Iran : Le début de la fin de l'empire US ? - avec Thierry Meyssan - #CDA 17

L'impasse stratégique américaine au Moyen-Orient et la résilience iranienne

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title: "Introduction : Un ordre mondial contesté et l'absence de victoire américaine"

quote: "On ira ensemble vers ordre mondial parce que c'est notre projet et personne, je dis bien personne ne pourra s'y opposer."

details:

L'émission débute par une introduction de Raphaël, qui présente son invité Thierry Meyssan, consultant politique et président du Réseau Voltaire. Le ton est donné d'emblée : il s'agit de discuter de la situation géopolitique mondiale, et plus particulièrement de l'Iran, dans un contexte de guerre non déclarée mais bien réelle entre l'Occident et l'Orient. L'invité est présenté comme une source d'analyse alternative, capable de décrypter les événements au-delà du récit médiatique dominant.

Le premier sujet abordé est l'absence de victoire claire des États-Unis et d'Israël dans leur conflit avec l'Iran. Raphaël introduit un premier "zapping" vidéo qui pose le cadre : la Russie, bien qu'en difficulté, fournit une aide cruciale à l'Iran dans trois domaines spécifiques. Il s'agit de l'amélioration des drones Shahed, du camouflage de la signature thermique des missiles balistiques iraniens au décollage, et de l'aide au ciblage pour des frappes plus précises. Cette assistance technique russe est présentée comme un facteur clé ayant permis à l'Iran de maintenir une capacité de frappe significative malgré les bombardements.

Le second extrait vidéo, issu d'un ancien haut responsable du Mossad, révèle que la stratégie américaine de changement de régime en Iran a échoué. Le plan, qui impliquait une invasion par les Kurdes et une insurrection populaire, n'a pas fonctionné car la population iranienne s'est ralliée à ses dirigeants face à l'agression extérieure. Cette analyse est renforcée par un article du Figaro, cité par Raphaël, qui révèle que l'Iran a causé des dégâts bien plus importants que ce qui a été officiellement reconnu, avec des réparations estimées à 5 milliards de dollars, un chiffre que Thierry Meyssan juge très en deçà de la réalité, qu'il estime plutôt à 25 milliards.

Thierry Meyssan prend la parole pour développer son analyse centrale : les États-Unis et l'Iran sont aujourd'hui à égalité stratégique. Il explique que le super radar américain au Qatar, qui permettait de surveiller toute la région, a été détruit par une frappe iranienne dès le deuxième jour de la guerre. Aveuglés au sol, les États-Unis ne peuvent plus compter que sur leurs satellites, tandis que l'Iran possède son propre satellite d'observation militaire lancé par la Chine. Cette parité technologique et informationnelle explique, selon lui, l'impasse actuelle et l'incapacité américaine à remporter une victoire décisive.

Enfin, Raphaël présente des infographies du journal Le Monde montrant l'épuisement critique des stocks de munitions américains, avec des diminutions allant de 27% à 81% selon les types de missiles. Cette situation force les États-Unis à dégarnir d'autres théâtres d'opérations, comme l'Ukraine ou l'Asie, pour alimenter le front iranien. Thierry Meyssan conclut que Donald Trump est dans une impasse et devra innover pour s'en sortir, mais il ne peut pas prédire sa prochaine décision, si ce n'est qu'il est moralement obligé de trouver une solution pour ses soutiens.

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title: "La vie intérieure en Iran : entre résilience et manipulation étrangère"

quote: "Pour mettre le voile de côté et pour arriver à ce que nous voulons, nous avons payé le prix fort. C'est un grand acquis que nous avons pu conquérir et nous allons défendre cette conquête avec nos griffes et nos dents et nous ne lâcherons pas."

details:

Un reportage de France 24 montre une vie quasi normale à Téhéran, avec des cafés bondés, des femmes sortant sans voile et des débats politiques ouverts dans les centres culturels. L'image d'un pays brisé par la guerre est contrastée par celle d'une société qui semble avoir repris le cours de sa vie, avec une jeunesse branchée et des classes moyennes qui réinvestissent l'espace public. La propriétaire d'un café témoigne de l'impact des trois guerres récentes, mais aussi de la reprise d'activité après le cessez-le-feu.

