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🇩🇿 Algeria - Foreign Minister Addresses United Nations General Debate, 81st Session | #UNGA

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Restaurer la confiance dans le multilatéralisme : réformes, justice internationale et développement dans le discours de l’Algérie aux Nations Unies

Ouverture du débat général et diagnostic d’un ordre international en crise

Aujourd’hui, nous nous réunissons à la croisée des chemins.
  • Le discours s’ouvre sur les félicitations de l’Algérie adressées à la République populaire du Bangladesh pour l’élection de l’un de ses fils éminents, M. Khalil Rahman, à la présidence de l’Assemblée générale. L’orateur exprime également sa profonde gratitude au secrétaire général António Guterres, dont c’est la dernière session de l’Assemblée durant son mandat. Il rend hommage à son action pendant ses deux mandats, soulignant qu’il a défendu fermement l’Organisation face aux tentatives visant à en saper les fondations, qu’il a travaillé sans relâche pour renforcer son rôle quand des efforts cherchaient à le diminuer, et qu’il s’est consacré à maintenir la voix de l’action multilatérale lorsque des tentatives voulaient la réduire au silence.
  • L’intervention dresse ensuite un constat international particulièrement sombre. Dans de nombreuses régions du monde, les tensions s’aggravent, les conflits s’étendent et les crises s’approfondissent. Parallèlement, la confiance entre les nations décline, l’isolement et la polarisation s’intensifient, tandis que l’égoïsme et l’exclusion l’emportent au détriment de la coopération. Les mesures coercitives unilatérales sont de plus en plus imposées et la logique de puissance se réaffirme, éclipsant les vertus du dialogue et ignorant les bénéfices du consensus et de la compréhension mutuelle.
  • Le danger le plus profond identifié par l’orateur ne réside pas uniquement dans le déclenchement des guerres, mais dans la normalisation et l’acceptation de la guerre elle-même. Il s’inquiète de voir l’exception se transformer en règle et le droit international devenir applicable à certains moments et suspendu à d’autres, selon les seuls rapports de force. Cette sélectivité soulève des questions fondamentales : quel ordre international peut fonctionner lorsque les principes sont choisis en fonction de l’identité de ceux qui les violent, et quelle confiance peut subsister lorsque l’agresseur se voit accorder le droit de légitime défense alors que la victime doit justifier jusqu’à son droit de survivre.
  • Cette crise n’est pas, selon l’Algérie, une simple difficulté temporaire du système international, mais une remise en cause profonde de la conscience collective et de la capacité à préserver l’ordre construit après deux guerres mondiales. L’orateur déplore que les leçons d’une histoire pourtant proche n’aient pas été tirées ni transformées en protections durables. Le système international a été bâti avec pour but central de rejeter la guerre et de sauvegarder une paix durable, mais sans être doté des moyens et des instruments nécessaires pour réaliser une ambition d’une telle ampleur.

Réformer l’ONU et corriger les déséquilibres institutionnels pour restaurer la confiance

Réformer le système des Nations Unies n’est plus un luxe institutionnel, ni un choix qui peut être reporté indéfiniment.
  • Le thème choisi pour cette session, « restaurer la confiance et gérer la transformation », reflète les défis de l’époque et pose une question essentielle : comment restaurer la confiance dans un système international dont les règles et les institutions ont perdu leur crédibilité. Pour l’Algérie, le point de départ doit se situer là où la volonté de la communauté internationale doit s’incarner, c’est-à-dire au sein même des Nations Unies et de l’Assemblée générale.
  • La réforme du système onusien n’est plus un luxe institutionnel ni un choix pouvant être reporté indéfiniment. Elle est devenue une nécessité imposée par les transformations profondes que le monde a connues, par l’exigence d’un ordre international plus juste, plus représentatif et plus équitable. L’orateur affirme qu’on ne peut pas demander aux peuples de faire confiance au multilatéralisme si ses institutions continuent de refléter les équilibres d’une époque révolue.
  • L’Algérie appelle à renforcer le rôle et l’autorité de l’Assemblée générale, ainsi qu’à mener une réforme profonde du Conseil de sécurité. Cette réforme doit le rendre plus représentatif, plus équitable et plus efficace, et surtout mettre fin à la sélectivité et au deux poids, deux mesures dans l’application du droit international.
  • À cet égard, l’Algérie réaffirme son soutien indéfectible à la position africaine commune. Elle souligne que la correction de l’injustice historique subie par l’Afrique exige une représentation africaine juste, permanente et dotée de pleins pouvoirs au sein du Conseil de sécurité. Cette revendication est présentée comme une condition de crédibilité et de légitimité de la gouvernance mondiale.
  • La restauration de la confiance ne peut toutefois être complète sans rendre justice aux peuples aspirant à l’autodétermination et à la réalisation de leurs projets nationaux. Dans ce contexte, l’orateur évoque la situation du Golfe et du Moyen-Orient, marquée par une escalade dangereuse qui pèse lourdement sur les États et les peuples de la région, pris en otages par des calculs et des intérêts qui ne sont pas les leurs. L’Algérie condamne les violations de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États et appelle à la désescalade et au respect du droit international.

