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Chapitre 1: Chapitre 1 (partie 1)

Dialogue entre Éric Naulleau et Alain Soral sur le Front national et les fractures françaises

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chapter: "1"

title: "Introduction et Cadre des Échanges"

quote: "Réunir deux esprits libres, cultivés et batailleurs comme Éric Naulleau et Alain Soral pour débattre du « pourquoi vote-t-on Front national ? » relevait de la gageure."

details:

Ce livre est un recueil de dialogues entre Éric Naulleau, éditeur et chroniqueur, et Alain Soral, essayiste et polémiste. L'éditeur, Franck Spengler, présente l'ouvrage comme un combat intellectuel sans concession entre deux visions du monde antagonistes. Naulleau part des livres de Soral pour tenter de cerner son profil complexe, tandis que Soral élargit la question du vote Front national à celle d'un choc de civilisations. Le ton est décrit comme viril mais correct, chaque protagoniste utilisant arguments et connaissances pour déstabiliser l'autre, dans le but d'éclairer le lecteur sur les fondements de leurs pensées respectives.

La structure du livre n'est pas chapitrée de manière traditionnelle mais organisée autour de thèmes successifs abordés lors de ces entretiens. Les échanges débutent par une discussion sur l'affaire DSK et Marcela Iacub, servant de point de départ pour analyser la décadence de la littérature et du débat intellectuel français. Cette introduction pose d'emblée le style polémique et le fossé idéologique qui sépare les deux interlocuteurs, annonçant des débats sur des sujets aussi variés que le mariage pour tous, l'homosexualité, le rôle du Front national, le révisionnisme et la place des communautés en France.

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chapter: "2"

title: "Décadence Culturelle et Affaire DSK"

quote: "Avec DSK, on est encore dans la tradition du grand seigneur méchant homme, avec le pouvoir comme abus de pouvoir, principalement sur les femmes et les humbles, mais sans ce raffinement aristocratique qui pouvait nous fasciner chez Sade !"

details:

L'échange s'ouvre sur l'affaire DSK, que Naulleau utilise comme prisme pour interroger Soral sur la sociologie de la drague. Soral répond en opposant la figure du dragueur (jeune, sans privilège) à celle de DSK, qu'il décrit comme un « pur porc bling-bling », un prédateur sexuel obèse et probablement dopé au Viagra, dont l'univers se limite à « la boîte à partouze et la pute ». Il voit en DSK et en son accusatrice, Marcela Iacub, deux « figures en miroir de la monstruosité postmoderne », produits de la société hyper-libérale, mais estime que Iacub, « la mutante froide », est « objectivement la plus inhumaine, déjà post-humaine ».

Naulleau tire de cette affaire quatre enseignements sur l'état de la France. Premièrement, la littérature française ne parvient plus à se mettre sous tension que dans les registres mineurs du fait divers et de l'intime, contrairement à la littérature étrangère qui aborde de grands enjeux historiques. Deuxièmement, le débat intellectuel s'est dégradé, remplacé par des querelles médiatiques entre figures comme Iacub et Christine Angot. Troisièmement, on assiste à une inflation délirante du discours critique pour des œuvres sans importance, comparable aux travers de l'art contemporain. Quatrièmement, l'affaire illustre l'éviction du social au profit du sociétal dans le débat public.

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chapter: "3"

title: "Le Mariage pour Tous et le Clivage Social/Sociétal"

quote: "Quand j’entends le mot égalité posé inconditionnellement, sans médiation et autre contextualisation historique, je sors ma guillotine !"

details:

Le débat sur le mariage pour tous cristallise un affrontement fondamental. Naulleau, bien que déplorant que le sociétal l'emporte sur le social pour la gauche, ne voit pas d'argument valable contre cette demande d'égalité. Soral, en revanche, y voit une « injonction de l’oligarchie mondialiste » et une « profanation » d'une institution historique et sacrée visant à fonder une famille. Il dénonce une logique libérale étendue à l'amour et à l'enfantement, via l'adoption et les mères porteuses, et perçoit dans les images de mariages homos un sentiment de parodie grotesque et de défi à l'ordre naturel.

Soral rejette le terme « homophobe » et assume une vision classique, partagée selon lui par Freud et les traditions religieuses, de l'homosexualité comme une sexualité déviante qui doit se pratiquer dans la discrétion. Il établit un lien entre homosexualité et pédophilie, arguant qu'une sexualité déviante a tendance à aggraver sa déviation avec l'âge et la normalisation. Il accuse Naulleau de confusionnisme en mélangeant avancées sociales (congés payés) et sociétales (abolition de la peine de mort), ces dernières étant souvent le masque politique de l'antisocial et profitant à une bourgeoisie parasite.