Thierry Meyssan apporte un éclairage radicalement différent sur les événements récents en Iran. Il affirme que les manifestations de janvier n'étaient pas une révolte populaire contre le régime, mais la conséquence d'une manipulation orchestrée par les États-Unis. Il explique que la faillite de la banque Ande, qui a ruiné des milliers de commerçants, a été organisée par le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent, comme il l'a lui-même déclaré au Forum de Davos. Les manifestations qui ont suivi étaient donc économiques, et non politiques.

Il va plus loin en dénonçant l'utilisation de snipers kurdes, formés en Irak par des membres de l'OTAN, dont la France, pour tirer à la fois sur la police et sur les manifestants. Cette stratégie, qu'il appelle la "doctrine du combat de chien", visait à provoquer une guerre civile et à faire porter la responsabilité des massacres au gouvernement iranien. Il avance un nombre de morts très élevé, entre 2000 et 6000, voire plus, et affirme que deux soldats français ont été tués en Irak car ils se trouvaient dans le camp où ces snipers étaient formés.

Concernant la question du voile, Thierry Meyssan relativise l'idée d'une libération soudaine. Il rappelle que le port de la barbe pour les hommes était aussi une obligation, et que c'est l'ancien président Mahmoud Ahmadinejad qui avait commencé à assouplir ces règles. Il présente l'abandon progressif du foulard comme une évolution sociétale de long terme, et non comme une conséquence directe de la guerre. Il insiste sur le fait que les débats publics ont toujours existé en Iran, un pays où la discussion est une tradition.

Enfin, il confirme que le Mossad israélien a encouragé les manifestants sur le terrain, comme le montre un article du journal Sud-Ouest et un compte X des services secrets israéliens. Il conclut que la France, contrairement à ses déclarations de neutralité, est partie prenante dans la création du chaos en Iran, en formant des groupes militaires pour une invasion qui n'a finalement pas eu lieu, car la population s'est ralliée à ses dirigeants face à l'agression.

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timestamp: "00:27"

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title: "La guerre climatique : un changement de paradigme environnemental en Iran"

quote: "On sait que les Américains utilisent ces armes climatiques contre certains pays et ça a été le cas également contre l'Iran."

details:

Un sujet rarement abordé est mis en lumière : le changement climatique radical en Iran depuis le début de la guerre. Un correspondant français sur place, Siavosh Ghazi, témoigne d'un passage soudain d'une sécheresse de plusieurs décennies à des pluies incessantes, de la neige sur les montagnes et des barrages qui se remplissent à nouveau. Il explique que les barrages autour de Téhéran, qui étaient à moins de 10% de leur capacité, sont désormais à 25-30%, et que certains barrages dans le pays débordent même.

L'explication avancée par le correspondant et reprise par Thierry Meyssan est celle de l'utilisation d'armes climatiques par les États-Unis. Selon cette théorie, les radars américains et le système HAARP (High-frequency Active Auroral Research Program) autour de l'Iran auraient été utilisés pour empêcher l'arrivée des nuages et provoquer la sécheresse. La destruction de ces radars par les frappes iraniennes aurait alors libéré le climat, permettant le retour des précipitations. Cette explication, bien que non confirmée scientifiquement, est prise au sérieux par les intervenants.

Thierry Meyssan contextualise cette pratique en rappelant que les États-Unis utilisent la guerre climatique depuis la guerre du Vietnam, où ils ont provoqué des orages sur la piste Hô Chi Minh. Il mentionne un traité international signé avec l'Union soviétique qui interdit cette pratique contre la Russie, mais pas contre les autres pays. Il donne des exemples concrets en Syrie, où l'aviation américaine aurait dispersé du glyphosate pour stériliser les sols, provoquant une famine qui a permis à Daech de recruter.

