Hamed Ghashghavi on story of an independent name in the Middle East

L'Iran en tant que nation indépendante face à l'hégémonie occidentale

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title: "Introduction et contexte personnel : La bataille des récits"

quote: "Ce sont deux récits différents et il est très important que nous restions en contact les uns avec les autres et que nous puissions avoir ce genre d'échanges culturels, de communication intellectuelle entre nous afin de comprendre ces sociétés."

details:

L'intervenant, Mohammed Pashkavi, se présente comme un ancien collaborateur du théoricien des médias Nair Talabz et comme une personne sanctionnée par le Département du Trésor américain pour son travail médiatique invitant des voix critiques de la politique étrangère des États-Unis. Cette introduction personnelle sert à établir sa crédibilité et à situer son discours dans un contexte de résistance à un ordre narratif dominant. Il souligne d'emblée le fossé entre le récit des médias mainstream occidentaux (comme CNN, Fox News) concernant les conflits actuels au Moyen-Orient et la réalité rapportée par les médias alternatifs et les réseaux sociaux. Cette dichotomie narrative est présentée comme le cœur du problème : la compréhension des sociétés complexes comme l'Iran est obscurcie par un filtre médiatique contrôlé. Ainsi, la nécessité de créer des circuits de communication intellectuelle et culturelle parallèles est posée comme un impératif pour contrer une désinformation systémique qui sert des intérêts géopolitiques.

Pashkavi amorce son argument central en évoquant la théorie du « Heartland » de Mackinder, qui souligne l'importance géostratégique cruciale de certaines régions du globe. Il applique implicitement cette théorie à l'Iran, suggérant que sa position géographique et ses ressources en ont fait, depuis des siècles, une cible pour les puissances impériales. Cette perspective historique à long terme est fondamentale pour comprendre sa thèse : les pressions actuelles sur l'Iran ne sont pas un phénomène nouveau ou isolé, mais la continuation d'une longue lutte pour le contrôle d'une zone pivot. La nation iranienne, avec ses grandes ressources humaines et naturelles, est perçue comme un prix géopolitique, et son désir d'indépendance constitue donc une menace pour les puissances qui aspirent à l'hégémonie régionale.

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title: "L'hypocrisie des accusations occidentales et le contexte historique des agressions"

quote: "Un pays qui a en réalité assassiné des millions de personnes en Amérique latine, les Amérindiens, les peuples aborigènes au Canada, en Australie... donne des leçons sur les droits de l'homme. Je ne comprends vraiment pas."

details:

L'orateur répond avec véhémence aux accusations portées contre l'Iran à l'ONU, les qualifiant de profondément hypocrites. Il oppose le discours moralisateur des États-Unis et de leurs alliés à leur propre bilan historique, qu'il décrit comme étant marqué par le génocide des populations indigènes, l'esclavage et des interventions meurtrières à travers le monde. Cette mise en perspective historique a pour but de délégitimer la position morale de l'accusateur. L'exemple le plus frappant et actuel de cette hypocrisie, selon lui, est le soutien inconditionnel des États-Unis à Israël malgré les milliers de civils tués à Gaza depuis le 7 octobre. Ce contraste entre les paroles et les actions sert à dépeindre les normes internationales promues par l'Occident comme étant des instruments de pouvoir sélectifs et non des principes universels.

Pashkavi approfondit l'analyse historique en situant le conflit actuel dans la continuité de la réorganisation du pouvoir après la Seconde Guerre mondiale. Il affirme que le transfert de l'hégémonie du Royaume-Uni aux États-Unis a été facilité par l'entité sioniste, présentée comme une nation « fabriquée ». Il rejette l'argument historique sioniste sur la terre promise, soulignant que Juifs, Chrétiens et Musulmans ont coexisté pacifiquement dans la région pendant des siècles. Le problème fondamental, selon lui, n'est pas religieux mais géopolitique : Israël, en tant qu'avant-poste occidental, perçoit toute nation forte et indépendante de la région comme une menace. L'Iran n'est donc que la première illustration de cette lutte ; des pays comme la Turquie, l'Égypte ou le Pakistan pourraient être les prochains sur la liste si ils cherchent à échapper à l'hégémonie occidentale.

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title: "Les épreuves de l'indépendance : Guerre, sanctions et souveraineté scientifique"

quote: "Pourquoi Israël et les Américains ont-ils essayé d'assassiner des scientifiques nucléaires iraniens ? Parce qu'ils ont essayé de faire de la science nucléaire une science aborigène en Iran."

details:

Cette section détaille les épreuves subies par l'Iran pour avoir choisi la voie de l'indépendance après la Révolution de 1979. La première et la plus brutale fut la guerre de huit ans imposée par l'Irak de Saddam Hussein, soutenu selon Pashkavi par l'ensemble des puissances occidentales (États-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne). Le fait que l'Iran ait résisté seul et n'ait perdu aucun territoire est présenté comme une preuve de sa résilience nationale. Après la guerre, la pression a pris la forme de sanctions économiques et militaires, puis s'est focalisée sur le programme nucléaire civil iranien. L'orateur donne une interprétation culturelle profonde des assassinats de scientifiques : il ne s'agirait pas seulement d'entraver un programme, mais d'empêcher l'appropriation « aborigène » ou autochtone d'une science par la nation iranienne. Cette connaissance, une fois intégrée et maîtrisée localement, devient une propriété nationale inaliénable que la violence ne peut effacer.

