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Ilich Ramirez Sanchez CARLOS ) y L'islam | D'un ROCHER (partie 1)

Ilich Ramirez Sanchez "Carlos" : L'Islam révolutionnaire

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chapter: "1"

title: "Parcours personnel et genèse d'un révolutionnaire"

quote: "Je suis né dans un milieu social aisé... imprégnée de mystique révolutionnaire... L'on ne choisit pas d'être ou de ne pas être révolutionnaire, c'est la Révolution qui vous choisit!"

details:

Ilich Ramirez Sanchez, dit Carlos, retrace son enfance au Venezuela au sein d'une famille petite-bourgeoise mais profondément marquée par la mystique révolutionnaire. Son père, docteur en droit et intellectuel, lui transmet un héritage politique puissant, incarné par des figures comme Lénine, Staline, Mao ou Fidel Castro. Carlos affirme que le choix des armes ne fut pas le sien, mais imposé par la violence de l'ennemi. Il se considère comme un révolutionnaire professionnel dans la tradition léniniste, ayant consacré sa vie à la cause dès l'âge de quatorze ans. Son départ de l'Université Patrice-Lumumba à Moscou en 1970 marque un tournant décisif, refusant les sirènes du KGB pour rejoindre les rangs du Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP) en Jordanie.

Sa conversion à l'Islam en octobre 1975, dans un camp d'entraînement au Yémen, est présentée comme le fruit de la fraternité d'armes avec les combattants arabes. Carlos insiste sur le caractère progressif et lucide de sa foi, loin d'une simple substitution au marxisme. Il critique la rigidité dogmatique des apparatchiks soviétiques qui ont trahi l'idéal révolutionnaire, tout en maintenant que le matérialisme dialectique demeure un outil d'analyse pertinent. La foi islamique, selon lui, renforce ses convictions révolutionnaires en leur donnant une dimension transcendante. Il affirme être resté un communiste intransigeant, tout en trouvant dans l'Islam une réponse à sa quête spirituelle et une boussole morale pour le combat.

Sa condition de prisonnier politique en France, après son "exfiltration" du Soudan en 1994, est dépeinte comme un symbole de l'arbitraire d'État. Il décrit un isolement carcéral sévère, des restrictions d'apprentissage du français, et des tentatives de provocation à l'évasion qu'il rejette. Il revendique une filiation familiale d'emprisonnement pour idéaux politiques, se considérant comme un "lion enchaîné". Malgré la détention, il se dit libre d'esprit, porté par sa foi et son idéal. Il évoque son amour pour ses épouses successives, notamment Isabelle Coutant, et son optimisme quant à une libération future, quitte à ce qu'elle serve à le faire taire définitivement.

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chapter: "2"

title: "Le 11 septembre et le nouvel ordre mondial américain"

quote: "Le 11 septembre 2001 comme l'Intifada en Palestine... sont, entre autres, les conséquences des impasses de la politique américaine!"

details:

Carlos analyse le 11 septembre comme un électrochoc qui a révélé la vulnérabilité des États-Unis et l'effet boomerang de leur politique impérialiste. Il perçoit l'attaque non comme un acte de haine gratuite, mais comme une réponse à l'injustice faite au monde islamique (Palestine, Irak, Afghanistan). Il souligne l'ambiguïté de l'événement, utilisé par Washington pour lancer des guerres préméditées contre l'Afghanistan et l'Irak. Il compare cette instrumentalisation à des précédents historiques comme l'explosion du Maine ou l'attaque de Pearl Harbor. Selon lui, l'objectif réel des États-Unis est de faire sauter les "verrous de souveraineté" des nations refusant de se soumettre aux lois du marché, notamment les États islamiques appliquant la Charia.

Il fustige la guerre contre l'Irak (2003) comme une guerre de conquête et de prédation, dénonçant le silence complice des Nations unies et de pays comme la France et l'Allemagne. Il accuse les Anglo-Américains de mensonges éhontés (armes de destruction massive, lien avec Al-Qaïda) pour justifier leur agression. Pour lui, cette guerre est une étape dans une "Troisième Guerre mondiale" déclarée par l'Amérique contre le genre humain, visant à imposer un "monothéisme du marché". Il critique également le conditionnement psychologique des masses par les médias et la propagande de guerre, qui transforme toute résistance en terrorisme.