Il évoque également la destruction des palmeraies autour de Bagdad par les États-Unis, rendant la ville invivable, et l'épandage de glyphosate dans le sud du Liban et sur le plateau du Golan. Pour lui, la guerre climatique est une méthode de lutte contre les populations en détruisant leur environnement et leurs moyens de subsistance. Il considère le retour des pluies en Iran comme une bonne nouvelle, mais refuse d'attribuer ce changement uniquement à la destruction des radars, suggérant l'existence d'autres armes encore inconnues.

Cette section soulève des questions fondamentales sur l'éthique de la guerre et l'utilisation de l'environnement comme arme. Elle offre une perspective radicale sur les causes de la sécheresse en Iran, un problème qui a été largement médiatisé mais rarement relié à des actions militaires. L'analyse de Thierry Meyssan, bien que spéculative, s'inscrit dans une critique plus large de l'impérialisme américain et de ses méthodes de déstabilisation.

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timestamp: "00:33"

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title: "Les nouvelles routes terrestres du pétrole : une bouffée d'oxygène pour l'Iran"

quote: "Leur objectif, leur unique objectif, c'est pas de changer le régime, il s'en moque complètement. Ce qu'ils veulent, c'est empêcher la Chine de se fournir en pétrole iranien."

details:

Face au blocus naval américain dans le détroit d'Ormuz, l'Iran et ses alliés développent de nouvelles routes terrestres pour le transport du pétrole. Un reportage montre que le Pakistan a officiellement autorisé le transit de marchandises via son territoire, créant six corridors reliant ses grands ports (Karachi, Port Qasim, Gwadar) à la frontière iranienne. Cet accord est présenté comme une bouffée d'oxygène pour Téhéran, qui sécurise ainsi ses échanges commerciaux.

Le Pakistan, qui ne possède pas de base américaine sur son sol et dont 15% de la population est chiite, est un allié naturel pour l'Iran. En devenant un passage incontournable du commerce régional, Islamabad accroît son poids diplomatique et économique. Cette nouvelle route permet à la Chine de continuer à recevoir du pétrole iranien, contournant ainsi le blocus américain.

Parallèlement, l'Irak, dont l'économie dépend à 90% du pétrole, a dû trouver une route terrestre de secours. Des convois de camions chargent du pétrole dans les champs de Kirkouk et de Bassora, traversent la Syrie via le poste-frontière d'Al-Tanf, et rejoignent le terminal pétrolier syrien de Baniyas sur la Méditerranée. Les images montrent des embouteillages monstres et des conditions de vie difficiles pour les chauffeurs, mais cette route est vitale pour l'économie irakienne.

Thierry Meyssan apporte une analyse stratégique cruciale : l'objectif réel des États-Unis n'est ni de changer le régime iranien, ni de sécuriser le détroit d'Ormuz, mais d'empêcher la Chine de se fournir en pétrole iranien, qui représente 40% de ses importations énergétiques. Il compare cette stratégie à celle employée au Venezuela, qui ne fournissait que 2% du pétrole chinois. L'échec de ce blocus est patent, car la Chine continue de recevoir du pétrole via le Pakistan.

Il précise que les quantités transportées par ces routes terrestres sont encore infimes par rapport au volume maritime, mais qu'elles représentent une brèche significative dans le blocus. Il mentionne également que l'Iran et le Pakistan luttent ensemble contre des groupes indépendantistes du Baloutchistan, qu'il qualifie de mercenaires de la CIA. Cette coopération sécuritaire renforce leur alliance économique et rend le contournement du blocus plus durable.

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title: "L'influence sioniste sur les médias et la fragilisation du camp MAGA"

quote: "Il existe en Israël un ministère des questions stratégiques [...] qui verse beaucoup beaucoup d'argent à des influenceurs partout dans le monde et même en France, particulièrement."