Palestine, Afrique et crédibilité du droit international face aux crises

En Palestine, la tragédie humanitaire continue.
  • L’Algérie condamne les attaques israéliennes continues contre des pays de la région, en particulier la Syrie et le Liban, ainsi que les efforts visant à diviser la Somalie sœur. Ces actions sont dénoncées comme des menaces directes à la souveraineté et à la stabilité régionale, dans une zone déjà marquée par de multiples foyers de tension et par l’érosion des frontières entre ce qui est acceptable et ce qui doit demeurer inacceptable dans les relations internationales.
  • En Palestine, la tragédie humanitaire se poursuit. L’occupation israélienne continue de tuer des civils palestiniens, dont un grand nombre de femmes et d’enfants, dans une scène qui ne devrait jamais devenir une partie normalisée de la réalité quotidienne mondiale. L’orateur insiste sur le fait que cette situation ne saurait être banalisée ni acceptée comme une fatalité.
  • L’Algérie rappelle que la communauté internationale a accueilli favorablement le cessez-le-feu à Gaza entré en vigueur près de onze mois plus tôt, avec l’espoir qu’il marquerait le début d’un processus mettant fin aux souffrances des civils et ouvrant la voie à une solution politique durable. Cet espoir a toutefois été rapidement anéanti en raison de la poursuite de la politique de colonisation de la puissance occupante et de son mépris habituel pour les accords conclus et les engagements pris.
  • Depuis la tribune, l’Algérie renouvelle son soutien total et inconditionnel aux droits légitimes et inaliénables du peuple palestinien, au premier rang desquels figure son droit naturel à établir un État indépendant et pleinement souverain avec Al-Qods comme capitale. La cause palestinienne constitue un test quotidien de la crédibilité du système juridique international, tout comme l’Afrique représente un autre test : celui de la construction de partenariats fondés sur la solidarité, le développement et la paix, plutôt que sur la simple gestion des crises et la prise en charge de leurs conséquences sans s’attaquer aux causes profondes.
  • L’orateur rappelle l’attachement ferme de l’Algérie à son identité africaine et à une culture de paix et de dialogue. Il affirme que l’Algérie continuera de soutenir les causes justes des peuples du continent et de contribuer à tous les efforts ouvrant des voies vers la stabilité, le développement et l’intégration africaine.

Sahara occidental, autodétermination et approche intégrée pour le Sahel

Le passage d’un demi-siècle ne peut transformer une réalité imposée en fait juridique.
  • L’Algérie réaffirme son soutien fondamental au droit du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination. Elle insiste sur le fait que les questions de décolonisation ne peuvent jamais être résolues par l’imposition d’un fait accompli ou par la logique de la force. La décolonisation ne s’achève que lorsque les peuples concernés peuvent exercer pleinement, sans déformation et sans restriction, les droits que leur garantit le droit international.
  • L’Algérie salue l’organisation de négociations directes entre les deux parties au conflit, à savoir le Royaume du Maroc et le Front Polisario, qui se sont tenues au début de l’année sous les auspices des Nations Unies et avec l’assistance des États-Unis d’Amérique. Elle présente ensuite ce qu’elle considère sincèrement comme nécessaire pour parvenir à une solution juste et durable.
  • Premièrement, le succès du processus de négociation exige que les deux parties s’engagent de bonne foi et avec une volonté réelle de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, loin de la logique des diktats et des marchandages. Deuxièmement, tout processus de négociation sérieux ne peut être mené correctement que dans le cadre des références pertinentes des Nations Unies et dans le plein respect de la doctrine de longue date de l’Organisation en matière de décolonisation.
  • L’Algérie met en garde contre toute tentative de contourner ce cadre de référence ou de marginaliser les détenteurs des droits légitimes, à savoir le peuple du Sahara occidental et son seul représentant légitime, le Front Polisario. Une telle tentative ne contribuerait pas à résoudre le conflit, mais le compliquerait davantage et exacerberait les tensions dans une région qui a besoin de stabilité, de réassurance, de coopération et de développement.
  • L’Algérie rappelle qu’elle accueille des réfugiés sahraouis sur son territoire depuis plus d’un demi-siècle parce que leur terre est occupée. Cette occupation ne peut être réduite à une simple question de réfugiés offrant le choix entre retour volontaire, réinstallation ou intégration locale. Il s’agit fondamentalement d’achever le processus de décolonisation au Sahara occidental par un processus politique global permettant au peuple sahraoui d’exercer son droit inhérent à l’autodétermination. Le passage du temps ne peut transformer une réalité imposée en fait juridique ni diminuer un droit dont les titulaires n’ont besoin de personne pour l’expliquer.
  • Concernant le Sahel, l’Algérie considère cet espace comme un ensemble unique où se croisent les défis de sécurité, de développement et de stabilité. Elle rejette une approche purement sécuritaire du terrorisme et rappelle que pauvreté et marginalisation ne peuvent être traitées en dehors d’un environnement sécuritaire stable. Sécurité et développement ne sont pas des voies parallèles, mais les deux faces d’une même pièce.