Il étend sa critique à la domination totale du capitalisme américain, qui transforme l'homme en marchandise et détruit les liens communautaires. Il dénonce les contradictions internes de la société américaine (pauvreté, violence, racisme) derrière son vernis de prospérité. Il voit dans la lutte contre le "terrorisme" une modernisation de la politique de la canonnière, visant à forcer l'ouverture de nouveaux marchés. Il alerte sur le fait que les États-Unis, en suscitant délibérément un "choc des civilisations", préparent la voie à un conflit planétaire dont ils ne sortiront pas nécessairement vainqueurs, mais dont l'humanité paiera le prix.

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chapter: "3"

title: "L'Islam : soumission et révolution spirituelle"

quote: "L'Islam est... la Révolution des révolutions... L'Islam est et doit être une Révolution permanente."

details:

Carlos présente l'Islam comme une religion de la "voie médiane", fondée sur cinq piliers auxquels s'ajoute le Jihad, défini avant tout comme un effort intérieur de perfectionnement spirituel avant d'être une lutte contre l'ennemi extérieur. Il insiste sur le prosélytisme comme devoir religieux, mais rejette toute conversion forcée. Il voit dans l'expansion pacifique de l'Islam en Europe, notamment en France, une conséquence du vide spirituel laissé par la déchristianisation et l'échec du socialisme. Il affirme que l'Islam représente une chance pour l'Europe, offrant un modèle de vie exemplaire et structuré face à la décadence morale de la société de consommation.

Il défend la nécessité de l'Ijtihad (effort d'interprétation) pour adapter la loi coranique aux réalités changeantes, tout en maintenant l'immuabilité du texte sacré. Il critique les lectures sélectives et fanatiques du Coran, rappelant qu'il est un livre d'amour et de miséricorde avant tout. Pour lui, la foi est un exercice constant, une ascèse qui doit être revivifiée chaque jour. Il appelle à rouvrir les portes de l'Ijtihad pour que le débat exégétique devienne public et collectif. Il affirme que l'Islam est par essence politique, car il organise la communauté des croyants selon la volonté divine, sans séparation du spirituel et du temporel.

Il compare l'Islam à une révolution originelle qui a bouleversé la géopolitique mondiale en deux siècles. Il prédit que l'Islam, par sa force spirituelle et son poids démographique, deviendra la force transnationale capable de s'opposer à l'asservissement des nations par le capitalisme. Il voit dans le refus de l'avilissement de l'homme et dans la quête de justice les moteurs de l'adhésion à la foi islamique, y compris chez les Occidentaux. Il appelle à une révolution permanente de la pensée et de l'action, seule capable d'arracher l'humanité à la matrice de l'égoïsme et de l'hégémonie, et de restaurer l'homme dans sa dignité.

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chapter: "4"

title: "La Charia : loi vivante et mobile"

quote: "La Charia n'est pas un texte mort, figé. Sa vocation est d'être vivante, dynamique, d'épouser tous les contours de l'existence sociale... elle doit rester perfectible."

details:

Carlos distingue la Charia comme une voie juridique et jurisprudentielle inspirée du Coran, de la Sunna et des hadiths. Il en souligne la flexibilité et l'adaptabilité au contexte social, tout en maintenant l'intangibilité de ses principes. Il explique que l'application de la loi islamique, notamment des peines afflictives, est exceptionnelle et dépend du principe d'intentionnalité (Maksad). Il donne l'exemple du Pakistan et de l'Afghanistan où la Charia a tempéré des codes tribaux plus rigoureux. Il critique les banques islamiques qu'il juge souvent hypocrites, car elles participent au système capitaliste mondial via des placements dans des banques conventionnelles.

Il défend les droits des femmes dans l'Islam, s'opposant à l'image occidentale caricaturale. Il affirme que le port du voile (hijab) est souvent un choix personnel de pudeur et de foi, et non une contrainte. Il compare la liberté de la femme musulmane à celle des femmes occidentales, qu'il juge réduites à des objets de consommation sexuelle. Il cite l'exemple des jeunes femmes iraniennes qui, malgré le voile, étudient et travaillent. Il insiste sur l'égalité en droits et devoirs entre hommes et femmes dans une société idéale islamique, et sur la nécessité pour la femme de s'accomplir dans la famille comme dans la société.

Il aborde la question du mariage et du divorce selon la Charia, qu'il juge plus réaliste que le mariage catholique indissoluble. Il mentionne que la Grèce, membre de l'Union européenne, applique partiellement la Charia pour sa minorité musulmane. Il en appelle à une reconnaissance de la loi islamique dans les pays européens, dans un esprit de justice et de liberté de conscience. Pour lui, la Charia ne doit pas être perçue comme un code pénal médiéval, mais comme un corpus juridique évolutif capable de réguler la vie sociale, d'assurer la stabilité familiale et de limiter les désordres des mœurs. Il affirme que l'Islam n'est pas totalitaire, mais une religion de responsabilité individuelle face au bien et au mal.

