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en-têtes

La dénonciation du pacte franco-soviétique comme prélude à la guerre

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chapter: "1"

title: "Introduction et thèse centrale"

quote: "Si le pacte franco-soviétique doit être la préface de la guerre, il est temps de le dénoncer. C'est un devoir envers la France et envers l'humanité."

details:

L'auteur, Paul Ferdonnet, dédie son ouvrage aux Français mobilisables en 1937, dans un contexte de montée des tensions internationales. Il pose d'emblée la question fondamentale qui sous-tend son analyse : « Pourquoi te bas-tu ? ». Son objectif est de fournir une réponse à cette interrogation angoissante en examinant les causes profondes du risque de guerre. Il affirme que le pacte d'alliance entre la France et l'Union soviétique, conclu dans le cadre du Front Populaire, n'est pas un gage de paix mais au contraire le prélude inévitable à un conflit. Pour lui, cette alliance est une manœuvre stratégique de Moscou destinée à entraîner la France dans une croisade idéologique.

Ferdonnet établit un lien direct entre la politique intérieure française et la menace de guerre. Il décrit l'évolution « extraordinaire » du Parti communiste français (PCF), qui, d'un parti révolutionnaire hostile à la République, est devenu un partenaire loyal du gouvernement du Front Populaire, chantant *La Marseillaise* et soutenant l'alliance avec l'URSS. Il interprète ce revirement non comme une adhésion sincère aux institutions, mais comme l'exécution d'un ordre venu de Moscou, imposé par Staline à Maurice Thorez, le chef du PCF. Cette soumission fait du gouvernement français l'instrument d'une politique étrangère dictée par les intérêts soviétiques.

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chapter: "2"

title: "La nature belliciste du communisme selon ses détracteurs"

quote: "« Le communisme cherche à tirer d'une crise généralisée, d'une catastrophe quelconque, la conjoncture révolutionnaire. Or, la guerre se présente évidemment comme la crise et la catastrophe par excellence. »"

details:

Pour étayer sa thèse, Ferdonnet s'appuie sur une critique virulente du communisme formulée par une figure de premier plan : Léon Blum. Il cite longuement un extrait de l'ouvrage *Bolchevisme et Communisme* où le leader socialiste, alors allié politique des communistes, dénonce la nature intrinsèquement violente et opportuniste du bolchevisme. Blum y décrit une doctrine qui conçoit la prise du pouvoir uniquement par l'insurrection et la guerre civile, qui perpétue la terreur par la dictature, et qui organise le parti comme une armée secrète prête à saisir le pouvoir par la force.

L'argument central tiré de cette citation est que le communisme a *besoin* de la catastrophe pour réaliser sa révolution. La paix et la stabilité sont des obstacles à son projet. Par conséquent, la guerre mondiale, en tant que crise paroxystique, représente l'occasion idéale pour les Soviets de déclencher l'insurrection à l'échelle internationale. L'alliance franco-soviétique devient ainsi, dans cette logique, le mécanisme par lequel la France serait entraînée dans un conflit qui sert avant tout les desseins révolutionnaires de Moscou, et non la défense des intérêts nationaux français.

Ferdonnet reproche aux partisans français de l'alliance, comme Édouard Herriot, d'ignorer cet avertissement capital de Blum et de sous-estimer les dangers d'une alliance avec un régime dont la philosophie politique est fondamentalement hostile à la paix. Il écarte l'argument selon lequel il s'agirait simplement d'un choix entre différentes formes de gouvernement ; pour lui, la question est bien plus vitale : il s'agit de savoir si ce pacte est un « pacte avec la guerre ». Son enquête se présente donc comme une révélation des « plans criminels » des « malfaiteurs » qui menacent la paix.

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chapter: "3"

title: "La prise du pouvoir bolchevique : violence et terreur"

quote: "« Nous sommes virtuellement les maîtres ; notre popularité grandit d’heure en heure parmi les masses militaires et ouvrières. Nous disposons de cent mille fusils... »"

details:

Ferdonnet retrace la prise du pouvoir par les Bolcheviks en octobre 1917 (novembre selon le calendrier grégorien) pour dépeindre les Soviétiques comme des « usurpateurs » violents et cyniques. Il décrit comment Lénine et Staline, profitant de la faiblesse du gouvernement provisoire de Kerenski, ont préparé méthodiquement l'insurrection. Il cite une lettre de Staline à Lénine datée du 20 août (ancien style) qui illustre leur sentiment de force et leur mépris pour l'adversaire, qu'ils réduisent à des « bataillons de femmes ». Cette narration met l'accent sur la préparation militaire et la clandestinité plutôt que sur un soutien populaire légitime.

Le récit de la chute du Palais d'Hiver est présenté comme un coup de force brutal. Ferdonnet relate l'ultimatum lancé par Antonoff, la menace des canons du cuirassé *Aurore*, et l'entrée violente de matelots jetant des grenades dans l'assemblée. Il souligne la fuite de Kerenski et la rédaction immédiate par Lénine du décret sur la terre, présenté comme une manœuvre populiste pour s'assurer l'adhésion des masses. Cette séquence vise à montrer que le régime soviétique est né de la violence et de la tromperie, établissant un modèle de gouvernance par la force.