Sahel, Libye, Yémen, Soudan et le lien indissociable entre paix, sécurité et développement

La paix ne peut être construite sans développement et le développement ne peut prospérer sans sécurité et stabilité.
  • En sa qualité de voisin et de pays frère, l’Algérie se déclare prête à soutenir les pays du Sahel dans la confrontation aux défis sécuritaires et de développement. Elle affirme qu’elle soutiendra les solutions politiques qui préservent la stabilité de la région et ouvrent à ses peuples des horizons plus larges de progrès et de développement, tout en respectant la souveraineté des États, leur intégrité territoriale et les choix de leurs peuples.
  • S’agissant de la Libye sœur, entrée dans la seizième année de sa crise, l’Algérie souligne qu’une crise prolongée ne peut être résolue par l’approfondissement des divisions, mais par le dialogue, la réconciliation et l’unification des institutions. Elle renouvelle son soutien à une solution politique pacifique, globale et conduite par les Libyens eux-mêmes, ainsi que sa confiance dans la capacité des Nations Unies à accompagner le peuple libyen vers un règlement préservant l’unité du pays et de ses institutions.
  • L’Algérie insiste sur le fait que seuls les Libyens peuvent construire le consensus nécessaire à la sauvegarde de leur nation et décider de leur destin et de leur avenir. Elle considère que la fin de toute ingérence étrangère, sous ses formes politique, militaire ou sécuritaire, est un élément essentiel pour créer les conditions permettant de mettre fin à la division et de bâtir un État libyen unique, unifié et stable, capable de déterminer son propre avenir par la volonté de son peuple.
  • En cohérence avec ces principes, l’Algérie exprime son soutien constant aux autorités légitimes du Yémen et du Soudan frères, engagées dans la réponse aux aspirations de leurs peuples à la sécurité, à la stabilité, à l’unité et à la fraternité. Cette position s’appuie sur une vérité fondamentale rappelée par l’orateur : la paix ne peut être bâtie sans développement, et le développement ne peut prospérer sans sécurité et stabilité.
  • Sous la direction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, l’Algérie a choisi d’être un acteur actif des changements mondiaux et non un simple récepteur. Elle a intégré le développement durable dans ses programmes nationaux et l’a inscrit dans sa Constitution depuis 2020, selon une vision fondée sur la justice sociale, la durabilité économique et environnementale, et le principe clair que personne ne doit être laissé de côté, ni aucun Algérien ou Algérienne marginalisé dans le parcours de développement national. Lors de la présentation de son rapport national volontaire en juillet 2026, l’Algérie a exposé les progrès accomplis dans la mise en œuvre des dix-sept objectifs de développement durable, en soulignant que ces progrès doivent se traduire par des améliorations tangibles dans tous les aspects de la vie quotidienne.

Intégration africaine, intelligence artificielle et conditions d’une confiance restaurée

La confiance est rétablie lorsque les paroles correspondent aux actes.
  • L’Algérie considère que le développement durable ne peut être complet s’il n’inclut pas l’environnement régional et s’il ne contribue pas à bâtir un espace africain plus intégré, mieux armé face aux défis présents et futurs. Le destin des peuples du continent est interconnecté et leurs défis sont partagés, ce qui fait de la solidarité et de l’intégration africaine des piliers indispensables du développement durable.
  • Face à l’accélération de la révolution technologique, l’orateur refuse que l’Afrique demeure en marge ou se contente d’être une simple consommatrice de ses produits. Il appelle à investir dans l’être humain africain, à construire des capacités scientifiques et numériques, afin que l’intelligence artificielle devienne un outil de développement et non une nouvelle étiquette pour un écart de développement supplémentaire entre le Nord et le Sud.
  • L’Algérie appelle à une régulation internationale équilibrée et responsable de l’intelligence artificielle, garantissant un accès équitable à ses bénéfices, préservant la souveraineté des États et transformant cette révolution en une chance partagée plutôt qu’en un privilège exclusif ou un monopole entre les mains de quelques-uns.
  • En revenant à la question initiale de la restauration de la confiance, l’orateur affirme que la confiance est rétablie lorsque les paroles correspondent aux actes, lorsque la loi est appliquée de manière égale à tous, et lorsque les peuples peuvent voir les Nations Unies comme une maison commune plutôt que comme une organisation otage de la politique de puissance. Il appelle à ne pas laisser aux enfants un monde accablé par les crises actuelles, mais à leur transmettre un monde meilleur que celui hérité.
  • Le discours se termine par un appel à avancer ensemble, non parce que la voie est facile, mais parce que l’alternative à la coopération est d’affronter isolément et sans force les tempêtes de l’époque. Il exhorte à faire de la restauration de la confiance un processus et non un slogan, à faire du multilatéralisme une réalité et non un simple principe, et à faire des Nations Unies un espace où la diplomatie retrouve sa place, où la confiance dans les institutions est restaurée et où le respect du droit international devient un engagement partagé, applicable à tous les peuples et aux générations futures.

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