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chapter: "5"

title: "Islam politique et islamisme : une distinction fallacieuse"

quote: "La distinction Islam/islamisme... un terme susceptible de frapper l'imagination des opinions... afin de jeter la suspicion... au sein de l'Oumma."

details:

Carlos analyse la distinction médiatique entre "Islam" et "islamisme" comme un outil de propagande visant à diviser la communauté musulmane et à diaboliser toute résistance. Il affirme que l'Islam, par son essence, est politique et révolutionnaire. Il distingue les "islamistes" comme les précurseurs du Jihad, ceux qui montrent la voie aux autres croyants. Il critique les oulémas soumis au pouvoir (les "harkis de la doctrine") qui trahissent la foi pour des intérêts temporels. Il rejette l'idée d'un "choc des civilisations" comme une construction idéologique destinée à justifier l'agression impérialiste contre l'Islam.

Il dénonce l'instrumentalisation de l'islamisme par les médias occidentaux comme épouvantail servant à galvaniser les opinions et à légitimer la guerre contre les ennemis désignés de "l'Axe du Mal". Il montre que la véritable cible n'est pas une version "extrémiste" de l'Islam, mais l'Islam lui-même, en tant qu'obstacle au libre jeu des forces du marché et à la domination capitaliste. Il souligne l'incompatibilité fondamentale entre l'éthique islamique (refus de l'usure, solidarité) et les principes du capitalisme mondial. Il appelle les croyants à résister à la sous-culture consumériste et à la marchandisation de l'homme.

Il rend hommage à la résistance des moudjahidin et au charisme d'Oussama Ben Laden, qu'il perçoit comme un symbole vivant du Jihad. Il réfute l'image médiatique d'un "dandy d'Allah" et voit en lui un combattant oummamiste, internationaliste, qui a défié l'hégémonie américaine. Il affirme que la résistance anti-américaine ne disparaîtra pas avec la mort de Ben Laden, car elle est née des injustices de la politique américaine. Il émet le vœu que les différentes composantes du mouvement jihadiste, y compris des organisations non religieuses, puissent développer des relations stratégiques pour contrer l'impérialisme.

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chapter: "6"

title: "Le choix des armes : terrorisme d'État contre résistance légitime"

quote: "La lutte armée est non seulement licite mais elle devient une obligation religieuse... Le terrorisme est parfaitement licite dès lors qu'il s'agit de terroriser l'ennemi."

details:

Carlos justifie la lutte armée comme une obligation morale et religieuse face à un ennemi surpuissant qui ne connaît ni frein ni loi. Il retourne l'accusation de terrorisme contre les États-Unis et leurs alliés, dénonçant leurs crimes de guerre : bombardements massifs, utilisation d'armes à sous-munitions et à uranium appauvri, enterrement vivant de soldats irakiens. Il donne l'exemple des colonnes civiles fuyant le Koweït anéanties par les bombes à vide. Il dénonce le silence des médias et des organisations de droits de l'homme face à ces exactions, révélant un "deux poids, deux mesures" flagrant. Pour lui, le véritable terrorisme est celui de l'État qui massacre avec des moyens industriels tout en se parant de la vertu.

Il critique la notion de "guerre zéro mort" comme un symbole de l'arrogance et de l'invulnérabilité américaine, où la vie des ennemis (Arabes, musulmans) est comptée pour rien. Il établit une comparaison entre le nombre infime de pertes alliées et les centaines de milliers de morts irakiens. Il rappelle l'usage des armes de destruction massive par les États-Unis, d'Hiroshima à Nagasaki, et les bombes au gaz utilisées par les Britanniques contre les Kurdes dans les années 1920. Il soutient que la justice internationale n'existe que pour punir les vaincus, tandis que les crimes des grandes puissances restent impunis.

Il fustige l'hypocrisie des médias et des intellectuels qui stigmatisent la violence des "terroristes" tout en cautionnant celle des démocraties occidentales. Il prend l'exemple de la guerre psychologique et de la propagande de guerre qui conditionnent les opinions à accepter les massacres. Il affirme que le "terrorisme" des pauvres est une arme asymétrique inévitable face à la domination. Il conclut en affirmant que la vie des Arabes et des musulmans n'a pas la même valeur que celle des Américains aux yeux des puissants. Il appelle les consciences à se réveiller et à voir la contradiction entre les principes proclamés (liberté, démocratie) et la réalité de l'oppression et de l'injustice.