Immédiatement après la prise du pouvoir, Ferdonnet décrit l'instauration systématique de la terreur. Il cite Staline justifiant dans la *Pravda* : « Ne vaut-il pas mieux tuer nos ennemis, que d'être tué par eux ? ». Cette logique a conduit à la création de la Tcheka, la police politique, dont les « cent mille policiers firent un million de victimes ». L'exécution de la famille impériale à Ekaterinbourg est longuement détaillée, avec la reproduction de télégrammes attribués à Staline ordonnant le massacre et sa dissimulation. Pour l'auteur, cette terreur est une caractéristique essentielle et délibérée du régime, nécessaire pour « faire courber les échines » et « semer l'épouvante ».

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chapter: "4"

title: "La mainmise de Staline et la trahison des idéaux"

quote: "« Je suis maintenant fixé sur la grossièreté asiatique et sauvage de Staline, en même temps que sur son défaut de culture marxiste. Cet homme est dangereux pour nous tous... »"

details:

Ferdonnet consacre une large partie de son analyse à la figure de Staline, qu'il présente comme un dictateur assoiffé de pouvoir et dépourvu de tout scrupule. Il retrace sa biographie de « révolutionnaire professionnel », marquée par des arrestations, déportations et évasions répétées, pour dresser le portrait d'un homme endurci et vindicatif. La conquête du pouvoir absolu par Staline après la mort de Lénine est décrite comme une manœuvre sournoise et sanglante.

L'auteur explique comment Staline a consolidé son autorité en créant de toutes pièces les postes de Secrétaire général du parti et de Commissaire du Peuple au contrôle de l'État, puis en utilisant ces fonctions pour placer ses hommes à tous les postes clés. La Tcheka est devenue l'instrument de son épuration, éliminant d'abord les partisans de Trotski, puis les vétérans de la « vieille Garde bolchevique » et les généraux de l'Armée Rouge. Les élections du Xe Congrès des Soviets sont décrites comme une mascarade, les électeurs ne faisant qu'approuver une liste unique.

Le couronnement de ce système est la création du Politburo, un organe extra-constitutionnel de neuf membres qui concentre tous les pouvoirs, y compris le contrôle de la IIIe Internationale. Ferdonnet note que les membres du premier Politburo, composé de vieux bolcheviks, ont tous été éliminés par Staline. Pour prouver la nature tyrannique de Staline, il cite in extenso un extraet supposé du « testament » de Lénine, où le fondateur du régime dénonce la « grossièreté asiatique et sauvage » de son successeur, son ambition démesurée et le danger qu'il représente. Cette citation sert de preuve ultime que le régime soviétique est aux mains d'un dictateur sanguinaire.

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chapter: "5"

title: "La politique étrangère soviétique : alliance avec l'Allemagne et hostilité à la France"

quote: "« le Comité central exécutif de la République russe des Soviets a décidé de proposer aux nouveaux gouvernements des puissances centrales une alliance offensive contre l'Entente. »"

details:

Ferdonnet accuse les Bolcheviks d'avoir été, dès leur origine, des alliés de l'Allemagne impériale. Il affirme que la révolution d'Octobre a été facilitée par une alliance négociée en février 1917 entre Lénine et les services secrets allemands (le *Geheim Dienst* via l'intermédiaire Parvus). L'Allemagne aurait fourni aux Bolcheviks des « trains de rapatriement » pour Lénine et des « trains d'or » pour financer leur action, un investissement rentable puisqu'il a conduit au traité de Brest-Litovsk, très favorable à l'Allemagne.

Il poursuit en affirmant qu'après l'armistice de 1918, les Soviets ont proposé une alliance offensive aux puissances centrales (Allemagne et Autriche-Hongrie) contre l'Entente (la France et ses alliés). Cette information, qu'il dit tirée de journaux allemands comme le *Berliner Tageblatt*, vise à démontrer l'hostilité foncière et ancienne du régime soviétique envers la France. Il attribue spécifiquement cette orientation anti-française à Staline, qui l'aurait imposée contre l'avis de Trotski.

Cette analyse historique conduit Ferdonnet à une conclusion majeure : l'alliance franco-soviétique de 1935 est une aberration et une trahison. Elle unit la France à un régime qui a historiquement cherché sa perte et qui reste dirigé par le même Staline. Dans cette perspective, le pacte n'est pas une garantie contre l'Allemagne hitlérienne, mais une manœuvre de Moscou pour dresser la France contre l'Allemagne et l'Italie, empêcher tout rapprochement franco-italien, et créer les conditions d'une guerre européenne qui servirait les intérêts révolutionnaires soviétiques.

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chapter: "6"

title: "Conclusion : l'appel à la dénonciation du pacte"

quote: "« les Français n'ont aucun besoin de faire la guerre aujourd'hui... Nous n'avons pas besoin de jeter une jeunesse, hélas ! trop peu nombreuse, sous le feu des mitrailleuses et des obus »"