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chapter: "4"

title: "Analyse du Front National et Recherche d'une Alternative"

quote: "Je suis national-socialiste à la manière d’Hugo Chávez soit, compte tenu du contexte actuel de domination par le mondialisme militaro-bancaire, un authentique homme de gauche !"

details:

La discussion sur le FN est centrale. Soral explique son passage éclair au parti par la volonté de le faire évoluer sur les questions sociales (réussite selon lui) et de réconcilier Français de souche et musulmans (échec). Il défend Jean-Marie Le Pen, estimant que sa diabolisation vient du fait que « le FN est un parti que les Juifs n’aiment pas », car le CRIF n'en a pas le contrôle total. Il affirme que Marine Le Pen est plus proche de la ligne de Naulleau (moderne, attachée à la forme républicaine) tandis que Jean-Marie Le Pen est plus proche de la sienne.

Face à la crise, Soral se dit « bonapartiste » et appelle de ses vœux un « leader autoritaire et patriote, soucieux du peuple », un « Chávez français » à la de Gaulle. Son programme économique consisterait en un affranchissement de la dictature de la grande banque (UE, FMI), un retour à une économie mixte avec planification d'État pour les secteurs stratégiques et un protectionnisme raisonné à l'échelle continentale. Il voit dans le FN le seul parti encore indépendant du pouvoir bancaire, mais doute que Marine Le Pen ait l'envergure pour une telle politique, la craignant trop engluée dans le jeu politicien.

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chapter: "5"

title: "Révisionnisme, Antisémitisme et Théories du Complot"

quote: "Je suis révisionniste, il n’y a d’historiens que les révisionnistes, et les antirévisionnistes sont soit des agents de propagandes, soit des lâches, soit des imbéciles."

details:

Le débat sur le révisionnisme est l'un des plus tendus. Soral dénonce la loi Gayssot comme une loi anticonstitutionnelle du silence, et présente des figures comme Robert Faurisson, Ernst Zündel ou Vincent Reynouard comme des « prisonniers politiques de l’Occident contemporain ». Il argue que si une telle loi a été nécessaire, c'est que le système ne pouvait répondre aux questions gênantes posées par les révisionnistes. Naulleau lui demande de clarifier s'il soutient ce « travail de vérité » au nom de la liberté d'expression ou s'il met en doute l'existence des chambres à gaz ; Soral répond que la loi l'empêche de répondre librement.

Soral développe une vision d'une domination mondiale par une « communauté juive organisée internationale », articulant lutte des classes et domination communautaire. Il cite Marx, Werner Sombart et affirme que tous les grands penseurs de l'Histoire partageraient cette analyse. Il rejette le terme « antisémite » et se présente comme combattant une « vision juive du monde » tribale et dominatrice, au nom d'une vision helléno-chrétienne universaliste. Il étend cette grille de lecture aux attentats du 11 septembre (qu'il qualifie d'« inside job ») et à l'affaire Merah, vue comme un montage des services franco-israéliens pour diaboliser les musulmans.

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chapter: "6"

title: "Féminisation, Décadence et Critique des Élites"

quote: "De par sa structuration œdipienne, l’esprit féminin, qui n’a pas connu la rupture du meurtre du père et le saut catégorique qu’il impose, se meut donc à l’intérieur d’un seul ordre de représentations [...] : le psychologico-affectif."

details:

Soral expose sa théorie de la « féminisation » du monde, basée sur une interprétation de l'Œdipe freudien. Il estime que l'esprit féminin, n'ayant pas à « tuer le père » symboliquement, reste confiné au psychologico-affectif et est incapable d'une vision globale et conceptuelle. Il applique cette critique à Hannah Arendt, dont il juge l'œuvre sur le totalitarisme du « psychologisme de bonne femme » au service de l'idéologie dominante d'après-guerre.

Il oppose sa posture à celle de Naulleau, qu'il compare à Voltaire : un idéologue mondain, conformiste, adhérant à l'idéologie dominante tout en se donnant des airs d'honnête homme par l'ironie et l'érudition tape-à-l'œil. Soral se compare à Rousseau, penseur sauvage et authentiquement critique. Il accuse Naulleau de « collaboration subtile » avec le système, son rôle de commentateur télévisé consistant à donner une caution de gauche nuancée à l'ordre établi, notamment en validant le football-spectacle et en évitant soigneusement les sujets qui fâchent.

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