Pashkavi aborde ensuite directement l'accusation de recherche de l'arme nucléaire. Il la réfute catégoriquement en invoquant la *fatwa* (décret religieux) du Guide suprême interdisant la fabrication et l'utilisation d'armes nucléaires. Il avance que si l'Iran avait voulu la bombe, il l'aurait déjà obtenue il y a des années. Le vrai problème, selon lui, est le caractère exclusif et hypocrite du « club » des puissances nucléaires. Ces pays, qui possèdent l'arme atomique, utilisent le Traité de non-prolifération pour empêcher les autres d'accéder même à la technologie nucléaire civile, créant ainsi une injustice structurelle. Il prédit que même si l'Iran abandonnait son programme nucléaire pacifique, de nouveaux prétextes (comme les droits LGBT ou des femmes) seraient immédiatement invoqués pour maintenir la pression, car l'objectif réel n'est pas technique mais politique : briser la souveraineté et la résistance de l'Iran.

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title: "L'échec des négociations et la nécessité de la force autonome"

quote: "Même si l'Iran a des problèmes économiques, nous devons les résoudre par nous-mêmes, avec notre potentiel interne."

details:

L'orateur utilise l'exemple de l'accord nucléaire (JCPOA) pour illustrer la mauvaise foi perçue des puissances occidentales dans les négociations. Il affirme que l'Iran a pleinement respecté ses engagements, tandis que les États-Unis et l'Europe ont échoué à lever les sanctions de manière significative, conduisant même à une détérioration économique accrue en Iran après la signature de l'accord. Cette expérience est présentée comme une leçon : les négociations avec les « grandes puissances » ne sont pour elles qu'un autre outil pour atteindre des objectifs qu'elles n'ont pu obtenir par la guerre ou les sanctions. Il cite les théoriciens Emmanuel Todd et Michel Onfray pour évoquer le « déclin de la civilisation occidentale », suggérant que l'intransigeance de l'Occident est le signe d'une crise civilisationnelle plus profonde.

Face à cet échec des voies diplomatiques classiques, Pashkavi en tire la conclusion que la seule option viable pour l'Iran est de compter sur sa propre force et son autonomie. Il reprend les propos du Guide suprême, l'ayatollah Khamenei, décrit comme « l'architecte de la nouvelle personnalité scientifique, militaire et géographique iranienne », dont la vision ne sera pleinement comprise que dans les décennies à venir. Cette affirmation souligne l'importance d'une stratégie à long terme, indépendante des cycles politiques occidentaux. La résolution des problèmes, y compris économiques, doit venir des capacités internes et de la résilience nationale, et non de concessions faites en échange de la levée d'une pression extérieure considérée comme intrinsèquement malveillante.

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timestamp: "00:13"

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title: "La préparation stratégique et la patience face à la provocation"

quote: "L'Iran était très patient... Nous savions que cette guerre arrivait et nous nous sommes préparés."

details:

Pashkavi révèle que les services de renseignement iraniens prévoyaient depuis longtemps une confrontation majeure, citant un mémorandum américain datant de l'ère Bush qui planifiait l'attaque de sept pays en cinq ans, dont l'Iran en dernier. La stratégie iranienne a donc été, pendant près de vingt ans, de gagner du temps pour développer ses capacités de dissuasion, notamment dans les domaines nucléaire et des missiles balistiques. Cette période de « patience stratégique » (*sabr-e esteratezhik*) a permis à l'Iran de se renforcer alors que l'hégémonie américaine commençait à montrer des signes d'affaiblissement. Il décrit également la présence iranienne en Syrie comme une lutte contre le terrorisme (Daech), tout en reconnaissant qu'Israël a multiplié les provocations en attaquant des cibles iraniennes sur place.

Le point culminant de cette stratégie est la récente guerre de 12 jours (allusion probable à l'opération « Vraie Promesse » en avril 2024, une frappe de représailles massive contre Israël). Pashkavi souligne que malgré les difficultés économiques et sociales internes en Iran, la nation s'est unie face à l'agression extérieure. Le calcul israélien, qui espérait exploiter les mécontentements internes pour provoquer des manifestations contre le régime après l'assassinat de commandants militaires, s'est avéré erroné. La réponse immédiate et déterminée de l'Iran a, selon lui, forcé ses adversaires à demander un cessez-le-feu dès le cinquième jour, demande que l'Iran a rejetée pour poursuivre sa réponse jusqu'au douzième jour. Cet épisode est présenté comme un changement de paradigme : l'Iran ne se contente plus de subir, il répond avec une force calculée et impose ses propres règles de l'engagement.

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title: "Conclusion : Un appel à la résistance et la fin d'un monde unipolaire"