absence lors des premières étapes. Cependant, sa formulation est hésitante et il invite Pike à soumettre ses arguments, ce que ce dernier interprète comme un aveu de mauvaise conscience.
Pike répond avec véhémence pour affirmer ses droits. Face à cette réaction, Cochrane capitule et lui envoie $10,000 le 13 novembre 1856, reconnaissant ainsi sa « part pleine et égale ». Pike note cependant qu'il a été lésé, sa part légitime en tant que partenaire à part entière étant de $20,000. Il décide de ne pas protester davantage sur le moment, prévoyant un règlement complet lors du paiement des honoraires principaux.
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chapter: "5"
title: "Luttes postérieures, appropriation de 1861 et impact de la Guerre Civile"
quote: "À la session de 1860-'61, j'étais de nouveau à Washington, pour m'occuper de votre réclamation ; et moi, seul, je vous procurai l'appropriation de $500,000."
details:
Pike continue de défendre les intérêts Choctaws après l'« award ». En 1860, il combat devant le comité sénatorial des déductions injustes proposées dans le compte, qui amputeraient la somme de plus de $600,000. Bien qu'il ne puisse empêcher l'inclusion de ces déductions dans le rapport, il réussit à bloquer son adoption. Lors de la session 1860-61, en pleine crise sécessionniste, il obtient du Sénat une appropriation de $1,25 million, réduite à $500,000 en conférence après qu'un message du chef principal Choctaw prenant parti pour le Sud ait compromis le vote à la Chambre.
La Guerre Civile interrompt le processus. Pike, ayant combattu pour la Confédération, pense un temps ne plus pouvoir représenter les Choctaws. Il apprend que la nation a payé $100,000 à d'autres conseils pour un nouveau traité, somme distincte des honoraires sur les produits nets. À la fin de la guerre, il reprend son travail bénévolement en 1868, s'associant avec le Général James W. Denver pour poursuivre les réclamations.
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chapter: "6"
title: "Dénonciation publique, revendications légales et appel final"
quote: "Un consentement obtenu par fraude et fausseté, n'est pas un consentement, et peut être révoqué à tout moment : et aucune longueur de temps ne sanctifie une vilenie."
details:
Après la découverte de la fraude en 1871, Pike adresse cette lettre publique au peuple Choctaw pour exposer les agissements de Cochrane et corriger le rapport trompeur de 1868 signé par le délégué Colonel Pitchlynn (qu'il croit avoir été trompé). Il affirme que son consentement au nouveau contrat a été obtenu par fraude et que son contrat original de 1854 est donc toujours valide. En tant que partenaire survivant de l'association avec Cochrane (décédé), il revendique le droit de percevoir et de distribuer la totalité des honoraires dus.
Pike exige que le Conseil Général Choctaw statue sur son statut d'avocat. Il propose un partage équitable : 15% des honoraires (sa moitié de la part des avocats) lui reviennent, 5% à la succession de Cochrane, et 5% à Luke Lea. Il proteste vigoureusement contre toute tentative de l'administrateur de Cochrane, J.D. McPherson, ou de nouveaux venus comme Cooper et Latrobe, de s'approprier sa part. Il conclut en faisant appel au sens de la justice des Choctaws et en réaffirmant son amitié et son dévouement à leur cause.
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